Syndrome des loges

Définition
Augmentation de la pression intracompartimentale entraînant une diminution de la pression de perfusion provoquant une hypoxémie des tissus. La réduction de la perfusion tissulaire peut entraîner une nécrose irréversible pouvant causer une altération fonctionnelle, une perte du membre et, dans de rares cas, la mort.

Incidence : 7/100 000 hommes, 0,7/100 000 femmes


Anamnèse
– Traumatisme / blessure sportive
– Douleur disproportionnée
– Evolution progressive
– Résistance aux antalgique
– Douleur au repos
– DN4 positif

Examen physique
– Examen neuro positif
– Etirement musculaire douloureux
– Pouls distaux altérés (non perceptible = urgence !)

Examen complémentaire
– Examen de la pression musculaire

Les 5P
Pallor, Pain out of proportion, Pulselessness, Paraesthesia, Paralysis


Thérapeutique
– Antalgique et « wait & see »
– Fasciatomie

Syndrome des loges

Epidémiologie

  • Affection rare mais urgence médicale
  • Incidence aigüe avant-bras : 3 cas / 100 000/an
  • 10 H > 1 F

Facteurs de risque

  • 69% de SDL suite à une fracture
  • Blessure par écrasement
  • Pansement, attelle trop serrée
  • Injection extraveineuse (8% des SDL)
  • Overdose narcotique, coma éthylique
  • Exercice intense avec augmentation trop rapide

Physiopathologie

  • Augmentation de la pression à l’intérieur compartiment musculaire fermé, qui compromet la circulation, entraîne ischémie des structures (muscles, PVN,…) du compartiment. Les fascias/enveloppes sont peu extensibles donc compartiment peu tolérant au variation de pression : lors augmentation de la pression intra-compartimentale (par trauma…) le flux sanguin diminue et entraîne une hypoxie tissulaire cause de lésions musculaires, nerveuses sans intervention chirurgicale
  • Au niveau cellulaire, diminution de la perfusion capillaire ⇒ réduit l’apport en O2 (cellules musculaire et nerveuse) ⇒ hypoxie tissulaire ⇒ défaillance des pompes sodium-potassium des membranes cellulaires ⇒ déséquilibre osmotique ⇒ accumulation des radicaux libres + dommages cellulaires par peroxydation lipidiques ⇒ inflammation locale/acidose +nécrose cellulaire progressive ⇒ dégradation menant à la libération de toxique (potassium, myoglobine)
  • Complications systémiques (insuffisance rénale, trouble du rythme…)
  • => Urgence médicale : complications graves irréversibles surviennent entre 2 à 6h

Diagnostic

  • FDR (fracture, plâtre, phénomène compressif ext ou intrinsèque)
  • Descriptif douloureux disproportionné par rapport à la blessure (signe le plus précoce et sensible), constante et pulsatile non répondant aux analgésiques adéquats
  • Symptômes neuro (perte de fonction brusque et rapide)
  • Hyperalgie /allodynie d’apparition récente

Examen physique

  • Sy douloureux majorés à l’étirement passif des muscles +++
  • Paralysie, paresthésie
  • Oedème à la palpation (peu fiable)

Examen paraclinique

  • Signes cliniques peu fiables (Sn 13-19% + les patients ne sont parfois pas conscient)
  • Surveillance et mesure pression intra-compartimental : delta P = P diastolique (Avant-bras CL sain de référence) – P intracompartmental. Si < 30 mmhg => SDL avec fasciotomie d’urgence
  • => si P intra-compartimental se rapproche trop de la P diastolique alors risque d’ischémie et nécrose tissulaire

Traitements

Chirurgie

Incision cutanée (3cm en dessous du pli du coude jusqu’à la partie prox du poignet sur la partie antéro-lat de l’avant-bras et le fascia = fasciotomie. Exposition complète des muscles fléchisseurs pour une compression efficace. Les PVN auront été identifiés et préservés. Possible incision parallèle sur la face postéro-lat de l’avant-bras si nécessaire. En incisant en cutanée et sous cutanée le fascia , on diminue ainsi la pression intra-compartimentale. On laisse souvent ouvert à ciel ouvert et on laisse cicatriser.

