Catégories d’hypothèse de Mark Jones

  • Moyen de phénotyper le patient pour savoir quels traitements sont efficaces pour lui

Ce raisonnement par catégories d’hypothèses est quasi-indépendant du raisonnement physiopathologique car un patient peut présenter une pathologie mais avec un phénotype  de douleur ou de chargeabilité complètement différent d’un autre.

Ex : 2 patients qui ont une entorse ne seront pas prise en charge de la même façon.

Phénotype de la douleur

IASP : association internationale pour l’étude de la douleur

Grands phénotypes douloureux selon des patterns et selon des mécanismes de douleur ;

Nociceptif

Comportement de la douleur

  • Clair, proportionné, mécanique, localisé dans la zone de la lésion
  • On-off : peut être déclenché ou soulagé
  • Prédictif : répond de manière prévisible.
  • Mais attention à la douleur nociceptive référée.
  • Nociceptif inflammatoire : douleur différente.

Conséquence clinique

  • Bon pronostic
  • Traitement mécanique passif et actif efficace
  • Explication simple du mécanisme lésionnel
  • Test fiable, pertinent, reproduisant les symptômes
  • On peut appliquer des contraintes mécaniques, reproductible, prédictible sur leur évolution

Neuropathique / périphérique

Comportement de la douleur

  • Douleur qui brûlent, électrique, fourmillement, dysesthésie, sensation perturbée, engourdissement, perte de force
  • Le patient provoque la douleur en mise en tension dynamique.
  • Palpation du nerf douloureux.

Conséquence clinique

  • Douleur suite à l’atteinte du SNP
  • Examen neurodynamique
  • Donc mobilisation et mise en contrainte du SN par mobilisation neurodynamique
  • Pronostique bon mais plus long que nociceptif

Central ou nociplastique

Comportement de la douleur

  • Disproportionné, non mécanique, non prédictif, pas de pattern, pas de on-off,
  • Fortes association avec des drapeaux jaunes (facteur socio-culturel)
  • Antalgique et antiinflammatoires ne fonctionnent pas.

Physiopathologie

  • Phénomène neuro-physiologique de la douleur qui sont la modification du système de la nociception, aussi bien au nv périphérique (diminution du seuil de la douleur des nocicepteurs, augmentation des nocicepteurs, soupe inflammatoire qui les stimule en permanence) que central (mécanisme dans le ganglion spinal qui décharge de façon plus régulière et importante et mécanismes descendants inhibiteurs qui fonctionnent moins bien)
  • Dans la reconnaissance de ces patterns (mécanismes biologiques où il y a transformation soit des synapses, soit des nocicepteurs) on va y associer les mécanismes processing (interprétation de la douleur) donc tout ce qui est facteurs psycho-sociaux et tous les comportements qui vont favoriser la persistance de la douleur.

La nociplastie

  • Douleur dysfonctionnelle avec augmentation des signaux dans le système neural
  • Patient hypersensible aux stimulus (disproportion stimulus/lésion)
  • Symptômes perdurent au-delà de la récupération normale
  • Mauvaise élaboration de la douleur dans le SNC : neurones deviennent trop compétents au traitement de la douleur

Conséquence clinique

  • Pas chercher à faire un examen clinique forcément détaillé, avec test-retest pointu, à faire des hand on ou des thrust, avoir un raisonnement biomécanique, etc -> pas de sens sur ces phénotypes douloureux. Donc on va aller sur un examen physique « low grade » où on sous-dose la contrainte mécanique.
  • On ne cherche pas un examen de la contrainte mécanique, les techniques seront des hand off. Bien qu’on remette en contrainte le corps du patient, on cible surtout à traiter son système de la douleur aussi bien périphérique que central
  • Donc traitement d’activité physique, d’exposition graduelle, thérapie cognitivo-comportemental par exposition graduel, éducation, explication aux neurosciences de la douleur, intervention sur ses comportements et croyances
  • Quand on reconnait un schéma douloureux, on agit différemment aussi bien dans l’examen physique que dans le traitement : traitement de la douleur nociceptive à travers la mise en contrainte des tissus, traitement de la douleur nociplastique par mise en contrainte du cerveau à travers le mouvement et à travers les tissus (on traite le système de la douleur).

