Drapeaux rouges cervicales

Fractures

Âge avancé
Historique de traumatisme
Utilisation de corticostéroïdes
Ostéoporose
C-Spine rule

Pathologie / dysfonction artérielle cervicale

FDR
– fumeur ou ancien fumeur
– migraines
– cholestérol total élevé
– infection récente
– hypertension
– contraception orale
– ATC familial d’AVC
Symptômes
– maux de tête
– douleurs cervicales
– perturbations visuelles (vision double)
– paresthésies MS / face / MI
– étourdissements
– nausées, vertiges
– vomissements
– faiblesse des membres
– changements papillaires
Signes cliniques
– ptose
– faiblesse MS / MI
– PF
– dysphasie /dysarthrie / aphasie
– instabilité axiale
– nausées / vomissements
– somnolence / perte de conscience
– confusion
– dysphagie
Réorientation
Pas de guide pratique clinique standardisé
Echo-doppler, IRM, artériographie, tomodensitométrie

Myélopathie cervicale

Symptômes neurologiques
– troubles sensoriels
– perte de force musculaire dans les extrémités
– dysfonction vésicale
– dysfonction intestinale
Cluster de Cook
Probabilité de myélopathie cervicale (à 94%) si au moins 3/5 tests positifs :
– anomalie à la marche
– test de Hoffman +
– signe de supination inversée
– test de Babinski +
– âge > 45 ans

Infection

FDR
– immunosuppresseurs
– plaie ouverte
– consommation de drogues par voie intraveineuse
– exposition à des maladies infectieuses
Symptômes et signes :
– fièvre
– sueurs nocturnes

Tumeur

– Historique de cancer
– Pas d’amélioration des symptômes après 4 semaines de traitement
– Perte de poids inexpliquée (5 à 10% en 3 à 6 mois)
– Âge > 50 ans
– Difficulté à avaler
– Maux de tête
– Vomissements

Maladies systémiques

Exemples : Herpès zoster, spondylarthrite ankylosante, arthrite inflammatoire, arthrite rhumatoïde
– maux de tête
– fièvre
– éruption cutanée unilatérale
– douleur brûlante
– démangeaisons

Viscères

Certaines douleurs référées vers le quadrant supérieur du corps, y compris la région des cervicales,  peuvent être provoquées par des troubles :
– gastro-intestinaux (hernie hiatale, reflux gastro-œsophagien)
– biliaires (cholécystite)
– rénaux (pyélonéphrite, calcul rénal)
– hépatiques (hépatite virale)
– cardiaques (infarctus du myocarde)
– pulmonaires (embolie pulmonaire)

Dysfonctions ligamentaires

Symptômes évocateurs
– intolérance aux postures statiques prolongées
– fatigue et incapacité à tenir la tête haute
– mieux avec un soutien externe (mains, collier)
– besoin fréquent d’auto-manipulation
– sensation d’instabilité, tremblement ou manque de contrôle
– épisodes fréquents de douleurs aiguës et soudaines
Examen physique
– mauvaise coordination/contrôle neuromusculaire
– jeu articulaire anormal
– mouvement non régulier dans toute l’amplitude du mouvement
Test du ligament transverse
Sharp Purser test
– patient assis et tête semi-fléchi
– bloquer  le processus épineux de C2
– effectuer une translation postérieure de la tête par une poussée sur le front
=> Positif en cas d’amplitude importante / ressaut
Test du ligament alaire
– patient en décubitus dorsal
– Fixer l’axis (main sous le cou)
– Effectue une rotation ou inclinaison passive de la tête
Le ligament est intègre si on ressent un arrêt dur en fin d’amplitude
En cas d’amplitude excessive, le test est positif

Cervicalgie – Recommandation (2017)

Douleurs au cou avec déficits de mobilité

Symptômes communs

  • Douleur au cou central et/ou unilatérale
  • Limitation de mouvement du cou qui reproduit les symptômes
  • Douleur associée à la ceinture scapulaire ou aux membres supérieurs peut être présente

