Le scaphoïde est l’os carpien le plus souvent lésé. Les fractures du scaphoïde sont généralement dues à une hyperextension du poignet, typiquement au décours d’une chute sur la main, doigts écartés.
Complications
Ils peuvent perturber l’approvisionnement en sang du scaphoïde proximal. L’ostéonécrose est donc une complication fréquente, même après un traitement initial optimal, et elle peut être source d’impotence fonctionnelle et d’une arthrose dégénérative du poignet.
distal fracture with dorsal angulation, fracture de Colles
Définition
Fracture osseuse de l’extrémité distale du radius, provoquant un basculement postérieur du radius et donnant l’aspect “dos de fourchette” au poignet.
Types de fracture
80% des fractures du poignet. Fracture intra-articulaire ou extra-articulaire (au-dessus du poignet, meilleure récupération) Non-déplacée (la plupart) ou déplacée (consolidation plus longue, nécessite chirurgie)
Facteurs de risque
Femmes de plus de 50 ans, ménopausées Personnes qui sont en perte d’équilibre. Sports avec risque de chute (moto, vélo, roller…) Enfants en adolescents <18 ans (densité osseuse plus faible)
Mécanisme lésionnel
Chute sur la main, poignet en extension, bras tendu
Diagnostic
Signes et symptômes
Douleur et sensibilité à la palpation
Aspect en dos de fourchette
Ecchymose, gonflement, diminution de l’amplitude des mouvement
Imagerie
Radio, sinon IRM ou scanner si la fracture est difficile à identifier
Précaution
Rechercher intégrité du pouls, sensibilité et motricité des doigts et du poignet pour repérer d’éventuelles autres lésions : nerveuses ou vasculaires
Traitement
Délai
Consolidation acquise en 2-3 mois selon le type de fracture quelque soit le type de traitement
Reprise sport débute à 3-4 mois, progressive pour remettre en charge les muscles et le tissu osseux de façon adaptée
Chirurgie
Fixation d’une plaque pour une fracture complexe ou déplacée. Immobilisation 1 à 2 semaines
Fixation de broches pour les fractures moins complexes. Immobilisation 4 à 6 semaines
Après 65 ans, récupération identique en conservateur ou après chirurgie
Conservateur
Immobilisation avec plâtre 4 à 6 semaines, puis radio de contrôle
Kiné
Pendant la phase de consolidation
Ne pas mettre en danger la consolidation
Eviter l’enraidissement des autres parties du corps
Inflammation des tendons long abducteur et court extenseur du pouce, entraînant une inadéquation de leur passage dans le tunnel ostéofibreux du premier compartiment dorsal du poignet.
Facteur de risque
Femmes entre 40 et 50 ans
Surutilisation du tendon en sport, notamment au volley-ball
Travailleurs manuels, femmes au foyer.
Symptômes
Douleur sur le versant radial du poignet, accentuée par les mouvements du pouce et par une inclinaison ulnaire passive, associée à une flexion maximale du pouce (test de Finkelstein).
Diagnostic
Test de Finkelstein
Installation Patient assis Avant-bras en position neutre sur la table, poignet hors de la table
1er test Pour patient en phase aiguë Inclinaison ulnaire passive (force gravitaire) Le test est positif s’il aggrave la douleur au niveau de l’a styloïde radiale’apophyse styloïde
2ème test (si le premier ne provoque pas de douleur) Ajouter une surpression à l’inclinaison Le test est positif s’il aggrave la douleur au niveau de l’a styloïde radiale’apophyse styloïde
3ème test (version orginale de de Quervain) Pour patient en phase chronique Amener le pouce dans la paume Le test est positif s’il aggrave la douleur au niveau de l’a styloïde radiale’apophyse styloïde
Imagerie
Echographie pour confirmer le diagnostic
Traitement
Antalgie
Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) : peuvent réduire la douleur et l’inflammation. Infiltration de corticoïdes : est souvent efficace pour réduire rapidement l’inflammation et soulager la douleur. Ce traitement est particulièrement indiqué dans les stades précoces de la maladie.
Conservateur
Eviter surcontrainte de la pince pouce-index
Attelle : pour immobiliser temporairement le pouce et le poignet, notamment la nuit.
Exercices de rééducation : améliorer la mobilité et renforcer les muscles du pouce et du poignet, une fois l’inflammation maîtrisée.
Applications de glace : plusieurs fois par jour pour diminuer l’inflammation et soulager la douleur.
Chirurgie
L’opération consiste à ouvrir la gaine tendineuse à l’endroit où les tendons sont comprimés, afin de leur permettre de glisser librement. Cette intervention se fait généralement en ambulatoire sous anesthésie locale, et elle offre un taux de réussite élevé. Après l’intervention, une rééducation peut être nécessaire pour retrouver toute la mobilité du pouce et du poignet, et éviter la récidive.
Usure du cartilage liée l’âge ou à la surutilisation ou traumatisme
Facteurs de risque
Femme >50 ans
Travailleurs manuels avec tâches répétitives
ATCD de traumatisme
Diagnostique
Symptômes
Douleur
Gêne fonctionnelle
Raideur
Perte de force, parfois gonflement
Déformation dans les stades avancés
Douleur mécanique
Survient à l’effort, notamment lors de mouvements de pincement, de torsion ou de serrage.
