SEP prise en charge

Principes

  • Fractionnement : Respecter l’alternance effort/repos. La règle est souvent « autant de temps de repos que de travail » avant et entre les exercices.
  • Thermosensibilité (Phénomène d’Uhthoff) : La chaleur majore les symptômes et la fatigue (ralentissement de la conduction nerveuse). Il faut éviter la pratique en conditions chaudes et privilégier la cryothérapie (douche ou bain frais) avant l’effort.
  • Fatigabilité : Distinguer la fatigue perçue de la fatigabilité musculaire objective. Il faut freiner le patient pour éviter une fatigue trop intense avant d’atteindre son seuil de rupture.

La rééducation est adaptée selon le score EDSS.

Patient avec atteinte fruste (EDSS 0 – 4.5)

Objectifs : entretien, prévention, aérobie

  • Réentraînement à l’effort : Travail en aérobie (vélo, tapis, elliptique) pour augmenter le seuil de fatigabilité. Recommandation HAS : 2x/semaine.
  • Renforcement Musculaire 
    • Global ou analytique, isocinétique.
    • Contre la spasticité : Travail excentrique des antagonistes (ex: releveurs).
    • Muscles clés : Grand fessier, Moyen fessier, Ischio-jambiers (pour freiner le recurvatum), Abdominaux/Spinaux.
  • Équilibre et Coordination : Séquences de redressement, plan instable (Freeman), unipodal, double tâche.
  • Étirements : Polyarticulaires et auto-étirements quotidiens.

Patient avec atteinte intermédiaire (EDSS 4.5 – 7)

Objectif : Maintien de l’autonomie, sécurité à la marche, transferts.

  • Marche :
    • Correction des boiteries : travail du transfert d’appui, contrôle du recurvatum (feedback visuel/auditif), passage d’obstacles pour la triple flexion .
    • Aides techniques : Canne, releveur de pied, orthèses, stimulation électrique fonctionnelle (SEF).
  • Transferts : Apprentissage du relevé du sol (décomposer le mouvement, passer par le chevalier servant) pour gérer les chutes.
  • Équilibre : Assis et debout, réactions parachutes.

Patient avec atteinte sévère (EDSS > 7)

Objectif : Confort, prévention des complications, autonomie au fauteuil.

  • Verticalisation : Lutte contre l’ostéoporose et la spasticité, entretien orthopédique (cheville à 90°). Utilisation de standing ou fauteuil verticalisateur
  • Respiratoire : Renforcement des muscles expirateurs (souvent déficitaires), entretien de l’ampliation thoracique, spirométrie incitative
  • Orthopédique/Cutané : Mobilisations passives, postures, prévention des escarres (installation, coussins)
  • Fauteuil Roulant : Apprentissage du maniement et des transferts (push-up, planche de transfert) 

Rééducation Spécifique par Syndrome

  • Spasticité : étirements lents et prolongés, postures d’inhibition
  • Ataxie Cérébelleuse :
    • Utiliser des charges (lests aux chevilles/poignets) pour réduire l’hypermétrie
    • Traiter dans le calme (concentration), contrôle visuel, décomposition du mouvement .
  • Ataxie Proprioceptive :
    • Utilisation du biofeedback visuel (miroir), travail sur différentes textures (Perfetti), compression articulaire 
    • Compensation par la vue et l’audition
  • Vestibulaire :
    • Travail de la poursuite oculaire, stabilisation du regard tête mobile, stimulation optocinétique .

Réentrainement à l’effort

Introduction

Principes de la rééducation en neuro :

  • Spécifique
  • Répétitive
  • Intensive

Effets du RAE

La neuroplasticité

Capacité du SNC à subir des modifications structurelles et fonctionnelles suite à de nouvelles expériences

Exemple du mécanisme post AVC

  • Etape 1 :mort cellulaire
  • Etape 2 : plasticité cérébrale dès les premiers jours et après plusieurs mois.
  • La plasticité est la plus importante dans les 3 premiers mois
  • La plasticité est toujours présente dans les maladies chroniques à condition d’être intensif
  • L’entraînement moteur entraîne de nouvelles connexions (mais ne répare pas les cellules mortes)

La neuroprotection

Effets métaboliques

  • Augmentation de la production de facteurs neurotrophiques BDNF/GDNF
  • Diminution des facteurs oxydatifs
  • Augmentation de la neurotransmission et de la libération de dopamine
  • Modulation du glutamate

Effets cellulaires

  • Amélioration de la qualité de la colonne dendritique
  • Favorise la neurogénèse

Effet sur la circulation sanguine

  • Augmentation du flux sanguin et angiogénèse

Effet immuno-modulateur

  • Augmentation de la production de cytokines IL-6 anti-inflammatoires

La remyélinisation

La fatigue

Elle est la problématique commune aux pathologies neurologiques. Elle peut engendrer un cercle vicieux handicap -> déplacements diminués -> déconditionnement

Elle peut être :

  • Neuro-musculaire (conduction nerveuse, commande)
  • Psychologique
  • Cognitive
  • Physique
  • Emotionnelle
  • Liée au déconditionnement (cardio-respiratoire)
  • Liée aux traitements médicamenteux (Baclofène, anti-spastique)
  • Métabolique (anémie)
  • Trouble du sommeil
  • Alimentaire (anorexie)

Myéline centrale et activité physique

Le développement de la myélinisation au cours de la vie ressemble à une courbe en U inversée avec la teneur en myéline cérébrale la plus élevée entre 30 et 60 ans. On distingue :

  • La mylinisation adaptative liée à l’apprentissage d’une nouvelle tâche
  • La remyélinisation suite à l’entraînement. Chez les patients AVC avec AP intensive, le taux de myéline est comparable à des individus sains. Dans le cas de la SEP, l’entraînement aérobie à des effets physiologiques sur la myéline.

Myéline périphérique et activité physique

  • Peu d’étude chez l’homme
  • AP entraînerait des effets de remyélinisation et des sécrétions de facteurs trophiques sur les axones lésés

Objectif du RAE en neurologie

  • Prévenir le déconditionnement
  • Augmenter la force musculaire
  • Améliorer les performances musculaires
  • Améliorer les performances cardio-pulmonaire
  • Améliorer les performances fonctionnelles
  • Stimuler la plasticité
  • Prévenir l’apparition de nouveaux symptômes via la neuroprotection et limiter les récidives
  • Limiter la fatigue
  • Augmenter l’estime de soi et le sentiment d’auto-efficacité
  • Augmenter la qualité de vie

Le réentrainement à l’effort

Définition

  • RAE : ensemble de technique et stratégie permettant à l’individu d’augmenter ses performances fonctionnelles par une sollicitation métabolique
  • Activité physique : tout mouvement corporel produit par les muscles squelettique qui requiert
  • RAE est un entraînement cardio-respi et musculaire

Niveau d’exercice

MET : Metabolic Equivalent of the task (unité d’équivalent métabolique)

Quelle filières énergétiques pour le RAE ?