    Situation de handicap

    CIF

    • La Classification internationale du Fonctionnement, du handicap et de la santé vise à définir le handicap à la fois comme un phénomène individuel et un phénomène qui prennent en compte l’environnement (architectural, culturel, institutionnel, structurel) ou la société.
    • 4 catégories d’identification du handicap :
    • Fonction organique (fonction mentale, sensorielle, digestives etc.), c’est-à-dire le domaine de fonctionnement corporel.
    • Structure anatomique (structure du système nerveux, structure liée au mouvement…) qui situe l’organisation physique en jeu.
    • Activité et participation (activité de communication, de mobilité…) qui identifie les fonctionnements concernés.
    • Facteurs environnementaux (produit et système technique, soutien et relation…) qui relie aux facteurs extérieurs potentiellement handicapants.

    PFSF (Patient-Specific Functional Scale)

    L’échelle spécifique du patient permet la quantification du handicap : on liste les activités et on note  de 0 à 10 à combien il est limité

    Processus physio-pathologique

    Contrainte selon le processus de guérison

    • Inflammatoire (0 à 72h) : pas chercher de contrainte physique
    • Prolifération / fibroblastique (3j – 6s) : examen doux et traitement sous-dosé
    • Remodelage (>6s) : tissus guéris, mise en contrainte des tissus

    Processus physio-pathologiques permettent de mettre en place des pronostics, des notions de précaution et des indications de traitement.

    Protocole Peace & love

    Sur processus inflammatoire

    Protection : cessez toute activité provoquant de la douleur les premiers jours

    Elévation : soulever le membre atteint le plus souvent possible de sorte qu’il soit plus haut que le cœur

    Anti-inflammatoire à éviter, plutôt mettre de la glace

    Compression : installer un bandage élastique, ou taping pour réduire le gonflement initial

    Education : enseigner les bonnes pratiques pour éviter la surinvestigation médicale, la surmédication et les modalités passives inutiles

    Load : quantifier son stress mécanique en intégrant de la mise en charge du mouvement sans occasionner de douleur

    Optimisme : être confiant et positif, conditionner son cerveau en vue d’une guérison optimale

    Vascularisation : faire des activités cardiovasculaires pour irriguer les tissus endommagés et augmenter leur métabolisme

    Exercice : favoriser un retour à la normal de la mobilité, de la force et de la proprioception en adoptant une approche active.

    Ou protocole Police : protection, optimal loading, ice, compression, élévation

    Conséquences cliniques

    • explication au patient des processus de guérison
    • Choix de techniques / tests appropriés
    • Dosage du traitement
    • Respect du tissu concerné

    Sources de symptômes

    On ne cherche pas de manière détaillée, on cherche de manière générale.

    Ex : douleur dans l’épaule et le MS

    • Local, somatique : épaule péri-articulaire ou intra-articulaire (labrum, coiffe, GH, AH,…)
    • Référée : cervicale (C5)
    • Neurale : nerf axillaire, nerf médian, etc
    • Autre (circulatoire, neurovégétatif) : diaphragme, foie, rate

    Ex de tableau

    sourceSymptôme 1Symptôme 2Symptôme 3
    Local somatique (péri/intra)   
    Référée somatique (ce qui innerve a zone de douleur)   
    Neurale   
    Viscéral / autre   


    Chargeabilité : sévérité et irritabilité

    Sévérité : petite stimulation provoquant une grande douleur

    Irritabilité : idem qui dure dans le temps

    • csq clinique : très peu chargeable (basse contrainte).
    • Précaution car objectif de la séance est l’antalgie.
    • Objectif du bilan est de ne pas aggraver l’état du patient (2 tests actifs, 2 tests passif)
    • Type de patient souvent associé à un mécanisme nociplastique

    Groupe standard

    • ceux qui ont des douleurs en milieu ou en fin d’amplitude
    • Examen standard : choix des techniques en fonction de la position et du mouvement douloureux (démonstration fonctionnelle)

    Momentary pain

    • Douleur provoquées lors d’une grande activité intense ou de longue durée ou par la combinaison de plusieurs mécanismes
    • Conséquence clinique : haute contrainte (les plus chargeables)
    • Nécessite des tests spéciaux, plus forts, combinés.
    • Nécessite techniques plus puissante pour reproduire les symptômes

    !!!  Conséquences cliniques : aussi bien dans l’examen physique que dans le traitement !!!

