Cervicalgies avec excès de contrainte

Processus articulaires postérieurs

Physiopathologie

Excès de contrainte sur les PAP ou facettes postérieures provoquant des informations nociceptives (pas forcément visible à l’imagerie)

PAP pourraient provoquer des douleurs projetées (irradiation) :

  • C1/C2/C3 (rachis cervical sup) irradie en casque -> à l’origine de certaines céphalées cervico-génique
  • C5/C6 irradient plus dans l’épaule

Diagnostic

Examen subjectifExamen physique
– Historique d’excès de contrainte
– Douleur en extension et/ou en rotation
– Possible douleur référée
– Diminution de mobilité globale et intervertébrale
– Douleur PA
– Test d’extension-rotation
– Test de flexion-rotation (cervicales hautes)
  • Excès de contrainte ou diminution de la capacité à accepter la contrainte : sensibilisation de la structure qui peut entraîner de la douleur
  • Diminution de la mobilité intervertébrale à un étage précis
  • Test spécifique de flexion-rotation : flexion max + rotation

Traitement

  • Priorité : gestion de la charge
  • SIN : petit mouvement de mise en contrainte provoque la douleur
  • – Traitement de la mobilité : mobilisation passive, spécifiques, globale, active, PA grade 3-4
  • – Traitement de la douleur : mobilisation, activation musculaire, PA grade 1-2

Syndrome myofascial

Physiopathologie

Douleur d’origine musculaire (douleur projeté possible)

Physiopathologie non claire aujourd’hui : excès de contrainte sur les muscles provoquant des infos nociceptives / triggers points / création de complexes fibreux engendrant douleur / manque d’oxygénation du muscle

Diagnostic

Examen subjectifExamen physique
– Historique d’excès de contrainte
– Possible douleur référée
– Amélioration par auto-massage
– Reproduction des symptômes connus
– Muscle douloureux quand mis en contrainte

Traitement

Gestion de charge

  • Contraction du muscle pour oxygénation et diminution de la douleur
  • Massage, étirement

Torticolis

Autres dénominations : Acute neck pain

Physiopathologie

  • Douleur axiale aiguë
  • Début : nociception des PAP
  • Spasmes musculaires (profonds et/ou superficiels)

Diagnostic

Examen subjectifExamen physique
– Apparition brutale
– Sensation de « malposition »
– Fort impact fonctionne
– Diminution de mobilité globale
– Diminution de mobilité inter-segmentaire
– Diminution de mobilité inter-vertébrale
– Sensibilité globale de la zone

Traitement

  • Diminution des douleurs à court terme
  • Mobilité dans les secteurs disponibles
  • Traitements passifs
  • Eviter la chronicisation : éduquer sur les conduites à tenir, réassurance pour éviter coping passif (décorrélation douleur/gravité structurelle)
  • Détournement attentionnel (réalité virtuelle)

Cervicalgies avec déficit de contrôle moteur

Physiopathologie

inhibition des muscles fléchisseurs profonds : les fibres musculaires sont infiltrés par de la graisse entraînant la dégénérescence des fibres musculaire.

  • Douleur liée à la contusion
  • Appréhension liées à l’événement traumatique potentiel
  • A long terme : modification des fibres, perte d’endurance, changements posturaux, centre oculo-moteur perturbé

Pronostic

  • Pas très bon avec persistance des symptômes à 1 an (50%)
  • Plus l’événement initial est violent, plus les symptômes persistent
  • Lié à l’auto-efficacité

Diagnostic

Examen subjectifExamen physique
– Historique de traumastisme
– Intolérance aux postures statiques prolongées
– Fatigue et difficulté à tenir la tête en l’air
– Diminution des symptômes avec un soutien externe
– Besoin de s’auto-manipuler
– Sensation d’instabilité
– Mouvements aberrants
– Diminution de mobilité
– Hypomobilité du rachis thoracique haut
– Cranio-cervical flexion test positif (évaluation de la force des muscles fléchisseurs profond)
– Test d’endurance positif
– Test de proprioception positif

Traitement

  • Activation analytique des muscles profonds
  • Activation des muscles profonds dans des situations fonctionnelles
  • Traitement des problèmes comportementaux (coping passif) et émotionnels

Cervicalgies avec douleurs irradiantes

Définition et catégorisation

Douleur à distance

Douleur à distanceOrigineExpression
ProjetéeStructure non nerveuse (articulaire ou musculaire)Zones globales et sourdes
IrradianteStructure nerveuseTrajet

Algorithme d’identification

La radiculopathie s’exprime par un déficit neurologique : atteinte de la fonction du nerf (motrice, sensitive, réflexe)

La douleur radiculaire s’exprime par un gain neurologique (sensitif) : hyperalgie, allodynie

Le syndrome radiculaire, associé à la racine, associe radiculopathie et douleur radiculaire


Mécanosensibilité

Physiopathologie

  • Douleur nociceptive en lien avec inflammation de l’épinèvre (nervi nervorum)
  • Sensibilité du nerf à sa mise en contrainte
  • La sensibilité à l’étirement peut varier d’un individu à l’autre. On peut être très sensible sans qu’il y ait d’inflammation. Par précaution, toujours faire une comparaison bilatérale.