Favoriser la voie aérobie qui est la voie oxydative

  • Endurance fondamentale, aisance respiratoire, moyenne intensité (50-60% VMA), sensation de pouvoir accélérer
  • Capacité aérobie (SV1) : 60-80% VMA. Aisance respiratoire mais avec une ventilation plus rythmée, aisance musculaire
  • Seuil anaérobie (SV2) : résistance
  • VMA : vitesse maximale aérobie

Filière aérobie alactique

Phosphocréatine -> ATP

Objectifs :

  • Augmentation du taux de intra-musculaire

2 processus pour la recruter :

  • Entraînement continu
  • Entraînement par intervalle : fractionné, effort court et rapide avec séquence de récupération

Les types d’exercice

  • Fibre de type I : endurance musculaire (50-60% RM)
  • Fibre de type II : travail en force musculaire (80%RM). Travail avec résistance jusqu’à échec musculaire, peu de répétition
  • HIIT : high intensity interval training : exos ccourts et intensif de 20 à 90s, fibres type II, séance de 15-30mn

Evaluation de la mise en place du RAE en neuro

Force musculaire

Calcul de la RM

  • Formule Brzycki : nombre de répétition + poids avec 1mn30 de pause
  • Cette formule permet de donner une estimation de la charge maximale développée (1RM).
  • EXEMPLE N°1 (rouge): Atelier développé / couché, réalisation d’une série de 12 répétitions à 50kg, cela correspond à une charge maximale estimée de 72,5kg.
  • EXEMPLE N°2 (vert): Atelier triceps, réalisation d’une série de 8 répétitions à 40 kg, cela correspond à une charge maximale estimée de 50kg.
  • ATTENTION : pour être fiable, la charge choisie ne doit pas permettre la réalisation de plus de 15 répétitions, la toute dernière répétition doit être difficile à réaliser voir impossible. La qualité d’exécution est primordiale la série doit être continue.
  • Test effort sous maximal : contrairement au test d’effort maximal qui s’arrête lorsque le sujet atteint un épuisement qui le force à stopper son effort, un test d’effort sous-maximal est un test où l’effort s’arrête avant l’épuisement du sujet selon un critère déterminé en amont. Ses principales vertus sont la diminution des risques liés aux tests maximaux, la diminution de la fatigue engendrée, et la diminution de certains facteurs limitant comme les douleurs, la fatigue ou le manque de motivation.
  • Dynamométrie : Mesure et enregistrement graphique de la force musculaire. La dynamométrie, utilisée en médecine sportive ou pour évaluer les déficits entraînés par certaines maladies neurologiques ou musculaires, se pratique à l’aide d’un dynamomètre, sorte de ressort gradué muni d’une poignée. L’amplitude de la flexion de ce ressort sous l’influence d’un effort est mesurée. Cette méthode permet aussi d’évaluer, pendant une rééducation fonctionnelle, les progrès effectués par un malade.
  • Test physique de l’effort submaximal : augmenter la charge progressivement jusqu’à ce que le patient puisse réaliser 10 répétitions

Evaluation cardio vasculaire

  • Constante cardio-vasculaire : FC, Sat, TA, FR
  • TDM6
  • VO2max
  • Test d’effort au cyclo-ergomètre
  • Sit to stand 30s à 1mn

Calcul de la puissance maximale théorique

Test pour mesurer indirectement la puissance maximal aérobie théorique

  • Matériel : vélo, ergo, FC, SaO2
  • Protocole sur 16mn : échauffement 2mn, 3 pallier de 4mn, vitesse de 60/tour/mn à puissance de P1/P2/P3
  • Calcul de la FC à la 4ème mn : FC1, FC2, FC3
  • Retour au calme

FC cible avec FC max

  • 220 – âge (226 pour les femmes)
  • 208 – 0,7 x âge (recommandé)
  • FC cible : 70-85% de la FC max théorique
  • Faible intensité : 50-60% de la FCM
  • Moyenne intensité : 60-70% de la FCM
  • Forte intensité : 75-80% de la FCM

Méthode Karnoven (FC cible) : utilisée dans le domaine du sport pour planifier des plans d’entraînement de sportif (de tout niveau) sur la base de la fréquence cardiaque.Cette méthode utilise la fréquence cardiaque comme indicateur des zones d’utilisation des filières énergétiques. Cette méthode prend en compte différents paramètres :

  • fréquence cardiaque au repos
  • fréquence cardiaque maximale (rythme cardiaque maximal qu’un individu peut atteindre).
  • fréquence cardiaque de réserve = FC max – FC repos. C’est toute l’amplitude cardiaque se trouvant en dessous de la fréquence cardiaque maximale. Cette amplitude est la plage que l’individu utilise pour vivre quotidiennement (pour les escaliers, pour marcher, etc.).
  • => FC cible = FC repos + (FC réserve x %choisi)

% du facteur d’intensité choisi :

  • 50-60% : zone de récupération ou échauffement
  • 60-70% : zone d’endurance fondamentale
  • 70-80% : zone d’endurance douce
  • 80-90% : zone d’endurance dure

Rate of perceive exertion (RPE)

Echelle de Borg (6-20)

  • Faible intensité de 6 à 11 sur échelle RPE
  • Intensité modérée : 12-14
  • Forte intensité : 15-20 (max)

Talk test

RPE et facilité à parler :

  • 1. Capacité à formuler plusieurs phrases
  • 2. Capacité à formuler une seule phrase
  • 3. Capacité à formuler un seul mot

Evaluation de la fatigue

Fatigue Severity Scale (FSS)

Dans la semaine qui vient de s’écouler, pour chacune des propositions, cochez un seul
score :
1 : Cette affirmation ne me correspond pas (dans la semaine qui vient de s’écouler)
7 : Cette affirmation me correspond tout à fait (dans la semaine qui vient de s’écouler)

Evaluation fonctionnelle

Précaution et contre-indication

Pas de RAE en cas de :