Tourner une clé, décapsuler une bouteille, ouvrir un bocal ou porter un sac.
Douleur est d’abord intermittente, disparaît au repos, puis tend à revenir plus régulièrement avec le temps.
Evolution
La rhizarthrose évoluée s’accompagne souvent d’une amyotrophie de l’éminence thénar avec réduction de la force musculaire et d’une limitation de l’ouverture de la 1re commissure.
Diagnostique différentiel
Pour la rhizarthrose, l’un des diagnostics différentiels fréquents est la ténosynovite de De Quervain, touchant le tendon long abducteur et court extenseur du pouce. Le contexte, l’abduction contrariée avec réveil d’une douleur élective en regard de la styloïde radiale et la présence d’un gonflement de la gaine tendineuse permettent, le plus souvent, de faire la différence.
Traitements
Principes
Amélioration des symptômes et stabilisation des atteintes.
Antalgie et amélioration fonctionnelle.
Antalgie
Antalgiques : anti-inflammatoires, opioïdes, corticoïdes Urgence : si poussée inflammatoire avec gonflement capsulo-synovial d’une articulation. Infiltrations de corticostéroïdes sous contrôle radiologique pour contrôler l’inflammation, supprimer la douleur, restaurer une mobilité correcte par diminution du gonflement articulaire, épargner des destructions ostéoarticulaires, liées à l’inflammation (érosions).
Amélioration fonctionnelle
Dès l’obtention d’un certain niveau d’antalgie, les patients doivent être incités à la pratique régulière, quotidienne, de petits exercices d’entretien de la mobilité articulaire, de travail de la force de pince et de préhension (par exemple avec une balle mousse très souple), afin de maintenir une bonne fonction et une dextérité.
Travail avec une balle en mousse
Mobilisation du pouce dans toutes les amplitudes sans douleurs
Renfo du pouce : fermeture avec index et résistance à la traction
Vidéo
Rééducation Rhizarthrose non opérée
Par Tessadit_kiné_main
Toutes les mobilisation doivent se faire sans douleur
Bandage pour maintenir en étirement les muscles de la tabatière anatomique
Etirement de l’adducteur en abduction depuis la base de la 1ère métacarpophalangienne
Autoposture en étirement du pouce
Exercices actif des muscles de la trapézo-métacarpienne. Aide à recentrer le métacarpien par rapport au trapèze
Mettre la main en position de pince Reculer les doigts et avancer le pouce
Electrostimulation Un patch sur la loge thénar et l’autre sur le 1er interosseux Stimule le serrage pouce-index
Travail de la prise en C isométrique pour arrondir le pouce L’arthrose du pouce tend à faire une prise avec le pouce en extension qui peut entraîner la subluxation de la trapézo-métacarpienne (augmente la saillie osseuse).
Il faut faire l’inverse et travailler à arrondir le pouce lors de la pince pouce-index
Travail de la prise en C dynamique lors d’un dévissage
Pouce du skieur, game keeper’s thumb, skyer’s thumb
Définition
Lésion du ligament ligament collatéral ulnaire de l’articulation métacarpo-phalangienne du pouce
Mécanisme lésionnel
Abduction forcée du pouce (métacarpophalangienne) Causes multiples : chute sur le pouce, réception d’un ballon, chute avec les bâtons de ski
Effet Stener Lors de la rupture du LCU, sa partie proximale peut passer au-dessus de l’aponévrose du muscle adducteur du pouce. Cette lésion avec interposition est connue sous le nom d’effet Stener
FDR
Ski
Sport de ballon (volley, handball, gardien de foot)
Sport de combat
Examen
Signes et symptômes
Sensation de craquement lors de la chute
Douleur au pouce
Gonflement / ecchymose
Diminution de la force
Rechercher les signes de gravité
Notion de craquement, de déboîtement, pouce gonflé et impotence fonctionnelle majeure, existence d’un hématome à la face dorsale de l’IP du pouce : il faut alors immédiatement demander une radiographie face et profil pour rechercher un arrachement osseux de la base de P1 et renoncer au testing.
En l’absence de lésion osseuse, il faut rechercher des signes d’instabilité : douleur à la préhension entre pouce et index (signe de la feuille cartonnée ou avec une bouteille).
Hyperextension douloureuse.
Recherche d’une laxité en valgus par un examen comparatif en extension puis surtout en flexion ; une différence de valgus de 25 à 30° par rapport au côté opposé signe la gravité de l’entorse.
Imagerie
Radio pour identifier une fracture
Echographie pour retrouver une lésion de Stener et orienter vers une chirurgie
Test du ligament collatéral ulnaire
Examen de la laxité de l’articulation métacarpo-phalangienne en valgus forcé
Traitement
Principes
L’entorse de l’articulation métacarpo-phalangienne du pouce doit être traitée de manière adaptée pour éviter une laxité chronique.