Résultats attendus à l’examen

  • Amplitude cervicale limitée
  • Douleur au cou reproduite en fin d’amplitude active ou passive
  • Mobilité segmentaire cervicale et thoracique réduite
  • Douleur au cou et douleur référée reproduite
  • Test de la mobilité intersegmentaire révèle des restrictions caractéristiques
  • Douleur de cou ou douleur référée reproduite par un test de provocation du segment cervical ou thoracique impliqué ou de la musculature cervicale
  • Déficit de force et de contrôle moteur cervico-scapulothoracique peut être présent chez des individus avec des douleurs de cou subaiguê ou chronique

Stratégies d’intervention

Aiguë

  • Manipulation thoracique
  • Manipulation ou mobilisation cervicale
  • Amplitude cervicale, étirement, exercice de renforcement isométrique
  • Conseil pour rester actif et mobilisation et exercice isométrique des cervicales à la maison
  • Exercices supervisées comprenant étirement, renforcement et endurance cervico-scapulothoracique et MS
  • Exercice de condition physique générale (rester actif)

Subaiguë

  • Manipulation ou mobilisation cervicale
  • Manipulation thoracique
  • Exercice d’endurance cervico-scapulothoracique

Chronic

  • Manipulation ou mobilisation cervicale
  • Manipulation thoracique
  • Exercices combinés cervico-scapulatothoracique et mobilisation/manipulation
  • Exercices mixtes pour les régions cervico-scapulothoraciques : exercices neuromusculaire (coordination, proprioception et entrainement postural), étirement, renforcement, entrainement d’endurance, conditionnement aérobie, éléments cognitifs et affectifs
  • Exercices supervisés et individualisés
  • Dry needling, laser de bas niveau, ultrason, traction mécanique intermittente, stimulation cérébrale répétitive, TENS, stimulation musculaire électrique

Douleur au cou avec trouble de la coordination

Symptômes communs

  • Mécanisme d’apparition lié à un traumatisme ou whiplash
  • Douleur associée à la ceinture scapulaire ou aux membres supérieurs peut être présente
  • Signes et symptômes de commotion cérébrale non spécifique associés
  • Vertige, nausée
  • Mal de tête, trouble de la concentration ou de la mémoire, confusion, hypersensibilité aux stimuli mécaniques, thermiques, acoustiques, olfactifs ou lumineux, détresse affective accrue

Résultats attendus à l’examen

  • Test positif de la flexion cervicale crânienne
  • Test positif pour l’endurance des muscles fléchisseurs du cou
  • Positif à la pression de l’algomètre
  • Déficit de force et d’endurance des muscles du cou
  • Douleur de cou en amplitude moyenne qui empire en fin d’amplitude
  • Les points sensibles peuvent inclure des triggers point
  • Les troubles sensorimoteurs peuvent inclure une altération de l’activation musculaire, un déficit proprioceptif, d’équilibre postural ou de contrôle
  • Douleur de cou et douleur référée sont reproduite par des tests de provocation des segments cervicaux impliqués

Stratégies d’intervention

Aiguë si le pronostic indique un rétablissement rapide et précoce

  • Education : conseil pour rester actif, bouger comme d’habitude
  • Exercices à la maison : sans douleur, amplitude cervicale et élément postural
  • Surveiller les progrès notable
  • Réduire le port de collier

Subaiguë si le pronostic oriente vers une trajectoire de récupération prolongée

  • Education : activation et conseil
  • Exercices combinés : mouvement actif cervical et renforcement isométrique à basse contrainte et thérapie manuelle (mobilisation, manipuation) et adjuvants (froid, chaud, TENS)
  • Exercices supervisés : mouvement actif cervical ou étirement, renforcement, endurance, exercice neuromusculaire (posture, coordination, stabilisation)

Chronic

  • Education : connaissance, encouragement, réassurance, gestion de la douleur
  • Mobilisation cervicale et progression d’exercice individualisée : renforcement à basse contrainte de la cervico-scapulothoracic, endurance, souplesse, entrainement fonctionnelle utilisant les principes de la thérapie cognitive et comportementale, la rééducation vestibulaire, la coordination yeux/cou, et la coordination neuromusculaire
  • TENS

Douleur au cou avec mal de tête (cervicogénique)

Symptômes communs

  • Douleur unilatérale discontinue avec mal de tête associé
  • Mal de tête précipité ou aggravé par les mouvements du cou et les positions/postures maintenues