Rééducation

  • Phase post op immédiate (S0-S2) : prévenir la raideur (doigts poignets coude), réduire oedeme et la douleur post-op, favoriser la cicatrisation des plaies
  • Mobilisation + bilan csq neuro (S3-S6) : EMG (différencier les lésions réversible/irréversible) bon ou mauvais pronostic + mob active passive, renfo, sensibilité
    – Si activité nerveuse (potentiel de fibrillation) dès les premières semaines ⇒ bon pronostic
    – Si peu ou pas ⇒ mauvais pronostic (fibrose musculaire, lésion nerveuse trop importante)
  • Récupération fonctionnelle (S6-S12) : tâches fonctionnelle spécifique, neuro-dynamique, augmenter le renforcement (on vise neuro aussi)
  • Retour aux activités (>12s) professionnelles et sportives

Education du patient pour éviter les récidives

Luxation

Facteurs de risque, épidémiologie et physiopathologie

Facteur de risque
– Laxité ou instabilité ligamentaire pré-existante
– Sports à chute
Tête radiale
– Enfant (1 à 5 ans), 2 à 5 cas/1000/an : par traction axiale brusque en pronation (« coude de la nounou »
– Luxation traumatique de la tête radiale

Tête huméro-ulnaire
– 2ème luxation la plus prévalente après l’épaule
– 6 cas/1000/an
– 30 ans, associée à des fractures (AVP, haute intensité pour le jeune, chute pour la personne âgée)
– Chute avec réception sur la main se transmet au coude. La présence d’une laxité provoque la luxation.


Examen physique

  • Douleurs intenses
  • Déformation visible, perte de continuité des structures
  • Perte de mobilité
  • Impotence fonctionnelle totale
  • Engourdissement, picotement dans les doigts : atteinte vasculo-nerveuse

Ecarter la fracture

  • Palpation douce ciblée : tête radiale, olécrane, épicondyles
  • Radio : gold standard

Evaluer les ligaments

  • Objectiver leur présence ou non
  • Estimer la nécessité d’une chirurgie ou pas

Traitement

Tête radiale

  • Réduction en supination/flexion
  • 90% de succès avec réduction immédiate de la douleur et récupération rapide chez l’enfant
  • Risque de récidive réduit avec la croissance
  • Immobilisation 1 à 2 semaine avec mobilisation précoce : importance d’intégrer les parents à la rééducation
  • Pour l’adulte : chirurgie ou anesthésie en urgence

Huméro-ulnaire

  • Réduction en traction/flexion avec poussée sur l’olécrane
  • Immobilisation 1 à 2 semaine avec mobilisation précoce
  • Pour l’adulte : chirurgie ou anesthésie en urgence

Rééducation

  • Mobilisation précoce
  • Renfo prono-supination, préhension
  • Stabilité dynamique
  • Importance de la stabilité dans les plan frontal et sagittal

Facteurs pronostic

  • Type de luxation : simple (90% de récupération fonctionnelle) ou complexe associée des fractures (complication : instabilité résiduelle, raideur articulaire séquellaire, ossification hétérotopique)
  • Qualité de la stabilité post réduction : si instabilité résiduelle en valgus/varus, mauvais pronostic pour la suite sans PEC chirurgicale
  • Qualité des amplitudes et du secteur des amplitudes à 6 semaines : si raideur, risque de complication éventuelle due à une ossification hétérotopique
  • Evaluation neuro-vasculaire : problème neuro ou déficit moteur persistant peut indiquer un lésion complexe nécessitant une intervention

Chirurgie

  • Instabilité persistante (pathognomonique de la rupture ligamentaire)
  • Farcture
  • Respect des délais