  • Angor instable
  • Infarctus récent
  • Rétrécissement aortique serré
  • Insuffisance cardiaque instable
  • Péricardite, myocardite, endocardite
  • Maladie thromboembolique évolutive
  • Anévrisme ventriculaire
  • Thrombus intra ventriculaire
  • Troubles du rythme

Contre-indications relative

  • HTA primitive
  • HTA systémique non contrôlée
  • Cardiomyopathie obstructive
  • Trouble de la conduction auriculo-ventriculaire
  • Fistule artério-veineuse
  • Fixateurs externes
  • => Avis médical

Prescription médicale obligatoire

Surveillance

Données quantitativesDonnées qualitatives
Tension artérielle
Fréquence cardiaque
Saturation
Fréquence respiratoire
Sueur, pâleur
Spasticité
Maux de tête
Fatigue ressentie
Vigilance cognitive
Essoufflement, palpitation

Au-delà de 120 battements par minutes au repos, ne pas faire de RAE

ReposEffort
TA > 18-11 mmHg
Sat < 92%
FC > 120 bpm
TA > 20/12mmHg
Sat
FC > 85% FC max

Modalités selon la pathologie neuro

Blessés médullaires

  • Test de 6mn en test de propulsion au fauteuil roulant manuel
  • Cycloergomètre à bras
  • RAE via skieur, rameur, handbike
  • Recommandation minimum : 20mn aérobie 2/3 fois par semaine à intensité modéré et renfo 2 fois/semaine avec 3×10 répétions par groupes musculaire

Post AVC

  • Programme d’activité physique recommandé (Reco HAS) pour améliorer la fonction motrice à la phase chronique de l’AVC et exercice de marche (grade 1)
  • Intensité de l’exercice sur une longue période (6 mois)
  • Travail aérobie 5 à 7j/sem, durée de 20 à 60mn, Borg à 16/20, 60-80% FC max, surveiller TA et FC
  • Parésie spastique : travail dans différentes courses musculaires, surtout la course externe en excentrique, et à différente vitesse pour limiter l’apparition des co-contractions.

Parkinson

  • L’exercice à haute intensité pourrait inverser la neurodégénérescence dans la MP
  • L’exercice à haute intensité améliore la force, l’équilibre, les symptômes, la marche et les facteurs trophiques
  • L’exercice à basse intensité améliore la marche, les transferts assis-debout et les facteurs trophiques
  • Travail aérobie : 3 à 5j/ semaine, de 20 à 60 mn, Borg à 13/20, 60-80% FCmax, en phase ON ou OFF
  • Travail contre résistance : léger à modéré, 40-50% RM

SEP

  • Exercices courts très intensifs
  • TDM6 : le faire en 2x3mn plutôt que 1x6mn
  • Privilégier exercices type HIIT
  • Travail aérobie : 2 à 3 fois/semaine (1j sur 2), 10 à 30mn, Borg à 11-13/20, 40-60 FCmax, 2 à 4mn de repos, surveillance fatigue et chaleur

Neuropathies périphériques

Introduction

Aspects cliniques généraux en cas de lésion du SNP

  • Diminution/abolition des réflexes ostéotendineux
  • Fasciculations : contractions musculaires brèves visibles à l’oeil nu n déplaçant pas le membre
  • Déficit moteur
  • Amyotrophie (signe majeur) usuellement absent au début
  • Rétraction tendineuse
  • Déficit sensitif : superficiel, thermo-algique, ataxie proprioceptive (le patient regarde vers le bas pour voir ses MI)
  • Troubles végétatifs : hypotension orthostatique, troubles vasomoteurs, anomalies de la peau
  • Pas de signes en faveur d’une atteinte du SNC (sauf lésion associée)

Examens complémentaires usuels

  • Electromyogramme : permet de différencier les atteintes axonales (diminution des amplitudes des PA, activité spontanée au repos) d’une atteintes démyélinisantes (diminution des vitesses de conduction, allongement des temps de latences distales motrices)
  • Biologie : cause métabolique, diabète
  • Imagerie : recherche de compression nerveuse/radiculaire

Arbre décisionnel pour le diagnostic des neuropathies périphériques


Les syndromes canalaires (mononeuropathie)

Définition : compression mécanique des nerfs périphériques
Mononeuropathie : atteinte d’un tronc spécifique

Syndrome du canal carpien : compression du nerf médian

  • Paresthésie et hypoesthésie des 3 premiers doigts
  • Signes de Tinel et Phalen peuvent être positifs
  • Parfois secondaire à la grossesse, hypothyroïdie, diabète
  • Traitement : orthèse de repos, injection de corticoïde, chirurgie

Syndrome du nerf ulnaire au coude

  • Compression du nerf ulnaire dans la gouttière épitrochléo-olécranienne : mouvements répétés de F°/Ext° de coude, appui statique prolongé, séjour en réanimation

Clinique

  • Paresthésies du V + face médiale du IV
  • Signe de Froment positif
  • Faiblesse des interosseux : signe du croisement (impossibilité de superposer médius sur index)
  • Amyotrophie éminence hypothénar

Syndrome du canal de Guyon

  • Compression du nerf ulnaire
  • Paresthésie des 2 derniers doigts
  • Amyotrophie hypothénar, interosseux, adducteur du pouce
  • Beaucoup plus rare que syndrome du canal carpien

Syndrome du nerf interosseux postérieur

  • Compression du nerf radial
  • Mouvements de pronosupination répétés, violonistes
  • Extension de poignet préservé mais déficit des extenseurs des doigts

Compression du nerf fibulaire commun

  • Au niveau du col de la fibula le plus souvent
  • Travailleurs du bâtiment, agriculteur (travail au sol/à genou), patients en réanimmation (amyotrophie, compression sur barrière de lit)
  • Déficit des releveurs du pied
  • Amyotrophie de la loge antéro externe de la jambe

Les syndromes radiculaires

  • Compression des racines nerveuses lors de leur sortie de la moelle épinière, avant le foramen intervertébral
  • Souvent sur pathologies ostéo-articulaires dégénératives (herbie discale, arthrose) mais aussi pathologies infectieuses et tumorales
  • Attention aux souffrances médullaires associées (éléments centraux surajoutés)
RacineDéficit sensitifDéficit moteur
C5Moignon de l’épauleDeltoïde
C6Face antérieure du bras
Face latérale de l’avant bras
Doigt : pouce +++
Biceps brachial + brachial antérieur
C7Face postérieure de l’avant-bras
Doigt : majeur +++
Triceps brachial
C8Face médiale du bras et avantèbras
Doigt : 5e +++
Fléchisseurs des doigts + interosseux
RacineDéficit sensitifDéficit moteur
L3-L4Fesse
Face antéro-latérale de la cuisse
Face antéro-médiale du genou et de la jambe
Quadriceps +++
Tibial antérieur +
L5Fesse
Face post de la cuisse
Face latérale de la jambe
Face dorsale du pied
Extenseur des orteil
Tibial antérieur
Fibulaires
S1Fesse
Face postérieure de la cuisse et de la jambe
Face plantaire du pied
Triceps sural +++