Résultats attendus à l’examen

  • Test de flexion rotation cervicale positif
  • Mal de tête reproduit avec un test de provocation des segments cervicaux supérieurs
  • Amplitudes cervicales limitées
  • Déficit de force, d’endurance et de coordination des muscles du cou

Stratégie d’intervention

Aiguë

  • Exercice : automobilisation C1-C2 en SNAG (Sustained Natural Apophyseal Glide)

Subaiguë

  • Mobilisation et manipulation cervicale
  • Exercice : automobilisation C1-C2 en SNAG

Chronic

  • Manipulation cervicale
  • Manipulation cervicale et thoracique
  • Exercice pour la région cervicale et scapulothoracique : renforcement, endurance, exercices neuromusculaires incluant contrôle moteur et des éléments de biofeedback
  • Combinaison de thérapie manuelle et d’exercice

Douleur au cou avec douleur irradiante (radiculaire)

Symptômes communs

  • Douleur au cou douleur irradiante dans l’extrémité impliquée
  • Paresthésie ou engourdissement dans l’extrémité supérieure du dermatome, faiblesse musculaire au niveau du dermatome

Résultats attendus de l’examen

  • Douleur au cou ou douleur irradiante en lien avec le cou reproduite ou réduite avec un test de radiculopathie : regroupement de tests positifs inclut la mobilité des nerfs du MS, test de Spurling, la distraction cervicale, les degrés d’amplitude cervicale
  • Possible déficit des extrémités du MS au niveau sensitif, de la force ou des réflexes assciés aux racines nerveuses impliquées

Stratégie d’intervention

Aiguë

  • Exercice : mobiliser et stabiliser les éléments
  • Laser à bas niveau
  • Possibilité de porter un collier à court terme

Chronique

  • Exercice combiné : étirement, renforcement et thérapie manuelle pour les régions cervicale et thoracique
  • Education : conseil pour encourager à participer à des activités physiques et professionnelle
  • Traction intermittente

Cervicalgie avec indice de suspicion élevée

L’indice de suspicion

Il n’existe pas de red flag absolu. L’indice de suspicion permet de se positionner pour savoir si on doit suspecter une pathologie grave et réorienter ou non.


Fracture

Première cause de fracture : AVP

La Canadian C-Spine Rule permet de savoir si on doit faire une radio ou non. (très bonne clinimétrie)

Voir Cervicalgie – Règle de la C Spine


Les instabilités ligamentaires

Lésion du ligament transverse qui protège la ME du processus odontoïde. En cas de suspicion : réorienter vers le médecin, voire les urgences

Population à risque :

  • Patient avec la maladie Ether-Danlos (atteinte du tissus conjonctif)
  • Post trauma (entorse ou ligament rompu)
  • Chirurgie récente

Diagnostic

  • Signes subjectifs : difficultés à tenir la tête, sensation d’instabilité, bruits au niveau du cou
  • Examen physique : extrême mobilité
  • Test Sharp Purser : maintien du processus épineux de C2 et flexion puis extension cervicale du patient. Test positif en cas de ressaut.

Dysfonctions artérielles

  • Dissection artérielle si trauma récent
  • Occlusion artérielle si FDR cardio-vasculaire (sédentarité, alcool, tabac)
  • Examen physique peu fiable

Anamnèse : 5D 3N 1A (urgence)

  • 5D : Diplopie, Dysphagie, Drop attack, Dizziness, Dysarthrie
  • 3N : Nausée, Nystagmus, Numbness (engourdissement surtout au visage)
  • 1A : Ataxie

1 signe : urgence


Myélopathie

Rétrécissement au niveau du cordon médullaire -> compression de la ME

Règle de prédiction de Cook

  • Âge > 45 ans
  • Anomalie de la marche : chute, marche déviée, besoin de s’asseoir
  • Hyperréflexie : Hoffman, Babinski, supinateur inversé positif

2 signes -> réorienter


Névralgies amyotrophiantes

Ex : Parsonage Turner

  • Douleur violente d’apparition à l’épaule
  • Suivie d’une paralysie et d’une amyotrophie
  • Muscles de la ceinture scapulaire et parfois distaux
  • Recherche d’un épisode viral : les problèmes viraux peuvent amener à des problèmes nerveux

-> redirection


Métastase médullaire

Syndromes centraux en lien avec l’altération de l’état général. Les métastases osseuses thoraciques sont très souvent les premiers foyers osseux des métastases