    Les facteurs prédisposants

    Tout ce qui vient se surajouter dans le comportement du patient ou dans le traitement et qui vient maintenir et prédisposer le patient à maintenir les symptômes

    • physique (âge, technique, etc)
    • environnement (poste de travail, comment il vit, etc)
    • psycho-sociaux (drapeaux jaunes, croyances erronées, mauvaise compréhension, comportement qui aggrave les symptômes, interet à garder les symptomes)
    • est-ce modifiable ?

    Conséquences cliniques : changer notre management du traitement, faire de l’éducation thérapeutique, changer ses croyances, ses comportements.

    Pronostic et prédiction

    On va chercher à prédire le comportement du patient (comment il va s’améliorer ou s’aggraver), donc ça va nous forcer à être plus précis dans nos hypothèses, test-retest

    Management

    • Qu’a fait mon patient avant moi ?
    • Quelles sont ses attentes ?
    • Quelle alliance thérapeutique ?

    Précautions et contre-indications (drapeaux rouges)

    • Altérations de l’état général
    • cancers, infections, pb neurologiques, vasculaires
    • fractures
    • littérature permettant de déceler les risques

    Processus de raisonnement clinique (PRC)

    Processus de raisonnement clinique de l’université de Montréal

    Ce modèle repose sur l’analyse et l’observation du raisonnement clinique de professions diverses : dentiste, infirmière, médecin, pharmacien et vétérinaire

    Les étapes du raisonnement clinique de l’université de Montréal

    Les chercheurs de l’université de Montréal proposent 8 étapes schématisées pour le raisonnement clinique des praticiens pour mettre en relief les temps d’une consultation.

    Modélisation des étapes de la consultation en masso-kinésithérapie

    Selon la thèse de E. Panchout

    Pain and disability drivers management model (PDDM)

    Site web : https://pddmmodelfr.wordpress.com/

    Le modèle PDDM a été conceptualisé comme un cadre diagnostique pour aborder la complexité de la douleur chronique et de l’invalidité, en particulier dans le contexte de la lombalgie.

    Composition du modèle

    3 dimensions principales

    • les facteurs de la douleur
    • les facteurs de la douleur et de l’incapacité
    • les facteurs de l’incapacité.

    5 domaines clés pour chaque dimension visant à saisir les multiples facettes de la douleur musculo-squelettique en abordant les facteurs biologiques, psychologiques et sociaux qui contribuent à l’état d’un patient :

    • les facteurs nociceptifs
    • les facteurs de dysfonctionnement du système nerveux
    • les facteurs de comorbidité
    • les facteurs cognitifs et émotionnels
    • les facteurs contextuels.

    Marqueurs A ou B pour chaque dimension

    • A fait référence aux éléments les plus courants et/ou modifiables
    • B fait référence aux éléments plus complexes et moins modifiables, qui nécessiteront une approche plus agressive ou une prise en charge interdisciplinaire pour traiter efficacement le domaine problématique.

    Une approche bio-psycho-sociale

    Les professionnels de la santé sont encouragés à utiliser des systèmes de classification des facteurs de dysfonctionnement du système nerveux et nociceptif, tout en traitant les comorbidités, les facteurs cognitifs et émotionnels et les facteurs contextuels par le biais d’interventions ciblées.

    Une prise en charge individualisée

    • Plans de traitement aux facteurs spécifiques de la douleur et du handicap identifiés chez chaque patient. Stratégie de traitement à multiples facettes par la reconnaissance de l’influence des facteurs psychosociaux et environnementaux sur l’expérience de la douleur et du handicap d’un patient.

    Hyoalgésie induite par l’exercice (EIH)

    En gros, l’effet EIH est un phénomène où la douleur diminue pendant et après l’exercice.

    Cette diminution est immédiate pendant une brève période de temps.

    Cette diminution de la sensibilité à la douleur se produit dans les parties spécifiques du corps qui ont été sollicitées par l’exercice (dans le cas des squats, ce seront les cuisses et les fesses)

    Mais, cette diminution de la sensibilité à la douleur va également se produire dans les zones éloignées du corps qui n’ont pas été soumises à cette sollicitation. Donc, dans les squats ce serait le haut du corps.

    Après l’exercice, la diminution de la sensibilité à la douleur persiste pendant 30 minutes dans les zones travaillées, tandis que dans les zones non sollicitées, elle ne dure que 10 minutes.