Syndrome de la queue de cheval

Clinique

  • Troubles sensitifs : hypo ou anesthésie avec topographie variable, anesthésie en selle caractéristique (périnée, OGE, marge anale)
  • Troubles moteurs : troubles de la marche ou paraplégie complète, souvent déficit moteur asymétrique
  • Abolition des ROTS et des réflexes périnéaux
  • Troubles vésico-sphinctériens : rétention aiguë d’urine, urgenturie, constipation

Etiologies

  • Hernie discale +++
  • Tumeurs : épendymomes ++
  • Spondylodiscite : infection du disque vertébral
  • Canal lombaire rétréci

=> Urgence neurochirurgicale +++


Polyradiculonévrite

Syndrome de Guillain Barré

Atteinte de la racine et du nerf

Contexte post infectieux fréquent
2 grandes formes

  • Atteinte démyélinisante
  • Atteinte motrice pure (AMAN)

Physiopathologie

Pathologie auto-immune complexe

Clinique

  • Déficit sensitivomoteur ascendant avec aréflexie ostéo-tendineuse

Evolution en 3 phases

1 – Phase d’extension

  • Durée variable : de quelques jours à quelques semaines
  • Début par phénomène sensitifs (paresthésie, picotements distaux) puis progressivement ascendants
  • Symétrie des symptômes
  • Paralysie distale qui touche les membres d’abord en proximal
  • Parfois atteinte des muscles respi, déglutition -> réanimation

=> Plus la phase d’extension est rapide, moins bon est le pronostic pour les formes démyélinisantes

2 – Phase de plateau

  • Déficit moteur d’intensité et de durée variable
  • Aréflexie tendineuse
  • Syndrome dysautonomique (tachycardie, bradycardie)

3 – Phase de récupération

  • En ordre inverse de l’apparition des déficits
  • En cas d’absence de récupération à 12-18 mois : état définitif
  • 5% de décès, 15% de séquelles définitives

Complications à long terme : douleurs neuropathiques, déficits persistants, troubles proprioceptifs, rétractions

Examens complémentaires

  • Clinique : histoire de la maladie
  • Ponction lombaire
  • Electromyogramme : ralentissement vitesse de conduction, blocs de conduction, augmentation des latences distales
  • Biologie

Traitement

  • Le plus rapidement possible
  • But : stopper la réaction inflammatoire
  • Points de vigilances en séance de rééducation : toujours bien évaluer la proprioception (ataxie, risque de chute), la motivation (récupération parfois très longue)

Polyneuropathies

Atteinte de toutes les fibres nerveuses en fonction de leur longueur (atteinte longueur-dépendante)
Attaque les fibres les plus longues en premier
Atteinte de plusieurs fibres en même temps, mais pas les racines

Polyneuropathie diabétique

Le diabète est responsable de nombreuses complications dans l’organisme, on parle d’organes cibles : coeur, cerveau, oeil, rein, pied, nerf, infections

Poolyneuropathie axonale longueur dépendante : atteinte diffuse et symétriques qui touche les extrémités distales des fibres nerveuses les plus longues (donc les membres inférieurs)

Mécanisme

  • Ischémique : altération de la paroi des artères de petits calibres qui vont vasculariser les nerfs
  • Toxicité directe de l’hypoglycémie (stress oxydatif)

Clinique

  • Atteinte distale d’évolution ascendante, symétrique, à prédominance sensitive+++
  • Atteinte des petites fibres : paresthésie, altération de la sensibilité thermo algique (mal perforant plantaire)
  • Atteinte dysautonomique (trouble vésico-sphinctérien, trouble du transit, impuissance)

Eléments de vigilance sur le plateau technique

  • Risque d’hypoglycémie (signe de tachycardie, sensation de faim brutale, frisson, tremblements, trouble de la coordination, de la concentration, etc)
  • Attention aux troubles podologiques et si plaies
  • Troubles visuels, facteurs de risque cardiovasculaire associés

Polyneuropathie alcoolique

  • Toxicité de l’alcool sur les fibres nerveuses ou par carence vitaminiques associées (B1 B9)
  • Hypoesthésie en chaussette
  • Crampe nocture, fatigabilité à la marche
  • Déficit moteur, amyotrophie distale
  • Troubles cutanés et trophiques (dépilation anhydrose, ongles cassants)

Neuromyopathie de réanimation

  • Faiblesse acquise en réanimation
  • Syndrome qui recouvre polyneuropathie et la myopathie
  • Touche les muscles périphériques et les muscles respiratoires
  • Définition clinique : score MRC<48 (sur 60)

Facteurs de risque

  • Sévérité du tableau médical, sepsis sévère
  • Hyperglycémie
  • Immobilisation prolongée

Physiopathologie complexe

  • Dysfonction musculaire
  • Altération de la capacité de régénération musculaire

Echelle pour s’assurer de la bonne coopération du patient

  • RASS : niveau de conscience (+4=combatif; 0=éveillé et calme; -3=diminution modérée de la vigilance, -5= non réveillable). Si RASS supérieur ou égale à 3, procéder au CAM-ICU
  • CAM-ICU : 4 critères (fluctuation de l’état mental, inattention, niveau de conscience altéré, pensée désorganisée)

Autres méthodes

  • Handgrip : <11kg H ou <7kg F
  • Evaluation M respiratoire PIM < 30cm d’H2O

Syndromes plexiques

  • Surtout plexus brachial
  • Lésions favorisées chez les patients sous anesthésie générale + curares
  • Tableau complexe, en “mosaïque” : déficit moteur et sensitif, abolition ROT
  • Risque rétractions myotendineuse
  • Récupération très longue, parfois incertaine

Physiopathologie et tableau clinique de l’AVC

Tableau clinique

Selon la zone touchée

Selon le territoire touché

L’hémiplégie cortical

  • Partielle dans son intensité et « incomplète », c’est-à-dire ne touchant pas tous les territoires moteurs de l’hémicorps
  • Elle est brachiofaciale
  • Elle est non proportionnelle : l’atteinte au membre supérieur est dissociée entre la main (sévère) et le bras (moins nette)