Pancoast-Tobias

Tumeur de l’apex pulmonaire. Quand elles grossissent, elles peuvent comprimer le bas du plexus brachial et donner des syndromes radiculaires (C8-T1)

Cervicalgies avec excès de contrainte

Processus articulaires postérieurs

Physiopathologie

Excès de contrainte sur les PAP ou facettes postérieures provoquant des informations nociceptives (pas forcément visible à l’imagerie)

PAP pourraient provoquer des douleurs projetées (irradiation) :

  • C1/C2/C3 (rachis cervical sup) irradie en casque -> à l’origine de certaines céphalées cervico-génique
  • C5/C6 irradient plus dans l’épaule

Diagnostic

Examen subjectifExamen physique
– Historique d’excès de contrainte
– Douleur en extension et/ou en rotation
– Possible douleur référée
– Diminution de mobilité globale et intervertébrale
– Douleur PA
– Test d’extension-rotation
– Test de flexion-rotation (cervicales hautes)
  • Excès de contrainte ou diminution de la capacité à accepter la contrainte : sensibilisation de la structure qui peut entraîner de la douleur
  • Diminution de la mobilité intervertébrale à un étage précis
  • Test spécifique de flexion-rotation : flexion max + rotation

Traitement

  • Priorité : gestion de la charge
  • SIN : petit mouvement de mise en contrainte provoque la douleur
  • – Traitement de la mobilité : mobilisation passive, spécifiques, globale, active, PA grade 3-4
  • – Traitement de la douleur : mobilisation, activation musculaire, PA grade 1-2

Syndrome myofascial

Physiopathologie

Douleur d’origine musculaire (douleur projeté possible)

Physiopathologie non claire aujourd’hui : excès de contrainte sur les muscles provoquant des infos nociceptives / triggers points / création de complexes fibreux engendrant douleur / manque d’oxygénation du muscle

Diagnostic

Examen subjectifExamen physique
– Historique d’excès de contrainte
– Possible douleur référée
– Amélioration par auto-massage
– Reproduction des symptômes connus
– Muscle douloureux quand mis en contrainte

Traitement

Gestion de charge

  • Contraction du muscle pour oxygénation et diminution de la douleur
  • Massage, étirement

Torticolis

Autres dénominations : Acute neck pain

Physiopathologie

  • Douleur axiale aiguë
  • Début : nociception des PAP
  • Spasmes musculaires (profonds et/ou superficiels)

Diagnostic

Examen subjectifExamen physique
– Apparition brutale
– Sensation de « malposition »
– Fort impact fonctionne
– Diminution de mobilité globale
– Diminution de mobilité inter-segmentaire
– Diminution de mobilité inter-vertébrale
– Sensibilité globale de la zone

Traitement

  • Diminution des douleurs à court terme
  • Mobilité dans les secteurs disponibles
  • Traitements passifs
  • Eviter la chronicisation : éduquer sur les conduites à tenir, réassurance pour éviter coping passif (décorrélation douleur/gravité structurelle)
  • Détournement attentionnel (réalité virtuelle)

Cervicalgies avec déficit de contrôle moteur

Physiopathologie

inhibition des muscles fléchisseurs profonds : les fibres musculaires sont infiltrés par de la graisse entraînant la dégénérescence des fibres musculaire.

  • Douleur liée à la contusion
  • Appréhension liées à l’événement traumatique potentiel
  • A long terme : modification des fibres, perte d’endurance, changements posturaux, centre oculo-moteur perturbé

Pronostic

  • Pas très bon avec persistance des symptômes à 1 an (50%)
  • Plus l’événement initial est violent, plus les symptômes persistent
  • Lié à l’auto-efficacité

Diagnostic

Examen subjectifExamen physique
– Historique de traumastisme
– Intolérance aux postures statiques prolongées
– Fatigue et difficulté à tenir la tête en l’air
– Diminution des symptômes avec un soutien externe
– Besoin de s’auto-manipuler
– Sensation d’instabilité
– Mouvements aberrants
– Diminution de mobilité
– Hypomobilité du rachis thoracique haut
– Cranio-cervical flexion test positif (évaluation de la force des muscles fléchisseurs profond)
– Test d’endurance positif
– Test de proprioception positif