Arthropathie

Etiologie

  • Rhumatismale : polyarthrite rhumatoïde, spondylarthrite ankylosante
  • Post traumatique
  • Primaire (idiopathique)
  • Facteurs de risque
  • Travail avec répétition de port de charge lourde
  • ATCD de fracture
  • 4H/1F, >45 ans

Physiopathologie

  • Arthrose post traumatique (phénomène mécanique)
    ancienne fracture intra-articulaire -> instabilité articulaire avec des différences de contraintes si atteinte ligamentaire -> Déséquilibre des contraintes avec incongruence articulaire -> microtraumatismes répétés et baisse de la capacité du cartilage à absorber les chocs -> phénomène inflammatoire puis dégénératif des structures -> atteinte de l’os sous-jacent -> ostéophyte et raideur articulaire
  • Arthrite rhumatoïde (phénomène inflammatoire)
    inflammation synoviale auto-immune -> prolifération anormale de cellules synoviales -> épaississement de la membrane et excès de liquide synoviale (articulation chaude, oedème, raide) -> médiateurs inflammatoires qui dégrade le cartilage -> dégradation os sous-chondral, ligaments -> déséquilibre des contraintes, ostéophyte

Diagnostic

Descriptif douloureux

  • Blocage, ressaut
  • Intermittent : corps perdu
  • Horaire inflammatoire / par poussée

Examen physique

  • Objectiver déviation morpho-statique (valgus physio varie de 5° à 15°)
  • Diminution amplitude articulaire (amplitude passive = amplitude active)
  • Arc douloureux (si mise en contrainte du cartilage), ressaut, bruit plutôt sourd
  • Butées ostéophytiques (très dures) : diminution de l’amplitude articulaire

Tests cliniques de l’articulation huméro-radiale (pas de tests spécifique pour l’arthorse)

Test de stabilité ligamentaire : stress test en varus/valgus (test pronostic)

SALT

Pour détecter pathologie intra-articulaire comme la synovite

PEPPER

Pour détecter une atteinte du cartilage de la tête radial


Paraclinique

  • Radio
  • Classification de Larsen (de 1 à 5) et de Mayo Clinic (1 à 4) : pour connaître le stade de destruction du cartilage
  • Classification de Broberg et Morrey (3 stades) : pour arthrose du coude sans coexsitence de pathologie inflammatoire (post-trauma opéré par exemple)

Traitements

Thérapie par le mouvement : activité physique

  • Aérobie : effet analgésiant et pondère l’impact de l’affection inflammatoire
  • Renforcement musculaire : l’exposition graduelle peut désensibiliser le cartilage ou l’os sous-chondral et permet un remodelage de l’articulation à moyen et long terme
  • Contrôle moteur : rééquilibrer les contraintes appliquées sur l’articulation

Modification de comportements

  • Adhésion à l’activité physique
  • Soumettre l’articulation à des contraintes sans sensibiliser (quantification de stress mécanique)

Epicondylalgie médiale et latérale

Définition
Pathologie douloureuse des tendons qui s’insèrent sur les épicondyles médiaux et latéraux.

Facteurs de risque
Epicondyle latéral (tennis elbow) : tennis et tous les mouvements répétitifs impliquant extension du poignet, des doigts
Homme, 30-45 ans, 7 cas/1000, 10 à 50% des tennismen

Epicondyle médial (golf elbow) : gestes répétitifs impliquant la préhension,le grippe, la pronation et la flexion poignet/main
5 cas/1000, 10% des épicondylalgies


Physiopathologie

Multimodale

  • Pathologie du tendon (surtout CERC) : remaniement des fibres type hyperplasie angio fibroblastique + néovascularisation + désorganisation de la matrice collagénique (témoin de l’excès de contrainte) avec inflammation
  • Modification de la douleur : sensibilisation centrale ou périphérique
  • Altération de la fonction motrice : diminution de la force d’extension du poignet et de la préhension (jusqu’à 40% / 60% de force en moins par rapport au côté sain)

La conjonction de ces multiples facteurs qui peut engendre cette condition douloureuse