L’hémiplégie capsulaire

  • Massive et totale dans son intensité
  • Topographiquement complète, touchant tous les secteurs
  • Elle est proportionnelle : tous les segments de membres sont atteints de la même façon

Les troubles associés

  • Troubles ménésique
  • Troubles affectifs
  • Troubles dysexécutifs

Les complications

  • Escarres
  • Pneumopathie de déglutition
  • SDRC
  • Oedème
  • Troubles psycho-affectifs
  • Troubles vésico-sphinctériens
  • Chutes
  • Dépression
  • TVP

La spasticité

Schémas les plus courant

Les groupes musculaires les plus souvent spastiques sont :

  • Au niveau des membres inférieurs
    • muscles extenseurs et rotateurs internes de la hanche
    • quadriceps
    • triceps sural, tibial postérieur et fléchisseurs des orteils
    • (triple flexion au stade grabataire)
  • Au niveau des membres supérieurs
    • muscles adducteurs et rotateurs internes de l’épaule
    • fléchisseurs du coude
    • fléchisseurs du poignet, doigts, pronateur

Répercussion fonctionnelle

La spasticité d’un muscle peut théoriquement limiter la commande motrice de son antagoniste, et ainsi avoir des répercussions fonctionnelles néfastes.

  • Si la contraction des releveurs est insuffisante pour s’opposer à celle du triceps sural spastique, la marche sera perturbée avec l’apparition d’un fauchage, d’un équin associé ou non à un varus du pied ou d’un récurvatum du genou
  • Si la spasticité des fléchisseurs des doigts et du poignet est importante, elle peut limiter l’expression des extenseurs, déjà parésiés par l’atteinte motrice, et être à l’origine d’une majoration des incapacités de préhension

Elle peut aussi être bénéfique

  • La spasticité et la réduction de longueur du TS permettent à ce muscle de produire une force pour un étirement moins important que chez le sujet normal
  • La spasticité du quadriceps qui se renforce en position debout peut permettre la station debout et la marche chez un sujet n’ayant pas de commande volontaire suffisante de celui-ci

Tableau clinique du syndrome cerebelleux

Tableau récapitulatif clinique du syndrome cérébelleux

Troubles statiques

  • Augmentation du polygone de sustentation
  • Danse des tendons des jambiers antérieurs
  • Ecartement des MS
  • Oscillations latérales et antéropostérieures
  • Pas d’aggravation les yeux fermés
  • Présence des réactions d’équilibration

Tremblement

  • Présent à la réalisation d’un mouvement et au maintien d’une attitude
  • Apparaît au début du mouvement et s’intensifie à la fin du mouvement lorsque les contractions agonistes et antagonistes s’équilibrent pour préciser et freiner le mouvement
  • Augmentent lors du rétrécissement du polygone de sustentation

Troubles cinétiques

  • Dans le temps
    • adidococinésie (épreuve des marionnettes)
    • dyschronométrie (retard au départ et à l’arrêt du mouvement)
  • Dans l’espace
    • dysmétrie (hypermétrie: manque son but, va trop loin)
    • asymétrie (mauvaise coordination motrice, le mouvement est décomposé)

Ataxie locomotrice / Marche pseudo-ébrieuse

  • Augmentation du polygone de sustentation
  • Ecartement des MS
  • Hypermétrie des pas
  • Phase oscillante trop ample : le pied tape au sol, pas de déroulement du pas
  • pas irréguliers dans le rythme et dans l’amplitude
  • Asynergie empêchant la coordination MI/tronc
  • Marche rapide plus facile
  • Chutes rares

Hypotonie musculaire

  • Au niveau du tronc, du poignet, de l’épaule et du pied
  • ROT pendulaire

La maladie de Parkinson : signes cliniques et troubles associés

Triade clinique de la MPI

  • Tremblement de repos : mouvement oscillatoire de faible amplitude, de rythme lent (4 à 6 cycles par secondes), qui prédomine aux extrémités
  • Akinésie : perte ou trouble de l’initiation et de l’exécution du mouvement par perte de l’initiative motrice, de la spontanéité des mouvements, avec lenteur des mouvements
  • Hypertonie extrapyramidale (hypertonie plastique : en « tuyau de plomb » ou « en roue dentée »

Signes associés à la triade

Ils apparaissent au fur et à mesure de l’évolution de la MPI :

  • Troubles de la posture : troubles de l’orientation et troubles de l’équilibration, troubles de la coordination posture-mouvement
  • Troubles de la parole et de la déglutition : voix monocorde, palilalie (répétition de phonèmes), tachyphémie paroxystique (se remettre à parler avec une extrême rapidité)
  • Signes neurovégétatifs qui associent :
    • troubles digestifs très fréquents (constipation)
    • hypotension artérielle orthostatique
    • troubles vésicosphinctériens
    • amaigrissement (aspécifique)
  • Troubles sensitifs à type de crampes, engourdissement, sensation de chaleur, etc
  • Troubles du sommeil et de la vigilance
    • à type d’insomnie initiale ou concernant la deuxième partie de la nuit
    • à type de cauchemars qui correspondent à des troubles du comportement en sommeil paradoxal
  • Troubles cognitifs et psychiques
    • troubles de l’attention et des fonctions exécutives
    • troubles de la mémoire à court terme, liés à la difficulté du contrôle attentionnel
    • bradypsychie (ralentissement dans le temps de réponse)
    • dépression et anxiété
    • démence

Traitement à la L-Dopa

Complications motrices liées au traitement

  • Première phase : « lune de miel », dure entre 1 et 10 ans, gêne motrice modérée
  • Deuxième phase : peut durer 20 ans, marquée par des fluctuations : akinésie de fin de dose qui deviennent de plus en plus marquées (effets « on-off »), dyskinésies de milieu de dose.
  • Troisième phase : perte d’efficacité de la L-Dopa

Echelles d’évaluation

Echelle de Hoen et Yahr

  • Stade 1 : atteinte unilatérale avec handicap fonctionnel habituellement minime ou nul
  • Stade 2 : atteinte bilatérale ou axiale sans altération de l’équilibre
  • Stade 3 : apparition d’une altération de l’équilibre, mise en évidence lorsque le malade change de direction ou lorsqu’on le pousse alors qu’il se tient debout, pieds joints et yeux fermés.
    A ce stade, il présente une véritable gêne fonctionnelle dans ses activités mais peut poursuivre son travail (selon le type d’emploi)
  • Stade 4 : développement complet de la maladie qui entraîne une incapacité sévère. Le malade peut encore se tenir debout et marcher sans aide mais avec de grandes difficultés
  • Stade 5 : le malade ne peut se déplacer qu’en fauteuil roulant ou est grabataire