Diagnostic

Examen subjectifExamen physique
– Historique d’excès de contrainte
– Sensation d’étirement
– Palpation des troncs nerveux positif
– ULNT positif (pas très spécifique, met en tension plusieurs structures)

Traitement

  • Priorité : gestion de charge
  • SIN élevé : glissement nerveux uniquement
  • SIN faible : glissement + mise en tension
  • Intégration à des situations fonctionnelles
  • Posologie faible des traitement neurodynamique : le nerf s’irrite plus vite

Douleur radiculaire

Physiopathologie

  • Situation anormale de la racine : processus inflammatoire /mécanique
  • Pas d’altération de la conduite nerveuse
  • Gain de fonction nerveuse

Diagnostic

Examen subjectifExamen physique
– Douleur de type neuropathique : DN4 (picotement, chaleur, froid douloureux, brûlure, électricité)
– Douleur dans le bras > douleur dans les cervicales
– Recherche de modulation de la douleur (par les cervicales) en intensité ou en centralisation
– Hyperalgésie
– Cluster de Wainner
– Cluster de Grondin et al
Cluster de WainerCluster de Grondin et al.
ULNT Médian +
Rotation <60°
Test de Traction/distraction +
Spurling +
Spurling +
Shoulder abduction test
2 ULNT/4 positifs

Traitement

  • SIN élevé : neurodynamique faible dose (glissement), modulation de symptôme
  • SIN faible : neudynamique, ré-intégration de mouvements fonctionnels, modulation de symptômes
  • Non spécifique : cardio, mobilité, renfo autour (traitement multimodaux)

Radiculopathie

Physipathologie

  • Neuropathie de la racine nerveuse
  • Mécanisme par ischémie prolongée
    • Neuro-inflammation : l’ischémie est empirée par le gonflement de la zone
    • Démyélinisation
    • Dégénération axonale
    • Altération du transport axonal : perte de fonction
  • Potentiel oedème ischémique qui fibrose (sans récupération possible)

ATTENTION

  • Si perte de fonction légère sans amélioration dans la semaine : réorienter
  • Si perte brutale avec testing à 3/5 et 10cm2 de sensibilité : réorienter de suite

65% de résolution spontanée à 1 an, mais savoir identifier les cas graves

Diagnostic

Examen subjectifExamen physique
– Douleur de type neuropathique possible
– Difficultés aux gestes rapides
– Douleur dans le bras > douleur dans les cervicales
– Sensation de perte de force
– Sensation de modification de sensibilité
– Examen neurologique (force, sensibilité, réflexe)
– Observation d’amyotrophie
– Examen de la mécanosensibilité potentiellement positif
– Recherche de modulation des symptômes par les cervicales
– Test de traction-distraction positif : gain de sensibilité / force
  • Absence de douleur possible -> signe de gravité
  • Si modulation de symptômes impossible : renvoie chez le médecin

Traitement

  • Priorité : amélioration de la fonction
  • Douleur comme outcome : secondaire
  • Restaurer l’homéostasie : position ou mouvement qui restaure la vascularisation du nerf
  • Activité non spécifique
  • Travail sur comportement : dissocier douleur/danger, coping actif (auto-efficacité), apprendre à reconnaître si les symptômes empirent

Prothèse inversée d’épaule

Récapitulatif de l’article sur KS-mag

https://www.ks-mag.com/article/10716-prothese-inversee-d-epaule


Indications pour une prothèse inversée d’épaule

– les omarthroses excentrées douloureuses du sujet âgés ≥ 75 ans
– les ruptures irréparables de la coiffe des rotateurs ;
– en cas d’échec d’arthroplastie simple ou totale d’épaule ;
– les fractures de l’extrémité supérieure de l’humérus, céphalo-tubérositaires deplacées et comminutives chez le sujet âgé 


Principe d’une prothèse inversée d’épaule

  • L’articulation est ainsi inversée : la surface convexe (sphéroïde) est placé sur la scapula, et la surface concave sur l’extrémité supérieur de l’humérus.
  • L’objectif des prothèses d’épaule inversée est d’obtenir une élévation de l’épaule grâce exclusivement au deltoïde.
  • La récupération de la rotation latérale active reste sous la dépendance de l’intégrité des muscles infra-épineux, petit rond et du deltoïde postérieur.