Tests orthopédiques

  • Atteinte tendineuse : contraction résistée + mise en tension du tendon + palpaion épicondyle
  • Douleur provoquée en augmentant la vitesse et la charge
  • Imagerie non primordiale dans un premier temps

Diagnostique différentiel

  • Pathologies intra-articulaire (arthrite, arthrose)
  • Atteinte de l’articulation huméro-radial
  • Mécanosensibilité par compression nerveuse (nerf radial ou interosseux postérieur)
  • Douleur référée venant des cervicales (radiculopathie)
  • Laxité

Traitement

  • Exposition graduelle pour désensibiliser et remodeler la structure progressivement
  • Thérapie manuelle avant l’actif : mobilisation spécifique, modulation de symptôme
  • Auto-étirements pour augmenter la tension appliquée sur le tendon
  • Renfo épaule/poignet pour augmenter fonctionnalité de l’articulation du coude
  • Evaluation des composantes non mécaniques
  • Réintroduction de l’activité impactée

Questionnaire PRTEE (Patient-Rated Tennis Elbow Evaluation) : pronostic et PEC


Arbre décisionnel


Vidéos

Tennis Elbow Rehab (Education | Myths | Stretching & Strengthening Exercises)
Par E3 Rehab


Golfer’s Elbow Rehab | Modalities, Load Management, Exercises
Par Physiotutors

Entorse collatérale

Physiopathologie
– RL max d’épaule + flexion du coude
– Contrainte : poids balles + rotateurs médiaux = contrainte en valgus dans le secteur de flexion et de la course en extension

Facteurs de risque
– Traumatisme
– Gestes répétés, mauvaise biomécanique du lancer
– Sport de lancer

Incidence
– LCU : 15-20% des blessures en baseball (championnat universitaire USA)
– Multiple : LCU + LCR + ligament annulaire : 3,5% des blessures graves du coude chez l’athlète avec risque de chute (judo, tennis, athlétisme, …)
– LCR :1-2% des blessures du coude dans sport de lancer, 30% des instabilités postéro-lat du coude


Diagnostic clinique

Histoire traumatique ou microtraumatique
– Chute avec réception sur le bras
– Gestes répétés de lancer à haute intensité (valgus LCU/ varus LCR)

Présence de facteurs de risques
– Sport à haute intensité
– Sport de vitesse à haute intensité donc risque de chute
– Sport avec geste de lancer (contrarié ou répété)

Test orthopédique
– Valgus/varus stress test pour mettre en évidence une laxité ligamentaire
– Coude à 30° de flexion : appliquer une force perpendiculaire à l’axe du bras pour mettre une contrainte en valgus afin de reproduire la douleur et la laxité
Milking manoeuvre : coude à 90° de flexion et humérus stabilisé, attraper le pouce du patient et mettre une contrainte en valgus du coude pour objectiver une laxité

Examens complémentaires
– IRM en cas de laxité + historique
– Radio en position de varus stress test
– Rupture si augmentation du valgus de +30° ou 5-10° de plus que côté CL


Traitement

  • Rupture partielle (lésion ligamentaire bénigne) : kiné avec respect des délai
  • Rupture complète : chirurgie de reconstruction du LCU (ligamentoplastie

Kiné post chirurgie

Phase 1 (S0-S3) : phase inflammatoire

  • Immobilisation à 90°
  • Mobilisation passive entre 0 et 100° avec retrait atèle
  • – Renfo doux poignet et main : lutte contre le déconditionnement + drainage

Phase 2 (S3-S6) : phase de prolifération

  • +10° de mobilisation en flexion/semaine pour amplitude complète en phase 3
  • Travail isométrique du coude et dynamique sous maximale
  • Intensification renfo poignet/main
  • Eviter situation d’instabilité dans huméro-ulnaire à 30° de flexion

Phase 3 (S6) : phase de remodelage

  • Intro Thrower Ten : programme spécifique à la préparation à la phase armée du lancer
  • Intensification du travail et de la mise en contrainte jusqu’à S12
  • Ré-introduction du geste de lancer
  • Remise en contrainte vers valgus/varus au-delà de 30° de flexion