Classification de Bleton et Ziegler

  • Stade 1 : vie presque normale ; c’est la phase de lune de miel
  • Stade 2 : maladie installée avec gêne motrice, déplacements limités avec fluctuation on/off
  • Stade 3 : handicap majeur avec marche très difficile, gestes rares. Il y a accoutumance au traitement

Les 6 sections de l’échelle UPDRS

  • 1 – Etat mental, comportemental et thymique
  • 2 – Activités de la vie quotidienne (on/off)
  • 3 – Examen moteur (on/off)
  • 4 – Complication du traitement (dyskinésies, fluctuations, dysautonomie)
  • 5 – Stades de Hoehn et Yahr
  • 6 – Echelle de Schwab et England

Les retentissements fonctionnels de la MPI

  • Atteinte de la fonction posturale
  • Atteinte de la fonction gestuelle
  • Atteinte buccofaciale
  • Atteinte occulo-motrice
  • Douleurs articulaires et musculaires
  • Troubles psychiques
  • troubles urinaires
  • Troubles du sommeil
  • Troubles digestifs

Observation morphostatique

Les principales déformations conduisant à l’attitude spontanée figée sont :

  • la cyphose dorsale
  • l’hyperlordose cervicale, compensée par la projection de la tête vers l’avant
  • la scoliose parkinsonienne avec la tête plus souvent penchée du même côté que le tronc
  • l’enroulement des épaules
  • les flexums de hanches et de genoux

Troubles associés

  • Troubles du sommeil à type d’insomnie
  • Troubles de la communication
  • Dysgraphisme ou micrographie
  • Troubles de la fonction oculomotrice
  • Hypotension orthostatique
  • Hypersécrétion cutanée et sébacée
  • Hyper-sudation
  • Sécheresse de la bouche
  • Hyper-salivation
  • Troubles urinaires
  • Constipation du fait du traitement médical

Tableau clinique de la SEP et échelle EDSS

Tableau clinique

  • Troubles moteurs et spasticité
  • Troubles sensitifs
  • Asthénie et désadaptation à l’effort
  • Syndrome cérebelleux
  • Syndrome vestibulaire
  • Troubles de la communication
  • Troubles de la déglutition
  • Troubles visuels
  • Troubles vésico-sphinctériens et sexuels

Echelle EDSS : évaluation du stade du patient

Bilan à réaliser selon l’EDSS

EDSS entre 2 et 6

  • bilan de la marche : boiterie, aide techniques, vitesse, périmètre de marche et escalier
  • Bilan de l’équilibre debout en bipodal et monopodal
  • Bilan de l’autonomie dans les AVQ

EDSS supérieur à 6

  • Evaluation de la mobilité globae : retournements, équilibre assis, déplacement
  • Utilisation du fauteuil roulant et des transferts
  • Evaluation de l’autonomie dans les AVQ
  • Evaluation des possibilités de préhension

Rééducation

Principes généraux

Le principe fondamental est de fractionner les efforts. Le temps de pause doit au moins être équivalent au temps d’exercice, voire plus si le patient est fatigable.

  • Privilégier exercices ayant un intérêt fonctionnel (amélioration transfert, marche, équilibre debout et assis)
  • Difficultés du patient ciblés pour élaborer avec lui des objectifs concrets
  • Pour le niveau des exercices : niveau supérieur si le patient progresse, niveau inférieur si le patient régresse
  • Prévoir de nombreux endroit pour s’asseoir et sécuriser les exercices
  • Eviter la chaleur

Objectifs et moyens selon les phases

En phase de poussée

  • Entretien des amplitudes articulaires
  • Lutte contre l’hypertonie
  • Entretien respiratoire
  • Aide à la relaxation du patient

Après la phase de poussée

  • Favoriser la récupération
  • Développer des compensations efficaces
  • Adaptation du milieu de vie et proposition d’aides techniques
  • Amélioration de l’équilibre et des capacités fonctionnelles

En dehors des poussées

  • Entretien des capacités fonctionnelles du patient : marche, équilibre
  • Prévention des complications neurologiques
  • Reconditionnement à l’effort : endurance sur tapis, vélo, …

Grands axes de rééducation selon l’EDSS

EDSS <3

  • Education thérapeutique
  • Autoentretien
  • Réentrainement à l’effort
  • Renforcement musculaire
  • Amélioration de l’équilibre

EDSS entre 3 et 5,5 : PEC plus intense et ciblée

  • Apprentissage des SDR
  • Renforcement musculaire fonctionnel
  • Stabilisation du tronc et apprentissage auto-agrandissement axial

La rééducation comprend :

  • une part de travail analytique
  • des exercices globaux à visée fonctionnelle
  • un travail d’endurance sur vélo ou motomed

EDSS entre 6 et 7 : la perte de la marche approche

  • Apprentissage maniement du fauteuil roulant et des transfert
  • Aménagement du domicile
  • Mis en place d’aides techniques et humaines
  • Lutte contre le déconditionnement

EDSS >7 : perte d’autonomie et dépendance

  • Amélioration de la sécurité des transferts
  • Amélioration de l’autonomie en fauteuil roulant
  • Prévention des complications
  • Entretien articulaire
  • Etirement musculaire
  • Lutte contre spasticité
  • Lutte contre escarres et troubles trophiques
  • Entretien respiratoire

Les grands axes de rééducation pour EDSS entre 1 et 6

Entretien musculaire fonctionnel des muscles parésiés

  • Lutte contre la spasticité néfaste : cryothérapie, TENS, étirements lents des groupes musculaires spastiques
  • Rééducation post-toxine : étirement, renforcement, gain fonctionnel
  • Entretien de la force musculaire : quand les déficits s’aggravent : renfo par chaînes facilitatrice ou mode excentrique., rééducation sensorimotrice

Amélioration de la marche et ré-entrainement à l’effort

Amélioration de l’équilibre statique et dynamique

  • Utilisation des SDR en fonction du bilan réalisé
  • Amélioration de l’équilibre assis et de la coordination des mouvements
  • Amélioration de l’équilibre de bout en bipodal et unipodal, en statique et dynamique
    • des pressions déséquilibrantes résistées
    • déstabilisations rythmiques
    • avec activité de force et d’adresse des MS (envoi et réception de ballons) amélioration des transferts de poids.Le MK choisit la position de départ en fonction

Correction des défauts de la marche

Correction du récurvatum de genou causé par l’équin spastique, le déficit de sensibilité profonde, déficit de contrôle moteur des extenseurs ou fléchisseurs de genou ou la spasticité du quadriceps.