Résultats

  • Plus de 85 % des patients indolores ou avec une douleur minime
  • Mobilité en élévation active : entre 110 et 140° selon les études sur une intervention de première intention (60 à 90° en cas d’intervention de reprise)
  • Résultats sont modestes sur la rotation externe active : entre 0 et 5° en moyenne
  • Mauvaise récupération de la force musculaire : entre 2,5 et 4 kg pour le deltoïde

Les complication

  • Instabilité de l’épaule majorée en cas de lésion du subscapulaire et lorsque la voie d’abord est delto-pectorale
  • ossifications hétérotopiques influencent significativement le score de Constant en réduisant la mobilité
  • Encoches dans le pilier de la scapula, encore appelés notch
  • Descellements (surtout de la pièce glénoïdienne)
  • Fractures de vis, sepsis, fractures de fatigue de l’acromion
  • Taux de survie de cette prothèse qui est faible dans le temps

Rééducation

  • Débute dès le 2ème jour post-opératoire
  • Résultats définitifs évalués à 6 mois post-opératoire
  • Rééducation fonctionnelle, récupération globale du membre et non analytique
  • Rééducation centrée sur la mobilité et la force du deltoïde
  • Attention particulière portée sur la cicatrisation du deltoïde

Contre-indication

  • Travail de recentrage de l’épaule
  • Port de charge lourde à bout de bras à proscrire

Principes

Sports permis

Reprise d’une activité raisonnée


ULTRA Guidelines (Upper Limb Treatment and Rehabilitation Advice) par Bardsley et al., 2022 

Pre-opératoire

  • Enseigner les mouvements actif-aidés dans une zone d’amplitude sécurisé
  • Conseils sur l’ajustement postural
  • Education du patient sur les procédures et les attentes
  • Evaluer les tendances compensatoires musculaires
  • Evaluer les fonctions du deltoïde
  • Education si les activités de la vie quotidienne

Facteurs qui peuvent altérer les résultats et la progression

  • L’état fonctionnel pré-opératoire
  • Age
  • Intégrité du deltoïde
  • Commorbidité

Phase de protection : 0-6 semaines

  • Eviter les mouvements combiné d’abduction et de RL
  • Eviter l’extension
  • Eviter de mettre la main derrière la dos
  • Eviter de se mettre en charge sur le bras (se relever d’une chaise par exemple)
  • La flexion antérieure est limitée au niveau de la boucheworn

L’écharpe

  • Elle est porté surtout pour le confort
  • A porter 2-3 semaines post-opératoire jusqu’à la fin des douleurs
  • En cas de deltoïde très faible, porté l’écharpe au moins 6 semaines

Rééducation

  • Zone de sécurité : élévation de 90° en avant du plan antérieur de la scapula, Rotation latérale de 30°
  • Exercice de coude, poignet, main
  • Actif aidé dans la zone de sécurité
  • Programme de compensation de la coiffe
  • Exerice de RL
  • Exercice de dissociation/mobilité de la scapula
  • Cross éducation

Critères de progression

  • Douleur sous contrôle
  • Fonction du deltoïde
  • Pas de signe d’instabilité
  • Pas de schéma de mouvement qui pourraient altérer la prothèse

Etape intermédiaire : 6-12 semaines

  • Eviter l’abudction et RL combinée
  • Porter une lourde charge
  • Se mettre en charge sur le bras, surtout en extension

Rééducation

  • Compensation de la coiffe contre gravité
  • Exercice RL en progression
  • Mobilisation de la scapula
  • Actif-aide la gléno-huméral sans restriction d’amplitude
  • Extension fonctionnelle et main derrière le dos

Critères de progression

  • Pas de douleur dans l’amplitude du mouvement
  • Qualité du mouvement
  • Fonction du deltoïde sur toute l’amplitude
  • Rotation latérale active
  • Pas de signe d’instabilité de la prothèse

Etape finale : 12 semaines et +

  • Eviter ABD/RL combinée
  • Mise en charge sur les bras, surtout en extension
  • Port de charge lourde

Vidéo

Comprendre la chirurgie de la prothèse d’épaule
Par EduKa Santé

2 cas de chirurgie de l’épaule présentée :

  • En cas d’arthrose de l’articulation gléno-huméral : remplacement des surfaces articulaires usées par des matériaux synthétiques tout en conservant la forme des surfaces articulaires
  • En cas d’arthrose de l’articulation et de lésion de la coiffe des rotateurs : prothèse d’épaule inversée

Les patients brûlés

Brûlure

Définition

Transfert d’énergie entre une source et la peau (ou muqueuse) entraînant une destruction plus moins importante de la peau

Types

  • Thermiques : 94%
  • Electriques, chimiques, irradiations, mécaniques (frottement) : 6%

Conséquences

  • Fuite hydro-électrolytique externe (suintement) et interne (oedème) : 2ème cause de mortalité après la cause
  • Perte calorique (hypothermie) et protéique (perte d’albumine)
  • Immuno-dépression par emballement inapproprié du système immunitaire
  • Déséquilibre glycémique
  • Infection par perte de la barrière, immunodépression + chambre chaude + humidité (patient suite)
  • Douleurs, séquelles en cas de brûlure profonde

Evaluation de la gravité

Gravité selon l’étendu

Règles des 9 de Wallace

  • Règle approximative mais utilisée couramment par les centres et les secours
  • Pourcentages valables uniquement pour les adultes

Paume de main : règle des 1%

  • La surface de la paume du patient correspond à 1% de la surface totale

Tableau de Lund and Browder

  • Pourcentage pour chaque zone du corps
  • Prend en compte l’âge du patient et la profondeur de la brûlure