Phase 4 (S12)

  • Préparation retour au terrain à 4/6 mois
  • Retour en compétition à 9 mois

The Throwers 10
Par Madden Physical Therapy


Le programme Throwen Ten
Par UF Health Orthopaedics and Sport Medicine Institute

Thrower Ten en pdf

Neuropathie canalaire (syndrome canalaire)

Définition
Atteintes nerveuses périphériques focalisées par compression d’un nerf au sein d’une zone anatomique étroite le long de son trajet, ce qui perturbe la conduction nerveuse et peut mener à des symptômes moteur et/ou sensitifs.

Physiopathologie
Compression -> Hypoxie -> dégradation axonale
Un axone peut mettre plusieurs mois ou années pour récupérer, une myéline 2 à 12 semaines.


Diagnostic clinique
Anamnèse : facteur de risque de compression et douleurs neuropathiques (DN4)

Neuropathie fibulaire– Atteinte sensitive face latérale de la jambe et dorsale du pied
– Atteinte motrice des releveurs
Neuropathie du nerf cutané latéral de la cuisse– Paresthésie, engourdissement, hyperesthésie/algie
-Atteinte purement sensitive affectant la face latérale de la cuisse
Neuropathie fémorale– Atteinte sensitive : face latérale de la cuisse et médial du tibia
– Atteinte motrice : fléchisseurs de hanche et extenseurs de genou
Neuropathie du nerf tibial– Atteinte sensitive : face plantaire du pied, interne de la cheville
– Atteinte motrice : LFH, LFO, intrinsèques du pied (affaissement voûte plantaire)

Traitement
Médical : antidépresseurs (moins d’excitabilité du nerf) et antalgique
Kiné :
– éducation sur les facteurs de risques modifiables (obésité, croisement de jambes, chute de la personne âgée)
– Traitement des déficits sensitivo-moteurs
– Exercices aérobie pour faciliter la récupération et avoir un effet antalgique

=> Evolution spontanément résolutive dans 60% des cas. Si dégradation au fil du temps : refaire un bilan neuro !

Artériopathie oblitérante du MI

Définition
Pathologie entraînant une réduction progressive du flux sanguin dans les artères des MI en raison de dépôts athéroscléreux sur les parois artérielles.

Prévalence
– 5% entre 40 et 44 ans
– 12% entre 70 et 74 ans

Facteurs de risque
– Tabagisme
– Cholestérol
– Hypertension artérielle
– Sédentarité
– Diabète : augmentation du risque de forme grave conduisant à l’amputation


Diagnostic clinique

Anamnèse
– FDR et comorbidités
– Douleur / inconfort au repos
– Douleur dans les MI à l’effort
– Claudication à la marche (10-30% des cas) aggravée par l’effort comme monter une côte
– Asymptômatique dans 40-50% des cas

Examen physique
– ABI : Ankle Brachial Index
Rapport de la tension cheville/brachial <0.9

Imagerie
– Echo-doppler
– Angioscanner


Diagnostique différentiel
La sténose lombaire peut provoquer une claudication mais de nature neurogène.
Les douleurs se manifestent en position debout ou à la marche et sont aggravée par l’extension dorsale (ferme encore plus le canal lombaire).
Les douleurs sont diminuées en position assise (La flexion espace le canal vertébral)
Les symptômes sont bilatéraux avec altération de la sensibilité et de la force musculaire.
Voir le cluster de Cook pour détecter une sténose lombaire :


Prototype clinique
– Douleur dans une seule jambe
– 50 ans et augmente avec l’âge
– Douleur MI à l’effort
– Claudication à la marche (10-30% des cas)
– Asymptomatique dans 40-60% des cas
– Comorbidité


Thérapeutiques

Médical
– Aspirine et antiagrégant plaquettaire
– Traitement hypertenseur et statines
– Contrôle glycémie
– Arrêt de la cigarette