Traitement

  • Activation analytique des muscles profonds
  • Activation des muscles profonds dans des situations fonctionnelles
  • Traitement des problèmes comportementaux (coping passif) et émotionnels

Cervicalgies avec douleurs irradiantes

Définition et catégorisation

Douleur à distance

Douleur à distanceOrigineExpression
ProjetéeStructure non nerveuse (articulaire ou musculaire)Zones globales et sourdes
IrradianteStructure nerveuseTrajet

Algorithme d’identification

La radiculopathie s’exprime par un déficit neurologique : atteinte de la fonction du nerf (motrice, sensitive, réflexe)

La douleur radiculaire s’exprime par un gain neurologique (sensitif) : hyperalgie, allodynie

Le syndrome radiculaire, associé à la racine, associe radiculopathie et douleur radiculaire


Mécanosensibilité

Physiopathologie

  • Douleur nociceptive en lien avec inflammation de l’épinèvre (nervi nervorum)
  • Sensibilité du nerf à sa mise en contrainte
  • La sensibilité à l’étirement peut varier d’un individu à l’autre. On peut être très sensible sans qu’il y ait d’inflammation. Par précaution, toujours faire une comparaison bilatérale.

Diagnostic

Examen subjectifExamen physique
– Historique d’excès de contrainte
– Sensation d’étirement
– Palpation des troncs nerveux positif
– ULNT positif (pas très spécifique, met en tension plusieurs structures)

Traitement

  • Priorité : gestion de charge
  • SIN élevé : glissement nerveux uniquement
  • SIN faible : glissement + mise en tension
  • Intégration à des situations fonctionnelles
  • Posologie faible des traitement neurodynamique : le nerf s’irrite plus vite

Douleur radiculaire

Physiopathologie

  • Situation anormale de la racine : processus inflammatoire /mécanique
  • Pas d’altération de la conduite nerveuse
  • Gain de fonction nerveuse

Diagnostic

Examen subjectifExamen physique
– Douleur de type neuropathique : DN4 (picotement, chaleur, froid douloureux, brûlure, électricité)
– Douleur dans le bras > douleur dans les cervicales
– Recherche de modulation de la douleur (par les cervicales) en intensité ou en centralisation
– Hyperalgésie
– Cluster de Wainner
– Cluster de Grondin et al
Cluster de WainerCluster de Grondin et al.
ULNT Médian +
Rotation <60°
Test de Traction/distraction +
Spurling +
Spurling +
Shoulder abduction test
2 ULNT/4 positifs

Traitement

  • SIN élevé : neurodynamique faible dose (glissement), modulation de symptôme
  • SIN faible : neudynamique, ré-intégration de mouvements fonctionnels, modulation de symptômes
  • Non spécifique : cardio, mobilité, renfo autour (traitement multimodaux)

Radiculopathie

Physipathologie

  • Neuropathie de la racine nerveuse
  • Mécanisme par ischémie prolongée
    • Neuro-inflammation : l’ischémie est empirée par le gonflement de la zone
    • Démyélinisation
    • Dégénération axonale
    • Altération du transport axonal : perte de fonction
  • Potentiel oedème ischémique qui fibrose (sans récupération possible)

ATTENTION

  • Si perte de fonction légère sans amélioration dans la semaine : réorienter
  • Si perte brutale avec testing à 3/5 et 10cm2 de sensibilité : réorienter de suite

65% de résolution spontanée à 1 an, mais savoir identifier les cas graves

Diagnostic

Examen subjectifExamen physique
– Douleur de type neuropathique possible
– Difficultés aux gestes rapides
– Douleur dans le bras > douleur dans les cervicales
– Sensation de perte de force
– Sensation de modification de sensibilité
– Examen neurologique (force, sensibilité, réflexe)
– Observation d’amyotrophie
– Examen de la mécanosensibilité potentiellement positif
– Recherche de modulation des symptômes par les cervicales
– Test de traction-distraction positif : gain de sensibilité / force
  • Absence de douleur possible -> signe de gravité
  • Si modulation de symptômes impossible : renvoie chez le médecin

Traitement

  • Priorité : amélioration de la fonction
  • Douleur comme outcome : secondaire
  • Restaurer l’homéostasie : position ou mouvement qui restaure la vascularisation du nerf
  • Activité non spécifique
  • Travail sur comportement : dissocier douleur/danger, coping actif (auto-efficacité), apprendre à reconnaître si les symptômes empirent