Gravité selon la profondeur

1er degré

  • Erythème (rougeur) et douleur, « coup de soleil »
  • Touche les couches superficielles de l’épiderme
  • Cicatrise en moins de 7j
  • Desquamation possible mais sans cicatrice

2ème degré superficiel

  • Phlyctène (cloque)
  • Sous-sol rouge vif hyperalgique
  • Blanchiment à la vitropression puis rougit à nouveau
  • Cicatrise sans séquelle <12j
  • La bulle se décolle à l’intérieur de l’épiderme mais ne touche pas aux cellules basales qui permettent la cicatrisation

2ème degré profond

  • Phlyctène +/-
  • Sous-sol rose pâle peu sensible, pas suintant ni hypersensible
  • Cicatrise très difficile >21j, nécessite souvent une greffe
  • Scarification en surface : ne saigne pas ; scarification en profondeur : saigne

3ème degré

  • Peau totalement brûlée mais pas ce qu’il y a en dessous
  • Noir, brun ou blanc : dépend de l’agent qui brûle
  • Insensible à la piqûre et à la scarification
  • Ne cicatrise pas spontanément
  • Nécessite une greffe

4ème degré

  • Atteinte dépassant la peau

Règles des 3 semaines

  • Toute brûlure non cicatrisée à 3 semaine est une brûlure profonde : elle doit être greffée
  • Savoir quand la brûlure a été faite, ne pas se fier à ce qu’on voit sur le moment

Gravité selon la localisation

  • Organes sensoriels : oeil, main
  • Risques fonctionnels : mains, plis flexion, région faciale
  • Risques infectieux : région périnéale, problèmes urinaires et fécaux
  • Risque d’effet garrot : brûlure profonde et circulaire (inextensible -> oedème -> incision nécessaire)

Gestes en cas de brûlure

Refroidissement

  • Eau courante (15°) pendant 10-15mn le plus tôt possible : diminue l’approfondissement de la brûlure (inversion d’échange de la chaleur)
  • Gels d’eau
  • Si eau trop froide : risque de vasoconstriction et d’aggravation
  • Attention au risque d’hypothermie pour les grands brûlés

Incisions de décharge

  • Pour les brûlures circulaires et profondes
  • Brûlure inextensible sur gonflement par oedème : effet garrot
  • Geste d’urgence : sectionner la peau pour éviter l’ischémie

Complications

Approfondissement

  • Brûlure superficielle qui devient profonde
  • Causes : sepsis, drogue, diabète, cigarette

Atteintes respiratoires

  • Brûlure de l’arbre respiratoire par inhalation de fumée
  • Brûlure vibrisse nasales : poils du nez
  • Voix rauque : oedème du larynx
  • Toux avec expectoration de suie : dans les bronches
  • Sibilances : oedeme dans les bronches

Bilan par fibroscopie bronchique

Autres atteintes respiratoires

  • Blasts (explosion) : onde de choc avec des lésion de pression au niveau des alvéoles pulmonaires (examen par otoscopie)
  • Intoxication au Co (monoxyde de carbone) : oxygénation, caisson hyperbare pour remplacer le CO par de l’O2
  • Intoxication au cyanure : combustion des matières plastiques dégage du cyanure. Traitement par hydroxo-cobalamine (antidote du cyanure) à injecter rapidement

Facteurs pronostics

  • Pourcentages des brûlures
  • Profondeur (et circulaire ou non)
  • Lacalisation (visage, main, périnée)
  • Terrain / âge
  • Pathologie associée (fracture, atteinte respiratoire)
  • Score de Baux (âge + surface brûlée) : score <50 = 100% survie ; >100=20% de survie
  • Cotation UBS (unité Brûlée Standard) : surface brûlée + 3x surface en 3ème degré : mineure (25UBS), grave (100), mortelle (200)

Cas de figure

  • Pas d’hospitalisation : brûlure <10%, superficielle, jeune, sans tare ni lésions associées
  • Hors de ces critères : hospitalisation

Traitements

  • Réanimation hydro-électrolytique
    • 20 à 30ml/kg de Ringer Lactate pendant 1h
    • Règle d’Evans : 1ml/kg/% de surface corporelle brûlée
    • Critères de bons remplissages : pouls, PA, diurèse, pesée quotidienne
  • Chirurgie : incision de décharge/greffe
    • Avant 5j pour éviter les risques d’inflammation, de surinfection, de rétractions, de dénutrition
    • Plan tangentiel ou par avulsion (plan en dessous)
    • Greffe de peau pleine : meilleur résultat. Prise pas bistouri
    • Greffe de peau expansé : plus économique. Prise par dermatome
    • Technique de Meek : pouvoir d’expansion plus grand mais difficulté sur infection (collé avec du Thul) et plus chère
    • Substitut dermique : recouvrement d’attente, amélioration qualitative
    • Homogreffe (quand autogreffe impossible) : peau prélevée sur cadavre (xenogreffe : sur animaux). Marche temporairement car réaction immunologique de rejet) : couverture temporaire pour constituer une protection contre les bactéries et la fuite d’hydro-électrolytique
    • Mixte (technique du sandwich) : autogreffe recouverte d’homogreffe en cas de maille très large
    • Culture d’épiderme : exception, pour grands brûlé (70-80%), long (3 semaines), très cher, très fragile, parfois le patient meurt avant
    • Lambeau : tissu cutané avec autonomie vasculaire pour fermer une cavité ou structure incapable de cicatriser
  • Soins infirmiers : pansements complexes
  • Kiné : depuis la phase aiguë jusqu’à la fin des séquelles
  • Nutritionniste pour la perte calorique (cicatrisation consomme des calories)
  • Vaccination anti-tétanique, pas d’antibiotique (sauf en cas d’infection)