Chirurgical
– Pose stent
– Pontage avec le réseau veineux
Endartéiectomie

Kiné
– Réorientation (diagnostic différentiel avec le syndrome canalaire)
– Thérapie par l’exercice avec réhabilitation à l’effort
– Progrès de 180m en moyenne attendu
– Potentiellement, nécessité d’aller jusqu’à la reproduction des symptômes

Syndrome neurogène périphérique

Définition
Sensibilisation d’un nerf périphérique, avec apparition d’une douleur nociceptive anormale à l’étirement ou à la compression de ce nerf (mécanosensibilité), sans atteinte sensitive ou motrice.


Physiopathologie
– Inflammation de la partie superficielle du nerf ou du nervi nervorum (nerf qui innerve le nerf)
– Inflammation : facilité pour déclencher des réactions chimiques variées conduisant à un gain de fonction
– Persistance des ses changements malgré la diminution de l’inflammation : la douleur se chronicise


Diagnostique clinique

Prototype clinique
– Multiples mécanismes d’apparition : trauma, sport excessif, station prolongée, …
– Douleurs irradiantes avec topographie variée, suivant +/- le trajet du nerf
– Comportement des symptômes : durent longtemps et facilement déclenchables (sévères et irritables)
– Apparition secondaire à une autre affection (inflammatoire, compensation marche ou debout)

Tests de mise en tension nerveuse

Slump test (test d’affaissement ou « avachi »)

Prone Knee Bend test (PKB) (aussi appelé test de Léri)

Straight Leg Raise test (SLR) (aussi appelé test de Lasègue)


Thérapeutique
Médical : antalgique, AINS, infiltration

Kiné :
– Thérapie manuelle d’interface (massage, mobilisation pour mieux faire glisser le nerf par rapport aux structures alentours)
– Neuro-mobilisation : glissement et mise en tension du nerf avec le techniques utilisées en test (slump, SLR, PKB)
– Renfo musculaire et exercice aérobie intense : amener du sang au nerf pour sa récupération et son homéostasie
– Exposition graduelle aux activités douloureuses

Syndrome de la bandelette Ilio-tibial

Définition
Trouble musculo-squelettique de surcharge qui se manifeste par une douleur lat du genou

Epidémiologie
– Pathologie la plus commune des douleurs latérales de genou chez le coureur
– Prévalence : 6,8% coureurs hommes, 9% des coureuses femmes, 24% des cycliste, 1-5% des nouvelles recrues militaire (fourchette large car pas de gold standard)


Facteurs de risque

– Longue distance : risque augmente avec la distance (marathon++)
– Coureurs débutants (6% diminution tous les 5 ans)
– Augmentation de la charge d’entrainement (+30% en moins de 2 semaines, alors que dans l’idéal, ne pas augmenter de plus de 10% par semaine)

– Femme
– Jeune
– Comorbidité(s)
– Facteurs biomécaniques supposés : pieds plats, valgus statique
– Facteurs biomécaniques plus certains : valgus dynamique lors de la course prolongée (fatigue des abducteurs de hanche)


Physiopathologie
Le modèle de friction (1980) est aujourd’hui dépassé. Il supposait que la répétition de la F°/E° de genou provoquerait un roulement et un frottement de l’ITB sur l’épicondyle latéral. La douleur serait provoquée par l’inflammation de la bourse ou de la bandelette.
Toutefois, il est quasiment impossible d’étirer de plus de 1% l’ITB. Ce n’est donc pas une structure lâche qui pourrait se balader le long de la cuisse.

Le modèle de compression (modèle actuel)
Plusieurs sources potentielles de douleur :
– Extension de la membrane synoviale à proximité
– Fibromasse de la gaine du tendon : tissu fibreux qui viendrait se fixer à force de contraintes en compression
– Coussinet graisseux pour limiter les forces compressives + d’échange avec l’ITB : compression douloureuse
– Compression des bourses maximales entre 20 et 30° de flexion lors de la déambulation


Physiologie biomécanique
Fatigue des abducteurs de hanche lors de la course prolongée
-> Adduction plus importante de la coxofémorale
-> Rotation médiale de genou
=> Compressions plus importantes et prolongée de l’ITB et des bourses associées.