L’examen clinique bilatéral et comparatif est l’élément central pour dépister une laxité. Il doit être précédé d’une radiographie.
En cas d’absence de laxité, un traitement conservateur par attelle se justifie.
En cas de laxité avec effet Stener, un traitement chirurgical est indispensable pour réinsérer le ligament collatéral.
Quel que soit le traitement, la rééducation est débutée dès la 4e semaine pour limiter l’enraidissement. Le retour à la pratique sportive dépend du stade de l’entorse et de la possibilité de porter une attelle rigide.
Selon le stade de l’entorse
Stade 1 : entorse simple.
Douleur sans laxité au niveau du ligament collatéral.
Traitement Orthopédique. L’immobilisation avec attelle pendant 1 à 3 semaines.
Stade 2 : désinsertion partielle du ligament avec laxité mais avec un point d’arrêt dur.
Traitement Orthopédique. L’immobilisation avec attelle pendant 3 à 6 semaines
Séances de rééducation avec un kinésithérapeute sont nécessaires dans certains cas.
Stade 3 : laxité importante. Désinsertion complète ligamentaire avec ou sans effet Stener.
Traitement chirurgical qui intervient rapidement après la rupture (maximum 10 jours) car le ligament peut se rétracter par la suite. Une immobilisation post-opératoire de 6 semaines est nécessaire avec attelle et des séances de rééducations sont à prévoir.
L’attelle
Elle peut être prescrite par le kinésithérapeute
Chirurgie
Protocole post-opératoire impose une immobilisation du pouce pour une durée de 3 à 6 semaines selon le chirurgien. Des séances de rééducation seront ensuite proposées pour récupérer une mobilité complète du pouce comme suit :
Rééducation en flexion-extension à partir de la 4ème semaine
Inclinaisons latérales à partir de la 6ème semaine
Maladie auto-immune la plus fréquente chez l’adulte
4F/1H
Âge de début : 30 à 55 ans
Souvent, événement de vie déclenchant : ménopause, retraite
Physiopathologie
Facteurs déclenchants
Terrain génétique
Facteurs environnementaux : pollution, tabac
Notion de délai entre la lésion initiale et le déclenchement de la maladie (jusqu’à 15 ans)
Processus
1. Lésion initiale (premier symptôme = douleur) : synovite, inflammation, membrane synoviale qui devient hypertrophique
2. Production abondante de cytokine qui augmente l’inflammation
3. Activation des ostéoclastes qui détruisent l’articulation et entraînent des trous dans les os (géodes)
4. Activation chondrocytes : augmentation de la dégradation de la matrice cartilagineuse entraînant un pincement de l’interligne
=> Destruction articulaire, terrain favorable aux infections, lymphomes (cancer des ganglions), complication cardio-vasculaire, ostéoporose et fragilisation des os à cause de la diminution de l’activité physique.
Signes cliniques
Douleurs inflammatoires
Synovites : gonflement au niveau des doigts, entre les articulation MP et disparition des plis de flexion des doigts
Atteinte cutanée (vascularite mais rare), rénale (néphraopathie glomérulaire mais se raréfie) et atteinte pulmonaire (pneumopathie interstitielle
Radiographie
Gonflement apparaissent précocément
Erosions (géodes) apparaissent fréquemment et précocément
Perte de congruence de l’articulation : risque de luxation
Si évolution
Gonflement : articulation plus lâhce
Fonte musculaire car sous-utilisation à cause de la douleur
Déformation (coup de vent cubital) : plus rare aujourd’hui grâce aux traitements
Luxation des articulations
Douleurs
=> Maladie rapidement destructrice
Critère diagnostic
Évocation du diagnostic si 2 signes sur 3 :
Au moins 2 articulations gonflées
Atteinte des MTP et MCP au squeeze test (compression qui déclenche la douleur)
Raideur matinale supérieure à 30mn
Critères de classification ACR (positif si 4 critères sur 7)
Raideur matinale
Arthrite d’au-moins 3 articulations
Arthrite touchant la main
Arthrite symétrique
Nodule rhumatoïdes
Facteurs rhumatoïdes dans le sérum
Lésions radiologiques
Nouveaux critères ACR/EULAR2010
La fenêtre d’opportunité : les 3 premiers mois
Traitement précoce : impact fonctionnel limité et réversible
Diagnostic et PEC précoces : meilleure rémission
Action dans les 3 premiers mois après le début des symptômes : 1 patient sur 2 n’aura plus de symptômes (au-delà de 6 mois, 10% de rémission seulement)
Traitement de fond pour induire la rémission et éviter les signes de la maladie : hydroxychloroquine, immunomodulateurs
Effets indésirables des immunosuppresseurs : provoque la diminution de l’immunité donc risque accru de certains cancers (lymphomes, cancer de la peau, cancer du col d l’utérus). Nécessité d’expliquer au patient la notion de balance bénéfices/risques pour une adhésion optimale.
Recommandation SFR 2018
Importante de l’activité physique, soutien psycho-sociale, accompagnement professionnel et action sur les facteurs de risque (tabac, vaccination)