Les types de brûlure

Les brûlures électriques

  • Brûlure consécutif au passage du courant à travers le corps, avec un point d’entrée et un point de sortie, avec passage entre les 2. A différentier de l’arc électrique (flamme ou chaleur issue d’une explosion électrique)
  • Passage à travers le corps : peut léser les organes (os, nerfs, muscles)
  • L’os est un mauvais conducteur électrique. Il chauffe et brûle le muscle et peut provoquer un syndrome de loge par gonflement du muscle.
  • Les fibres musculaires éclatent et libèrent de la myoglobine qui passe dans la circulation et provoque une insuffisance rénale

Les brûlures chimiques

  • Base : nécrose molle (liquéfaction)
  • Acide : nécrose sèche
  • Traitement : lavage à l’eau pour diluer et éliminer le produit
  • Diphlotérine : bloque toute réaction chimique
  • Cas particulier : inhalation fumée toxique qui passe par les poumon puis dans la circulation systémique. En cas de doute, appeler le centre anti-poison (Fernand Widal)
  • Acide fluorhydrique : pansement au calcium qui attire le produit vers l’extérieur comme une pompe

Brûlure et fracture

  • Difficulté diagnostic car le patient est souvent sédaté
  • Traiter la fracture avant la brûlure : chirurgie par clou centro-médullaire (ouverture minime pour diminuer le risque de sepsis)
  • Commencer le plus tôt possible. Après un délai de 12h, chirurgie par fixateur externe

PEC après la phase de cicatrisation

  • Phase d’hypertrophie puis maturation : risque de démangeaison par manque de maturation : s’améliore avec le temps.
  • Crème hydratante pui relipidifiante pour remplacer la sueur et le sébum
  • Pressothérapie : vêtement compressif appui sur la cicatrice pour améliorer la maturation cicatricielle
  • Cure thermale : essentiellement intérêt de la douche filiforme, réadaptation sociale, action sur le prurit et l’hypertrophie

Evolution spontanée des greffes

  • Rétraction, séquelles esthétiques et fonctionnelles
  • Traitement des séquelles vers 1 an après la brûlure par greffe ou lambeau
  • Greffe de peau : plus elle est épaisse, plus elle sera élastique et esthétique, et moins elle se rétractera

Techniques chirurgicales

Lambeaux

  • Lambeau de transposition : faire basculer un morceau de peau pour recouvrir un trou
  • Bride du pli du coude : lambeau thoracique provisoires sur le pli du coude puis sevrage

Plastie en Z

  • Effet d’allongement par échange de laxité hauteur/largeur
  • Uniquement sur les brides linéaires (bride : corde qui empêche le mouvement)

Plasties en trident

  • Bride la première commissure

Expansion

  • Ballon sous la peau pour expandre (comme femme enceinte)
  • Seule technique qui augmente le capital de peau saine
  • Augmente la taille du lambeau

Reconstruction en 3D

  • Reconstruction d’oreille avec du cartilage costaux
  • Se fait aussi pour le nez, les paupières

Autres complications

Ostéomes

  • Fréquent chez les grands brûlés
  • Coude le plus touché
  • Parfois asymptomatique
  • Opération pour exciser l’écaille osseuse
  • Kiné post-op

Cancérisation

  • Le plus souvent sur des cicatrices de plus de 10 ans
  • Biopsie sur plusieurs endroits : certaines zones peuvent être positives, d’autres négatives

Physiopathologie des lésions cutanées

Introduction

Définition

Cicatrisation

Processus biologiques qui surviennent à la suite d’une plaie et permettent la réunion des parties divisées

Parties molles

  • Peau et tissu sous cutané + éléments qui y passent : tendons, nerfs, vaisseaux, muscles
  • Excluent les os, les articulations et les organes

Cicatrisation cutanée

Composition de la peau

  • Epiderme : tissu épithéliale (couche la plus superficielle) permet un recouvrement étanche
  • Derme : tissus conjonctif assurant l’élasticité et la solidité de la peau