    Et ces 10 minutes peuvent être mis à contribution. (et n’oubliez pas que lorsqu’on comprend comment ça fonctionne, ces 10 minutes peuvent doubler voir même tripler !).

    QUE VA T IL SE PASSER CHEZ UNE PERSONNE QUI PRÉSENTE UNE DOULEUR ?

    Imaginons que vous avez mal au genou.

    Si vous faites un exercice au niveau des bras cela peut réduire la sensibilité à la douleur non seulement dans les bras mais aussi dans les jambes.

    Par contre, à l’inverse, si vous faites bosser les jambes dans l’exercice, il n’y aura aucune diminution de la sensibilité à la douleur au niveau des genoux mais également à distance comme les bras.

    Donc pour déclencher l’effet EIH il vos toujours stimuler une partie du corps qui ne présente pas de douleur.

    Maintenant dans le cas particulier des douleurs diffuses persistantes, comme la Fibromyalgie, l’effet EIH ne s’enclenche pas lors d’exercices intenses, mais peut être observé lors d’exercices plus légers. Il faut y aller mollo quoi.

    QUELS TYPES D’EXERCICES DÉCLENCHENT CET EFFET ?

    Les exercices isométriques, tt comme les exos d’endurance ou contre résistance entraînent une brève désensibilisation à la douleur.

    Mais les exos isométrique marchent mieux.

    Qu’est ce qu’un exercice isométrique ?

    Faire la chaise contre un mur, par exemple, est un exercice isométrique.

    Les muscles travaillent sans qu’il y ait de mouvement visible dans les articulations. Ils consistent à contracter les muscles et à maintenir la position pendant un certain temps sans changer la longueur des muscles.

    On peut citer aussi le gainage comme exercice isométrique.

    Une contraction isométrique maintenue entre 2 et 9 minutes, ou jusqu’à la fatigue, entraîne une EIH. Une contraction de moins de 2 minutes n’entraîne pas d’EIH.

    PLAN D’ACTION DU THÉRAPEUTE : INTÉGRER L’EFFET EIH DANS VOTRE ROUTINE DE SOINS

    Maintenant que vous en savez plus sur l’effet EIH, voici mon conseil :

    Commencez par des exercices pour les parties du corps non douloureuses pour maximiser les chances d’un soulagement immédiat.

    Rappelez-vous que lorsque votre douleur diminue après l’exercice, c’est peut-être l’effet EIH qui est à l’œuvre. Ce n’est pas une solution magique, mais une réalité à prendre en compte.

    Profitez de l’EIH pour ensuite re mobiliser les zones douloureuses.

    Vous verrez qu’il y aura plus d’amplitude et plus de force musculaire. En d’autres termes, cela ouvre la porte à davantage de possibilités dans votre rééducation !

    Article issu du site de Thierry Lanneau

    Clinimétrie

    Validité des tests

    La validité d’un test est une des composantes de sa clinimétrie.
    Elle est composée, entre autres, de ses valeurs de sensibilité, spécificité, de ses valeurs prédictives et de ses ratios de vraisemblance.

    Sensibilité et spécificité

    Sensibilité

    Au sein d’une population qui présente une maladie, la sensibilité d’un test est le pourcentage de réponses positives au test si la personne est atteinte de la maladie. C’est le pourcentage de vrais positifs.
    Exemple : Si 100 personnes présentent une rupture du tendon du supra-épineux et que l’on réalise un test orthopédique «X» censé permettre de diagnostiquer cette rupture et que le test est positif sur 96 personnes, alors le test présente une sensibilité de 96%. Ce qui est un très bon niveau de sensibilité.
    En pratique, si un test très sensible (proche de 100%) est négatif cela permet d’exclure la maladie du diagnostic. On peut retenir le moyen mnémotechnique SnOut (Sn: sensibility, Out: rule Out)

    Spécificité

    Au sein d’une population qui ne présente pas une maladie, la spécificité d’un test est le pourcentage de réponses négatives au test si la personne n’est pas atteinte de la maladie. C’est le pourcentage de vrais négatifs.
    Exemple : Si 100 personnes ne présentent pas une rupture du supra-épineux et que l’on réalise le même test orthopédique «X» censé diagnostiquer ladite rupture. Si 90 personnes répondent positivement au test, il s’agit alors de 90 faux positifs (puisqu’ils ne présentent pas de rupture). Le test présente donc
    une spécificité de seulement 10% correspondant aux 10 réponses négatives sur des personnes sans rupture.
    Il ne sera pas pertinent d’utiliser ce test «X»de façon isolée pour diagnostiquer la rupture du supra-épineux sur une population générale, même s’il présente une bonne sensibilité, car il présente une mauvaise spécificité.
    En pratique, si un test très spécifique (proche de 100%) est positif cela permet d’inclure la maladie dans le diagnostic. On peut retenir le moyen mnémotechnique SpIn (Sp: specificity, In: rule In).