Syndrome de la traversée thoraco-brachiale (STTB)

Autres dénomination

TOS : Thoracic Outlet Syndrome

Définition : le STTB est un syndrome consécutif à une compression du paquet vasculo-nerveux de la région cervico-scapulaire.
Il regroupe un ensemble de signes et symptômes dans 5 catégories : veineuse, artérielle, nerveuse, traumatique et neurotypique,


Manifestations cliniques
– Douleur à l’épaule qui irradie dans le MS mais pas de manière systématisée sur un tronc ou une racine.
– Apparition insidieuse et progressive (sauf trauma)
– Amyotrophie distale avec perte fonctionnelle qui va toucher la force et la dextérité du MS
– Absence de symptômes articulaires
– HDM : répétition de mouvements en fin d’amplitude du MS (loisir, métier)
– Symptômes spécifiques à des positions données
– STTB veineux : signe thrombose, sudation (anomlie flux veineux)
– STTB artériel : signe de coloration, recoloration de la peau et pouls périphérique


Epidémiologie
– 90% des STTB sont neurologiques
– Plus de femmes touchées
– Prévalence : 3 à 80 pour 1000

Facteurs de risque
– Trophicité musculaire : phénotype filiforme
– Posture atypique : hyperextension cervicale, enroulement épaule, cyphose, etc
– Proximité d’une situation de grossesse (variation hormonale ? contrainte mécanique ?)


Physiopathologie
Majoration de la pression exercée sur le PVN
Les causes peuvent être :
– Congénitale (côte surnuméraire), tumeur, kyste.
– Fermeture du canal acromio-claviculaire (acquis) par : trapèze supérieur pas assez fort, fracture de la clavicule, traumatisme cervicale, fibrose musculaire, gestes répétitifs en fin d’amplitude au niveau de l’épaule
Mécanisme principal par ischémie
La compression extrinsèque entraîne :
– une compression mécanique responsable d’une mécanosensibilité des tissus conjonctifs environnant et d’un oedème.
– une compression vasculaire responsable d’une hypoxie et aussi d’un oedème.
L’oedeme exerce une pression sur les capillaires sanguins majorant ainsi l’hypoxie. L’auto-entretien de l’ischémie forme ainsi un cercle vicieux (voir schéma)


Diagnostic différentiel d’exclusion
Liste des patho à éliminer avant d’évoquer un STTB :

Les pathosElimination
Syndrome du petit pectoral : compression PVN en dehors de la traversée thoraco-brachiale (syndrome canalaire assez minoritaire)PEC centrée sur le petit pectoral qui améliore les symptomes
Lésion du plexus brachial : mécanisme d’étirement et d’élongationPas même histoire que STTB (patho non compressive chronique)
Douleurs projetées de la région cervicalePas de symptôme neurologique périphériques compressifs et pas systématisé sur un territoire d’une racine nerveuse
Radiculopathies cervicalesSystématisation des symptômes avec une racine cervicale en particulier + examen neuro périph
Syndrome sub-acromial : tendinopathie de coiffe et autres sans patho neuro-vasculaire de l’épaulePas de paramètre neurologique
Pathologie de sur-sollicitation du coude et de l’avant-brasPas de symptômes compressifs au niveau de l’épaule
Pathologies acromio-claviculaire irradiantesPas de composante neurogène
SDRCPas de modification douleur par compression au niveau de l’épaule

Examen clinique

  • – Présence de FDR : surtout postural, donc jouer sur la posture pour modifier les effets de compression.
    – Absence de signe articulaire : amplitude articulaire passive de l’épaule symétriques.
    – Amyotrophie distale : éminence thénar et hypothénar

Les tests
Aucun n’est pathognomonique
Test de Spruling : compression vertical sur le rachis cervical en inclinaison du côté douloureux.
Test d’Adson (pour STTB artériel) : MS en RL, Ext° et Abd épaule coude tendu + ext° et rotation tête vers le côté lésé. Le patient bloque sa respiration 10s, le MK prend le pouls de l’artère radiale.
Test de Roos : les 2 bras en R3 et fermetures/ouvertures des doigts pendant 3mn. Regarder s’il y a des variations de couleur entre les 2 extrémités.