2 phénomènes cicatriciels

  • La cicatrice conjonctive
  • Le recouvrement

Rôle de la peau

  • Protection contre les traumatismes mécaniques (chocs)
  • Régulation thermique (vasomotricité, sudation)
  • Barrière contre les pertes hydro-électrolytoques
  • Barrière contre les invasions bactériennes
  • Sensibilité tactile, nociceptive, thermique
  • Esthétique

Constitution de la peau

Epiderme (épithélium)

  • Constitué de cellules kératinocytes posées sur la membrane basale
  • Ce sont des cellules basales qui meurent et qui remontent à la surface
  • « Turn over » (tapis roulant) qui renouvelle l’épiderme
  • Toutes les kératinocytes sont renouvelées toutes les 2-3 semaines

Derme (tissu conjonctif)

  • Constitué de fibroblastes qui fabriquent les fibres collagènes (solidité) et d’élastine (élasticité)
  • Annexe épidermique (follicules pileux, glandes sudoripares et sébacées) capable de synthétiser des poils mais également de l’épiderme en cas de cicatrisation

Hypoderme

Couche graisseuse

Causes de blessure

  • Plaie traumatique franche : couteau
  • Plaie contuse : objet non tranchant
  • Arrachement
  • Ecrasement avec nécrose cutanée
  • Plaie chirurgicale : incision ou excision
  • Brûlure, escarre

Cicatrisation

Physiologie globale

  • Phénomène biochimique -> mécanismes histologiques -> évolution clinique
  • Blessure épiderme/derme -> nécrose cellulaire avec effraction vasculaire -> formation caillot de sang (permet l’arrêt de l’hémorragie) -> début de cicatrisation

Les 3 étapes de la cicatrisation

Détersion : évacuation de la nécrose et du caillot (nettoyage de la plaie)

  • Granulation (bourgeonnement) : cellules comblent la plaie par un bourgeonnement charnu (cicatrisation conjonctive)
  • Epithélialisation (épidermisation) : recouvre le tissu de granulation

Les phases du bourgeonnement

Prolifération de fibroblastes

  • Migre dès 48 heures à partir des berges puis multiplication
  • Synthétise la substance fondamentale de la matrice intercellulaire (glycosaminoglycanes)
  • Synthèse du collagène de type III (embryonnaire ou « immature ») puis type I et d’élastine

Les myofibroblastes

  • Proviennent des fibroblastes et contiennent des cellules contractiles
  • Les plaies se rétractent par l’action des myofibroblastes

Bourgeon charnu

  • Tissu de granulation de couleur rouge
  • Attention à l’hyper bourgeonnement (quand le tissu va plus haut que la peau)

Phase d’épidermisation

  • Quand la plaie est comblée
  • Migration des kératinocytes qui sont autour de la cicatrice
  • Les mélanocytes (pigments de la peau) et les cellules de Langerhans (cellules immunologiques) colonisent ensuite l’épiderme

Aspect bactériologique

  • La plaies n’est jamais stérile, il y a toujours des bactéries
  • Elles jouent un rôle de détersion suppurées de la plaie : elles mangent le pu de la nrécose
  • Si infection virulente : blocage de la cicatrisation et possible infection locorégionale ou générale (septicémie)

Types de cicatrisation

Cicatrisation de seconde intention

  • Correspond aux 3 phases : détersion – bourgeonnement – épidermisation
  • Les 2 berges sont à distance : perte de substance
  • Evolution avec pansement simple

Cicatrisation de première intention

  • Traitement chirurgical pour fermer directement la plaie
  • Conditions nécessaires
    • absence d’infection
    • absence de nécrose
    • parage chirurgical parfait
    • Suture bord à bord : 2 berges en contact
  • Risque de rétraction
    • évolution centripète au niveau de la plaie
    • Diminue la taille de la plaie : bénéfique ou délétère ?
    • Bord rosé autour de la plaie : début de migration kératinocytose

Remodelage de la cicatrice

  • Dernière étape: maturation cicatricielle
  • Dure plusieurs mois voire jusqu’à 2 ans
  • Derme se transforme en tissu ressemblant à un derme normal (pas de retour à l’état antérieur)

Type de cicatrice

Cicatrice normal

  • Premiers mois : phase hypertrophique (inflammatoire, rouge, chaleur, démangeaison)
  • Quelques mois après : inflammation diminue, dégonflement
  • 1 an : mature

Cicatrice hypertrophique

  • Hyperplasie persistante au-delà de 12 mois
  • Guérit en 18 mois à 2 an
  • Aspect rouge, gonflée (anomalie)

Cicatrisation chéloïde

  • Cicatrice indéfiniment immature, siège d’une inflammation chronique
  • Facteurs favorisants
    • Localisation : région deltoïdienne, pré-sternale, scapulaire, ppubienne, oreille (surtout lobule)
    • Âge : <30 ans (les vieux ont des cicatrices moins visibles)
    • Ethnie : surtout personnes noires et asiatique

Cicatrisation nerveuse

  • Dégénérescence de l’axone puis repousse de 1 à 8mm par jour
  • Tous les axones ne retrouvent pas le même chemin parfois
  • Complication : formation de névrome
  • Le courant nerveux ne repasse pas après suture