  • Déficit des releveurs (steppage) ou équin spastique
  • Défaut de contrôle d’une articulation du MI ou fauchage
  • Manque de dissociation des ceintures
  • Défaut de transfert d’appui
  • Déficit de vigilance musculaire
  • Défaut de contrôle de genou à type de récurvatum

Réentrainement à l’effort

L’intérêt de l’exercice physique et du réentraînement à l’effort a été démontré, notamment chez les patients dont le score EDSS est inférieur à 6, avec de nombreux bénéfices : augmentation de la force musculaire et de la capacité aérobie, diminution du sentiment dépressif, meilleure récupération et augmentation du seuil de fatigabilité

Sport d’endurance à privilégier : marche, natation, vélo

La rééducation du blessé médullaire

Les principales complications du blessé médullaire

  • Escarres
  • Accidents thrombo-emboliques
  • Hypotension orthistatique
  • Hyper-réflexie autonome
  • Syndrome restrictif
  • Troubles génito-sexuels
  • Douleur neurologique
  • Rétraction et POAN

Les paramètres spirométriques

Syndrome restrictif (diminution de la CV, VRE, VEMS, DEP, ) ayant pour cause :

  • Atteinte diaphragmatique (C2-C4)
  • Diminution de la compliance thoraco-pulmonaire : augmentation du volume résiduel
  • Atteinte des muscles expirateurs intercostaux et abdominaux

Entrainant une diminution de l’efficacité à la toux, une ventilation à faible volume => encombrement, atélectasie

Evolution et pronostic

  • La durée du choc spinale n’est pas un facteur de pronostique
  • Le pronostic est nettement meilleur en cas de lésions incomplètes. Pour les lésions complètes, la vitesse de récupération est un bon élément pronostic
  • La plupart des patients tétraplégiques récupèrent un niveau moteur après la phase aiguë
  • La plupart des récupérations des membres supérieurs interviennent dans les 6 premiers mois, et plus un muscle initialement à 0 commence à récupérer, plus son pronostic de récupération est bon
  • Il est possible d’envisager un pronostic à partir de 6-8 semaines après l’accident, mais celui-ci n’est réel qu’à partir de 1 an

Objectifs de rééducation en phase initiale

  • Prévention des complications de décubitus
    • Les escarres
    • Les TVP
    • L’encombrement respiratoire
  • Prévention des complication neurovégétatives
  • Prévention des troubles neuro-orthopédiques : maintenir un état optimal orthopédique sous-lésionnel en évitant les rétractions et les POAN

Principes : anticipation et prévention

  • Proposer au patient une rééducation personnalisée et fondée sur ses attentes. Le confronter à des difficultés d’importances croissante en favorisant les exercices les plus rapidement rentables sur le plan fonctionnel
  • Demander au patient d’identifier les problèmes qu’il rencontre et les analyser avec lui
  • Le mettre en situation pour un gain en autonomie et lui proposer des aides techniques
  • Lui proposer des activités variées pour entretenir sa motivation, favoriser les activités de groupe pour l’athlétisation de membres supérieurs et les auto-assouplissement
  • Mettre un gel sous ses fesses lors du travail sur le plan de Bobath pour prévenir les escarres si le patient est à risque
  • Les mobilisations doivent être lentes et atraumatiques en prévention des para-ostéo-arthropathies neurogènes (POAN) et des fractures spontanées

Objectif de la rééducation en SSR

Objectifs lors de la mise en fauteuil

  • Améliorer son équilibre assis, nécessaire pour son autonomie en fauteuil roulant, pour les transfert et la pratique sportive.
  • Renforcer la musculature sus-lésionnelle spécifique, essentielle à l’autonomie
  • Éduquer le patient pour prévenir les complications auxquelles il est le plus exposé : tendinopathies d’épaules et escarres
  • Améliorer le maniement du fauteuil tout terrain, les transferts à hauteurs différentes et l’endurance
  • Proposer le handisport

Appropriation du FR

  • Choix personnel du FR
  • Mise au point des réglages du FR et choix des gants
  • Apprentissage di 2 roues
  • Apprentissage des chutes en FR
  • Apprentissage des transferts avec le FR

Cas particuliers

  • Niveau C5 et au-dessus : seules possibilités fonctionnelles dépendent des muscles de la tête, de la langue, des paupières, du souffle et de la parole. Ils utilisent donc la robotique et la domotique.
  • Niveau C6 et au-dessous : ces patients peuvent se servir d’un maximum d’aides techniques et peuvent se déplacer en fauteuil roulant électrique et manuel

Apprentissage de la remontée en fauteuil en cas de chute

Techniques de rééducation proposées aux blessés médullaires en réponse aux objectifs

Apprentissage des retournements

  • Retournement
  • Passage à 4 pattes
  • Décubitus-assis
  • Assis-décubitus

Position assise sur le plan de Bobath : pour acquérir l’autonomie en fauteuil, il faut passer le niveau 3 de l’échelle de Boubée selon M.Maury

Pour niveau inférieur à T6 : chercher le redressement

Pour niveau inférieur à T6 : laisser le patient maintenir son équilibre avec une cyphose

Exercices en progression : enlever les appuis, horizontaliser le regard, chercher un objet de plus en plus loin

Apprentissage des push-up

  • Consigne : depuis la position coudes tendus bloqués en récurvatum et les épaules en rotation latérales, abaisser les épaules et basculer vers l’avant pour décoller le bassin.
  • Progression : isométrie pour l’endurance musculaire, push-ups sur des cales pour surélever, en asymétrie, sur main à plat ou sur le poing, avec destabilisation depuis les jambes lors de la position haute

Apprentissage des transferts

Prérequis

  • Le patient au-dessus de C6 ne pourra pas réaliser ses transferts
  • Le patient C6, s’il n’a pas de flessum de coude, peut bloquer ses coudes en récurvatum pour réaliser ses transferts ou aider la tierce personne à les réaliser
  • A partir de C7, les transfert peuvent être réalisés en push-up. La planche est indispensable au début pour réaliser des transferts glissés

Conseils à respecter

  • S’assurer de la stabilité du fauteuil : mettre les freins et les petites roues vers l’avant
  • Vérifier que les 2 plans sont stables et qu’ils ne bougeront pas durant le transfert
  • Tenter de réaliser ses transferts avec deux plans égaux

Progression

  • Table -fauteuil avec table plus haute que le fauteuil, puis sans différence de niveau
  • Gagner un maximum de hauteur en s’appuyant sur les poings et en abaissant au maximum les épaules

Une fois acquis, les exercices visent à améliorer l’endurance musculaire, l’équilibre du tronc et la vigilance des muscles de l’épaule : appui sur ballons assez durs, destabilisation en position push-up haute, destabilisation sur l’épaule libre avec l’autre main qui tient une barre. Cela permet de diminuer les appréhensions de chute.