    Valeur prédictive

    Valeur prédictive positive (VP+)

    C’est la probabilité qu’un patient qui présenterait un test de rupture du supra-épineux positif ait réellement une rupture du supra-épineux en le vérifiant par exemple à l’aide d’une imagerie voire d’une arthroscopie.
    Ceci correspond au rapport entre les patients qui présentent réellement une rupture du supra-épineux (objectivée à l’imagerie) et tous ceux qui ont répondu positivement au test, y compris ceux qui ne présentaient pas de rupture (RAS à l’imagerie ou à l’arthroscopie).
    VP+ =Vrais positifs / (Vrais positifs + Faux positifs)

    Valeur prédictive négative (VP-)

    C’est la probabilité de ne pas avoir de rupture du supra-épineux lorsque le patient présente un test négatif après l’avoir vérifié par une imagerie par exemple.
    Ceci correspond au rapport entre les patients qui ne présentent pas de rupture du supra-épineux (RAS à l’imagerie ou arthroscopie) et tous ceux qui ont répondu négativement au test, y compris ceux qui présentaient une rupture.
    VP- =Vrais négatifs / (Vrais négatif + Faux négatifs)

    Limites des valeurs prédictives

    Contrairement à la sensibilité et à la spécificité, les valeurs prédictives sont influencées par la prévalence de la pathologie dans la population étudiée. Par exemple, si l’on réalise un test de rupture du supra-épineux dans une population de plus de 70 ans, les tests auront de grandes chances d’être positifs. En effet, cette rupture est fréquente dans cette population. En revanche, si l’on réalisait ce même test sur une population de moins de 30 ans il serait peu probable que les personnes dont le test de rupture du supra-épineux serait positif, aient véritablement une rupture, parce qu’à cet âge cela est extrêmement rare.
    Dès lors, le calcul de la VP+ et VP- dépend de la population plus ou moins homogène étudiée et si l’on souhaite utiliser ces valeurs dans le cadre d’une pratique clinique il faut que la population soignée corresponde exactement à la population qui avait été étudiée. Par exemple, les valeurs prédictives des
    tests d’instabilité de l’épaule réalisés sur une équipe de handballeurs professionnels ne pourront pas être transposées par un physiothérapeute dans sa pratique si ses patients ne sont pas du même sexe, de la même tranche d’âge et du même niveau sportif que ceux de l’étude.

    Ratio de vraisemblance (RV ou LR)

    Le rapport de vraisemblance est utilisé pour calculer les probabilités de la maladie après le test, partant d’une probabilité de maladie avant le test. Si le résultat du test est positif, on emploie le rapport de vraisemblance positif (RV+ ou LR+), si le résultat est négatif on emploie le rapport de vraisemblance négatif (RV- ou LR-).

    RV+

    Le RV+ est le rapport entre la probabilité de présenter un test positif quand la personne est malade et la probabilité de présenter un test positif quand la personne n’est pas malade.
    RV+ = Test positif et malade / Test positif et non malade = Sens. du Test / 1-Spec.

    RV-

    Le RV- est le rapport entre la probabilité de présenter un test négatif quand la personne est malade et la probabilité de présenter un test négatif quand la personne n’est pas malade.
    RV- = Test négatif et malade / Test négatif et non malade = 1 – Sens. du Test / Spec.

    Intérêt des ration de vraisemblance

    L’intérêt des rapports de vraisemblance est d’utiliser la sensibilité et la spécificité des tests ce qui, contrairement aux valeurs prédictives, permet d’obtenir un résultat qui ne dépend pas de
    la prévalence de la maladie au sein de la population étudiée. Plus le rapport de vraisemblance est supérieur à 1 plus le test permet d’inclure la maladie.