Traitement conservateur
– Hygiène de vie et comportement : limiter les activités reproduisant les symptômes, adapter sa posture (ergonomie)
– Limiter la sédentarité : pratique physique régulière, meilleure tolérance périphérique à la contrainte
– Qualité de sommeil
– Alimentation : non inflammatoire
– Rééducation : abord lié aux symptômes, renforce/hypertrophie musculaire, modification psycho-comportementale
– Modulation de symptômes : thérapie manuelle
=> 90% de réussite du traitement conservateur : pronostic très favorable.

Chirurgie : stratégie globalement controversée
Principalement atteintes vasculaires majeures et/ou atrophie muscle intrinsèques de la main.


Vidéo

Récapitulatif

  • Ce n’est pas un diagnostic selon la classification internationale des maladies (ICD)
  • Syndrome complexe
  • Pour le détecter : exclure les autres pathologies qui peuvent provoquer des symptômes vasculaires ou nerveux dans le bras
  • Le STTB peut être diviser en STTB vasculaire (artériel ou veineux) ou STTB nerveux (98% des cas)
  • La littérature différencie vrai STTB et STTB symtomatique

Cause d’un vrai STTB

Anomalies congénitales

  • Processus transverse C7
  • Côte cervicale
  • Muscles scalène trop épais

Cause d’un STTB symptomatique (intermittent, dû à une mauvaise posture)

  • Abaissement antérieure de la cage thoracique
  • Des épaules tombantes
  • Cou fléchi en avant

Incidence

  • 8% de STTB
  • 98% STTB nerveux et 2% vasculaire
  • Ratio H/F 1:2 – 1:4
  • Rare chez les enfants

3 sites de compression du plexus brachial possible

  • Entre le scalène antérieur et le scalène intermédiaire (porte du scalène postérieur). Le STTB veineux ne peut pas se produire ici puisque la veine subclavière ne passe pas par ici.
  • L’espace costoclaviculaire, entre la clavicule et la première côte
  • Le tunnel subcoracoïde, sous le tendon du petit pectoral

Test de Roos

Le test

  • Les 2 bras en R3, coudes légèrement derrière le plan frontal
  • Ouvrir et fermer les mains pendant 3 mn

Test positif si

  • Sensation de lourdeur
  • Douleur ischémique
  • Faiblesse du/des bras
  • Engourdissement / picotement dans les mains

Attention à une éventuelle décoloration des mains

Une fatigue légère ou une sensation de détresse ne sont pas des indicateurs d’un test positif


Test d’Adson

Pour tester l’écrasement du plexus brachial entre le scalène antérieur et le scalène moyen

Le test

  • Epaule en RL, légère ABD et légère EXT
  • Prendre le pouls radial
  • Puis demander au patient de regarder en haut et faire une rotation vers l’épaule testée
  • Demander lui d’inspirer et de retenir son souffle

Test positif si

  • Reproduction des symptômes du patient
  • Ou disparition du pouls radial

Eden test

Pour tester l’espace costoclaviculaire

Le test

  • Prendre le pouls radial du patient
  • Puis faire une traction de l’épaule et une compression de la clavicule du patient

Test positif si

  • Reproduction des symptômes
  • Ou disparition du pouls radial

Test de Wright

Aussi appelé test en hyperabduction

Le test en 2 étapes

1ère étape

  • Amener l’épaule à 90° d’ABD
  • Faire une RL passive de l’épaule et fléchir le coude à 90° (pour étirer le tendon du petit pectoral)

Test positif si

  • Disparition du pouls radial
  • Reproduction des symptômes du patient

2ème étape

  • Faire une abduction jusqu’à 180° pour provoquer une compression de l’espace costoclaviculaire

Test positif si

  • Disparition du pouls radial
  • Reproduction des symptômes du patient

Cervical Rotation Lateral Flexion Test / Hypomobilité de la première côte

Hypomobilité de la première côte dans l’ouverture supérieure de la cage thoracique peut provoquer une irritation nerveuse

Le test

  • Rotation tête CL au côté affecté
  • Inclinaison CL à la rotation

Test positif si

  • Pas de mouvement de flexion latérale le long de l’axe de l’articulation costotransverse
  • Restriction osseuse bloque le mouvement