Prévention des complications

Prévention des escarres

  • Informer le patient : escarre plaie consécutive à une hypoxie tissulaire par une pression excessive et prolongée. La durée de l’hyperpression est plus nocive que son intensité.
  • Diminution des pression
    • matelas thérapeutique
    • changement de position toutes les 3h au lit
    • soulèvement au fauteuil par push ups toutes les 15mn
    • positionnement symétrique pour répartir le poids sur les 2 ischions
    • observer soi-même l’état cutané avec un miroir

Prévention des troubles orthopédiques

  • Rétraction musculaire, enraidissement capsulo-ligamentaire
  • Ostéomes
  • Déséquilibre musculaire : asymétrie donc hyperpression localisée

Les 5 points clés de la prévention

Mobilisations passives

La para-ostéo-arthropathie

Néoformation osseuse au voisinage des articulations ou os en sous-lésionnel. Ces ossifications se développent dans le tissu conjonctif péri-articulaire avec une grande prédilection pour la hanche et le genou. Elles entraînent une limitation des amplitudes rendant la réalisation des AVQ difficiles voir impossible.

Prévention des POAN

  • Mobilisations douces et progressives articulaires sans déclencher trop de douleurs
  • Si POAN déjà installée : réduire phénomènes douloureux, maintien des amplitudes articulaires, glace, travail musculaire actif-aidé
  • Après refroidissement de la POA : traitement chirurgical possible

La verticalisation

Rester une heure par jour en verticalisation au stand-up présente les bénéfices suivant :

  • Lutte contre l’hypotension orthostatique (disparaît après plusieurs séance de verticalisation)
  • Lutte contre l’ostéoporose d’immobilisation (os sous lésionnel et principalement cortical)
  • Adaptation cardio-vasculaire : action bénéfique sur la fréquence cardiaque et le débit cardiaque, la TA, le retour veineux
  • Adaptation respiratoire
  • Facilitation de l’activité digestive et urinaire
  • Entretien orthopédique, notamment la dorsiflexion de cheville

Prévention des troubles respiratoires

  • Développer les muscles respiratoires conservés
  • Maintenir la cage thoracique souple par la respiration en pression positive
  • Prévenir ou réduire les épisodes d’encombrement

Athlétisation des membres supérieurs et prévention des douleurs d’épaule

Mécanismes physiopathologiques

  • Utilisation des MS comme membres portants et dans des mouvements peu ergonomiques : manipulation d’objets lourds en hauteur, chargement du fauteuil dans la voiture
  • L’hypersollicitation dans la vie quotidienne
  • La survenue de déséquilibres musculaires favorisant les conflits sous-acromiaux

Prise en charge MK préventive des douleurs d’épaule

  • Education thérapeutique rigoureuse et détaillée
  • Entretien des amplitudes articulaires maximales
  • Athlétisation de la ceinture scapulaire et des MS
  • Corriger défaut de technicité
  • Mauvaise propulsion
  • Mauvais rythme scapulo-huméral
  • Développer musculature sus-lésionnel
  • Recentrage actif de la tête humérale : reprogrammation des muscles abaisseurs (abaissement actif de la tête contre une résistance exercée sous le creux axillaire)
  • Stabilisation dynamique de la scapula : rapprochement des scapulas, étirement du plan postérieur (attitude cyphosique)
  • Renforcement des RL (ratio RL/RM supérieur à la normal, favorable à l’usure prématurée des éléments ligamenaires et tendineux) : exercice du bras de fer.

Athlétisation de la ceinture scapulaire

  • Renfo triceps et deltoïde postérieur
  • Triceps et grand pectoraux avec des pompes
  • Chaîne Kabat
  • Développé couché : coudes ne descendent pas sous les épaules, barre au niveau des mamelons, souffler en poussant
  • Renfo des abaisseurs : série de push ups sur des cales avec maintien ; renfo à la poulie sous 60° d’abduction (3 grands en course interne et composante maximale d’abaissement) et prévention des tendinopathie. Vérifier que les épaules sont abaissées au max (recentrage) et coudes tendus.
  • Natation avec les MS

Réentrainement à l’effort

  • Bénéfices : diminution FC à une même consommation d’O2, diminution FC repos, augmentation de la VO2
  • Intensité idéale : 60-90% FC max pendant 20 à 60mn par séance, 2-3 fois/semaine. Echauffement, pour monter à 70%FC, 20mn de travail à 70%, et retour au calme pour retrouver aisance respiratoire puis reprise de l’exercice.

Handisport

Récapitulatif


Vidéos

  • Aller chercher quelque chose le plus loin possible depuis la position assise
  • Avancer et reculer les fesses dans le fauteuil
  • Assis en bord de fauteuil : soulever la jambe et faire avancer le pied en avant des cale-pied au sol. Puis soulever de nouveau la jambe pour caler le pied sur le cale-pied. Faire plusieurs répétition de chaque jambe
  • Pencher son tronc en avant à la limite d’une position difficile, d’abord en se tenant aux accoudoirs, puis sans se tenir (préparation du transfert)
  • Push up : appui sur le fauteuil et soulever les fesses le plus haut possible 3 x 30s

Renforcement

  • RL en R1 avec résistance élastique
  • Dentelé antérieur
  • Abudction avec petit poids
  • Push-up

Manœuvre de Froment (Parkinson)

Autre dénomination : test du poignet figé 
But : détecter une rigidité, signe précoce de la maladie de Parkinson.
Cette manœuvre consiste à imprimer des mouvements passifs au poignet du patient, puis à lui demander de faire un geste continu avec l’autre main (saisir un objet éloigné, faire « les marionnettes »…). Dès que le mouvement volontaire est initié, la rigidité se majore.