    Exemple : Si lors d’un test le RV+ =8, cela signifie qu’à la lumière de ce test, le sujet a 8 fois plus de
    risque de présenter la maladie si le test est positif.
    A contrario, plus le rapport de vraisemblance est inférieur à 1 plus le test permet d’exclure la maladie.
    Exemple : Si lors d’un test le RV- = 0,25, cela signifie qu’à la lumière de ce test, le sujet a quatre fois moins de risque de présenter la maladie si le test est négatif.

    Bibliographie

    Les tests orthopédiques de l’épaule : validité et utilité dans le cadre du raisonnement clinique
    en physiothérapie, F. Sour

    Les constantes (TA, PULS, FR, SAT, T°)

    But : évaluer le système cardiovasculaire (TA, puls) et respiratoire (FR) du patient, connaitre son taux d’oxygène sanguin (sat) et évaluer son état physique (T°).

    Pression artérielle (TA) = mesure de la pression exercée sur les artères
    Pulsation (puls) = palper l’artère radiale pour percevoir les battements du cœur et leurs spécificités (amplitude, fréquence)
    Fréquence respiratoire (FR) = compter le nombre de cycle respiratoire sur 1min.
    Saturation (sat.) = mesure de la saturation en oxygène de l’hémoglobine au niveau des capillaires sanguins (SpO2 = saturation pulsée en oxygène)
    Température = mesure de la température corporelle périphérique

    La marche

    Définition

    La marche humaine est une locomotion [cyclique] qui met alternativement les deux jambes en
    jeu avec en permanence au moins un pied en contact avec le sol, afin d’assurer le soutien et la
    propulsion du corps. (Michael Whittle, 1991)

    Schéma de la marche

    Activation musculaire selon la phase de la marche

    Vitesse de marche et dépense énergétique

    Paramètres spatio-temporels

    Vitesse (distance/temps) = 1,3m/s
    Cadence (nombre de pas/ temps) = 1,9 pas/s
    Longueur de pas (distance/nombre de pas) = 0,7m

    Boîteries

    – Flexion importante du genou et de la hanche (steppage).
    – Circumduction du membre inférieur oscillant (marche en fauchant).
    – Élévation du pelvis côté oscillant (hip-hiking en anglais).
    – Élévation du corps sur la pointe du pied en appui (vaulting en anglais).

    Mechanical Diagnosis and Therapy (MDT / McKenzie)

    La méthode McKenzie de diagnostic mécanique et de thérapie (MDT), un système basé sur la classification, a été conçue pour classer les patients en sous-groupes homogènes afin d’orienter le traitement.

    La classification MDT

    Les 3 sous-groupes mécaniques

    La MDT a été conçue pour classer les patients en trois sous-groupes mécaniques

    • Dérangement
    • Dysfonctionnement
    • Syndrome postural
    • Et le reste dans « Autres »

    Une classification basée sur la modulation de symptômes

    Cette classification ne s’appuie pas sur une étiologie anatomopathologique, mais sur les réponses symptomatiques récoltées lors d’un interrogatoire standardisé et de tests cliniques validés1

    En fonction des réponses obtenues, les patients seront provisoirement classifiés dans des groupes « mutuellement exclusif », pour lesquels une prise en charge spécifique sera utilisée. La classification sera confirmée ou ajustée en fonction de l’évolution des symptômes et des signes lors des séances suivantes, pour adapter la prise en charge à l’évolution du patient.
    Les éléments récoltés lors de l’évaluation initiale reposent sur plusieurs éléments :

    Le syndrome de dérangement

    Centralisation des douleurs et préférence directionnelle

    le 1er concerne la notion de Centralisation des douleurs (CD). Cette observation est retrouvée lorsque, en exposant les articulations à des contraintes de fin d’amplitude répétées (Tests des Mouvements Répétés) ou continues (Postures), les douleurs disparaissent de la périphérie pour se rapprocher de la racine du membre, ou se rapprochent de la colonne. Cette réponse symptomatique particulière est obtenue en utilisant une direction de mouvements spécifique. Cette direction a été dénommée la Préférence Directionnelle (PD). Lors de l’application de forces dans la direction inverse, on observe a contrario une Périphérisation des douleurs ;
    le 2e concerne la diminution de la douleur en utilisant la PD et son augmentation en utilisant la direction contraire. La douleur ne change pas de localisation. Cette réponse caractéristique est observée chez certains patients ;
    le 3e concerne l’amélioration des amplitudes articulaires, lors de l’application de forces dans la PD.
    Ces trois types de réponses aux tests des mouvements répétés ou aux postures de fin d’amplitude permettent de constituer le premier sous-groupe, le Syndrome de Dérangement, initialement décrit par McKenzie.