Vaisseaux

  • Section totale : rétraction avec arrêt de l’hémorragie
  • Section partielle : persistance d’une hémorragie
  • La circulation peut repartir après suture
  • Complications
    • Faux anévrisme : la plaie sur l’artère devient un espace inclus à ‘l’artère (pas issu d’une dilatation)
    • Fistule artério-veineuse : le sang de l’artère va directement à la veine sans avoir irrigué les organes
    • Thrombose

Muscles et tendons

  • Cicatrisation : remplacement des fibres lésées par un tissu fibreux non fonctionnel (non contractile)
  • Le tendon est déjà un tissu fibreux. Il peut présenter des problèmes d’adhérence : le tendon ne coulisse plus

Les escarres

Physiopathologie

  • Nécroses ischémiques par compression pouvant atteindre la peau, le tissu cellulaire sous cutané et les muscles
  • Compression entre un plan dur et une saillie osseuse entraînant une nécrose tissulaire si prolongée
  • L’escarre prend le nom de la saillie osseuse : trochantérienne, ischiatique, sacrée, calcanéenne, etc

Les facteurs de risque

Trouble de la sensibilité/motricité avec :

  • Facteurs psychologiques (démission du patient, dépression)
  • Insuffisance de PEC
  • Malnutrition avec atrophie musculaire
  • Infection urinaire/pulmonaire (maladies intercurrentes infectieuses)

L’escarre peut décompenser cet état très précaire
Traitement : traiter les FDR

Les stades de l’escarre

  • 1. Erythème : rougeur
  • 2. Désépidermisation
  • 3. Ulcération
  • 4. Nécrose (sèche ou humide)

Prévention des escarres

Paraplégique

  • PEC par le patient lui-même impérative
  • Eviter points d’appui prolongé
  • Eviter perte de poids et déshydratation
  • Regarder dans le miroir si des escarres se constituent

Patients dépendants

  • Grabataires ou comateux
  • Surveillance des zones d’appui
  • Changement de position toutes les 2h
  • Matelas de prévention anti-escarre statique ou dynamique, lit fluidisé

Traitement médical des escarres

Traiter tous les facteurs déclenchants ou aggravants

  • Dénutrition
  • Infection (locale, urinaire, pulmonaire, septicémie)
  • Soutien psychologique
  • Mobilisation et PEC kiné
  • Traitement d’une éventuelle tare associée qui se décompense (cause et conséquence)

Traitement chirurgical de l’escarre

Cicatrisation de première intention

  • Absence d’infection, enlever nécrose, suture
  • Recouvrement par un lambeau

Escarre calcanéenne

Pas de solution chirurgicale satisfaisante

Escarres sacrées

  • Chirurgie si escarre unique (les autres ont déjà cicatrisées)
  • Si escarre importante et d’évolution très lente malgré un traitement médical bien consuit
  • Patient volontaire
  • Réalisation : peau et muscle fessier pour combler -> incision en V et cicatrisation en Y ou lambeau en rotation

Escarres ischiatiques et trochantériennes

  • Nécessite toujours une intervention chirurgicale (ne cicatrise quasiment jamais)
  • Ces é localisations communiquent avec une bourse séreuse de glissement au contact de l’os qui, une fois ouverte, empêche toute cicatrisation spontanée
  • Réalisation : lambeau de l’IJ (V-Y) ou du grand fessier pour combler le trou

Escarres trochantériennes

  • Ne cicatrise pas seul
  • Lambeau musculo-cutané de fascia-lata

Escarre de fin de vie

  • Chirurgie de propreté avec parfois amputation
  • Objectif : fin de vie décente

Techniques de chirurgie

Cicatrisation centripète (avec expansion)

  • greffe de peau sur une maille
  • Les kératinocytes migrent vers l’intérieur pour refermer la maille

Cicatrisation centrifuge (technique de Meek)

  • cicatrisation à partir de petits carrés de peau prélevés sur le patient
  • Les kératinocytes migrent vers l’extérieur, démultipliant ainsi la surface de greffe

Substitut dermique

Fabriqué en laboratoire

La matrice est colonisée par fibroblaste en 3 semaines

Reconstitue mieux le derme

Greffe

  • peau qui adhère sur la plaie induisant une épidermmisation

Lambeau

  • peau et muscles vascularisés déplacés d’un endroit à un autre

Attention à la dégénérescence : toute plaie qui ne cicatrise pas depuis longtemps peut être atteint de cancérisation. Faire une biopsie.

Manœuvre de Froment (Parkinson)

Autre dénomination : test du poignet figé 
But : détecter une rigidité, signe précoce de la maladie de Parkinson.
Cette manœuvre consiste à imprimer des mouvements passifs au poignet du patient, puis à lui demander de faire un geste continu avec l’autre main (saisir un objet éloigné, faire « les marionnettes »…). Dès que le mouvement volontaire est initié, la rigidité se majore.