Patient type
– Coureur débutant, longue sortie, augmentation trop brusque du volume d’entrainement
– Femme, jeune, comorbidités
– Faiblesse des hanches, valgus dynamique à la course
– Douleur insupportable à l’effort qui force à l’arrêt. Peu de retentissement en dehors des activités sportives (c’est plus la répétition que la vitesse qui majore la douleur)
– Apparition brusque des douleurs avec sévérité importante durant la course.


Examen clinique
Test de Noble : répétition de F°/E° en compression : douleur reproduite surtout à 30° de flexion (peu d’étude de fiabilité du test).


Traitements
Principe pour la bandelette ilio-tibial : ne pas travailler dans la douleur. S’arrêter dès l’apparition de la douleur.
Renfo et gestion du mode de vie :
Renforcement des MI pour limiter le valgus dynamique et répartir la contrainte sur tout le membre inférieur.
Education : quantification du stress mécanique, modification du programme d’entrainement, mode de vie (cigarette, alcool, sommeil)
– Etirements et massages non recommandés


Vidéos

IT Band Pain / Iliotibial Band Friction Syndrome (Myth Busting | Exercises | Rehab)
Par E3 Rehab

Récapitulatif de la vidéo


ITB Syndrome Rehab Guide | Iliotibial Band Syndrome/ITBS
Par Physiotutors

  • Récapitulatif de la vidéo
  • Traitements non recommandés : étirements et massage sur rouleau. Le ITBS étant probablement un syndrome par compression, cela risquerait d’empirer les symptômes.

  • Rééducation pour les coureurs en 3 points :
    – Peak load : la charge maximum par un entrainement en Heavy Slow Resistance
    – Rate of loading : le stockage et la libération de l’énergie par un entraînement pliométrique
    – Cumulative loads : retour progressif à la course incluant un réentrainement à la course

  • Les 5 étapes à la rééducation du ITB pour les coureurs :
    1. Phase de douleur : patients obligés de cesser la course, ressentant la douleur en descente d’escalier ou à la marche rapide. Le patient doit alors cesser les activités causant le douleur en maximisant les activités qui n’en causent pas. Il peut remplacer la course par une marche sur un tapis roulant en montée, vélo avec une assise basse, un renforcement des abducteurs, la natation
    Exercices à basse contrainte :
    Abduction de hanche
    Exercice de Thomas avec extension active de la hanche
  • 2. Phase en charge : quand le patient peut descendre les escaliers sans douleur
    – Heavy sloow resistance training (HSR)
    – Poursuite de la marche en montée sur tapis roulant
    Même exercice que la phase 1 en plus difficile :
    Planche latérale, single leg bridge, abduction sur une jambe contre résistance, squat bulgare
  • 3. Pliométrie : stockage et restitution de l’énergie durant la course
    – Sauts en pliométrie : squat sauté, fente sauté, sauts latéraux alternés
    – Course avant contre une résistance élastique
    – Fentes sautés alternées, saut avec réception sur une jambe, cloche pied en avant et en arrière
  • 4. Retour au niveau de course
    – Augmenter la largeur des pas pour diminuer les contraintes sur l’ITB
    – Augmenter l’espace entre les genoux
    – Maintenir le bassin aligné pour éviter l’affaissement d’un hémibassin (signe de Tredelenbourg)
    – Augmenter la cadence (avec un métronome par exemple) pour réduire la contrainte sur le genou et sur la hanche en adduction. (une étude (Willy & Al, 2012) à démontrer que le renforcement des fessiers ne changeait pas la mécanique de la course).
  • 5. Retour à la course en descente et au trail
    – Augmentation graduelle du volume de course
    – Ajout progressif de course en descente et en trail durant des sorties séparées