    Dérangement Réductible (DR)

    Le patient présente une Préférence Directionnelle. Il peut être sous-classifié comme Centralisateur (la douleur reste plus proche de la colonne à la fin des tests), Centralisateur partiel (la douleur ne reste pas centralisée à la fin de l’examen), ou Non-Centralisateur (aucun déplacement de la douleur, mais diminution de l’intensité et/ou gain des amplitudes articulaires).

    Dérangement Irréductible (DI)

    Une ou plusieurs directions aggravent ou « périphérisent » les symptômes et/ou bloquent le mouvement, mais aucune ne diminue, centralise ou abolit les douleurs, ni n’améliore les amplitudes.

    Syndrome de dysfonction

    Certains patients répondent différemment. Ils présentent des douleurs uniquement en fin d’amplitude. Cette dernière est limitée. Par contre l’amplitude ne change pas rapidement à la répétition des compressions. Les douleurs ne persistent pas une fois la pression interrompue. McKenzie a dénommé ce sous-groupe particulier, le Syndrome de Dysfonction.

    Syndrome postural

    Une autre catégorie de patients ne présente aucune limitation d’amplitude, ni de douleurs durant les tests de mouvements répétés. Par contre, leurs symptômes apparaissent systématiquement lors du maintien prolongé d’une position de fin d’amplitude et disparaissent immédiatement à son interruption.
    Ce sous-groupe a été dénommé Syndrome Postural.

    Autres

    Tous les patients ne rentrant pas dans ces définitions opérationnelles sont placés dans le sous-groupe Autre. Il inclut, de fait, les pathologies spécifiques connues (pelvi-Spondylite rhumatismale, canal cervical étroit, Sténose foraminale…) mais aussi les patients que l’on ne peut classifier à ce jour.

    Traitement

    Un fois classifiés, les patients sont traités en fonction des caractéristiques trouvées :

    • le Syndrome de dérangement : en utilisant la PD, par des postures ou des mouvements répétés dans cette direction, sur quelques jours ou semaines. La direction opposée est initialement évitée ou limitée, avant de chercher à la réintroduire progressivement, une fois le dérangement stabilisé ;
    • le Syndrome de dysfonction : par des mouvements répétés dans la direction limitée, sur plusieurs semaines ou mois, de façon à reproduire les symptômes sans les aggraver afin de remodeler les tissus, et sans restreindre la direction opposée ;
    • le Syndrome postural : par une prise de conscience des positions nocives et une correction posturale adaptée, au long cours, pour éviter la détérioration des structures.

    Articles

    Cervicalgie : prévalence des syndromes McKenzie et des Préférences Directionnelles

    https://www.em-consulte.com/es/article/1027294/cervicalgie-prevalence-des-syndromes-mckenzie-et-d

    Objecif : étudier la prévalence des syndromes McKenzie, de la Centralisation des douleurs (CD) et des Préférences Directionnelles (PD) de la cervicalgie commune, et leur stabilité entre la 1re et la 5e séance.

    Méthode : Soixante-six kinésithérapeutes français certifiés MDT ont collecté les données de 10 patients consécutifs.

    Résultats : 34 praticiens ont évalué 297 patients. Au bilan initial, étaient retrouvés 92 % de « Dérangement », 2 % de « Dysfonction », 0 % de « Postural » et 6 % de catégorie « Autre ». Une CD était retrouvée dans 75 % des cas. L’extension concernait 84 % des PD, les mouvements latéraux 14 % et la flexion 3 %. L’évaluation finale confirmait 92 % des diagnostics. La CD progressait à 82 % et la PD restait la même dans 59 % des cas.

    Conclusion : cette étude confirme le fort taux du syndrome de dérangement et de CD dans la cervicalgie commune. La classification est confirmée plus de 9 fois sur 10, et la PD change dans 41 % des cas, confortant les études précédentes.

    1. Cervicalgie : prévalence des syndromes McKenzie et des Préférences Directionnelles ↩︎