Echelle de Tardieu (Spasticité)

Autres dénominations : Tardieu Scale et la Modified Tardieu Scale (MTS)
But : mesure de la spasticité
Population : patients avec troubles neurologiques (AVC, SEP)

Descriptions des tâches

L’examinateur évalue la réaction du groupe musculaire à l’étirement, à des vélocités spécifiées et avec deux paramètres : X (qualité de la réaction musculaire) et Y (angle de la réaction musculaire)

Vélocité de l’étirement

  • V1: Le plus lentement possible (pour minimiser le réflexe d’étirement)
  • V2: Vitesse du segment du membre tombant sous la gravité
  • V3: Le plus vite possible (plus rapide que la vitesse de descente naturelle du segment du membre sous la gravité)

Les angles des articulations résultats sont définis comme :

  • R1 (l’angle de l’articulation suivant un étirement à vélocité rapide -durant V2 ou V3) ; et
  • R2 (amplitude de mouvement passive suivant un étirement de vélocité faible – V1 – Mackey, Watt, Lobb & Stott, 2004).
  • Comme V1 est utilisé pour mesurer les amplitudes de mouvements passives, seuls V2 et V3 sont utilisés pour évaluer la spasticité.

Qualité de la réaction musculaire (X)

CoteDescription
0Aucune résistance durant le mouvement passif.
1Un peu de résistance durant le mouvement passif, avec aucune prise à un angle précis.
2Prise claire à un angle précis, interrompant le mouvement passif, suivi d’un relâchement.
3Clonus fatigable (<10 secondes lorsque la pression est maintenue) survenant à un angle précis.
4Clonus infatigable (>10 secondes lorsque la pression est maintenue) survenant à un angle précis.
5L’articulation est impossible à bouger.

echelle

L’obésité et alimentation

Rôle du MK dans l’obésité

  • Problème de santé publique mondiale
  • Le MK intervient au niveau de l’activité physique sans négliger de distiller des conseils d’hygiène de vie : alimentation, sédentarité, etc
  • La perte de poids n’est pas un objectif en soi mais une conséquence de ces modifications de comportement

Comprendre les déterminants de l’obésité et la régulation physiologique du comportement alimentaire

Les obésités

Définition

Situation d’accumulation anormale ou excessive de masse graisseuse dans le tissu adipeux dans des proportions telles qu’elle altère la santé (OMS 2000)

Classification par l’IMC

AvantagesInconvénients
– Facile d’utilisation
– Très bon outil statistique
– Corrélation au risque de mortalité (IMC>28, sauf personnes âgées)
Ne prend pas en compte :
– La répartition des graisse (androïde/gynoïde)
– L’augmentation de la MG avec l’âge
– L’origine ethnique
– La composition corporelle

Le tour de taille

  • L’augmentation du tour de taille est fortement corrélée au risque métabolique : augmentation du risque de diabète et du risque cardio-vasculaire
  • Facteur de risque de maladie métabolique plus important que l’excès de masse grasse

Les déterminants de l’obésité

Prédisposition génétique

  • 2 parents obèse : risque pour l’enfant = 80%
  • 1 parent obèse : risque 40%
  • 80% des adultes obèse ne l’étaient pas dans l’enfance ou l’adolescence = prédisposition génétique + environnement

Les effets de la stigmatisation

  • La stigmatisation est une expérience courante et les sujets obèses font souvent des efforts pour y faire face
  • Une exposition plus fréquente à la stigmatisation est associée à une plus grande détresse psychologique et aggrave l’obésité
  • La stigmatisation augmente le stress et l’évitement des soins, la méfiance à l’égard des médecins et une mauvaise observance du traitement chez les patients souffrant d’obésité
  • Le délai avant consultation pour une raison de santé est retardé chez les personnes obèses

Classifications

Gradation de l’obésité sur 7 critères

  • 1. Le retentissement médical somatique
  • 2. Le retentissement fonctionnel : essoufflement, gonalgie, degré de sarcopénie
  • 3. Le contexte psychopathologique
  • 4. L’étiologie de l’obésité
  • 5. Les troubles du comportement alimentaire et leur intensité
  • 6. La trajectoire : échecs multiples de prise en charge
  • 7. La qualité de vie et le handicap associé

5 classes déterminent le niveau de recours

  • Grade 1 : IMC 30 à 35, PEC par les MG (médecin de premier recours). 1B si complications somatiques
  • Grade 2 : IMC >35. L’obésité associe à d’autres facteurs pour lesquels les PEC sont recommandées
  • Grade 3 : 3A de 35 à 50, 3B >50. Complexe et très complexe (« complexe » : aggrave une maladie chronique existante) -> Centre hospitalier, SMR, CSO (centre spécialisé de l’obésité)

La restriction cognitive

Les régimes

  • Alimentation contrôlée par des facteurs cognitifs et non plus par les facteurs de régulation physiologique
  • Dans un régime amaigrissant, il s’agit de contrôler son alimentation pour perdre du poids
  • Tous les régimes font maigrir tant qu’ils sont suivis, même les plus déséquilibrés
  • Les régimes marchent à court terme

La restriction cognitive

  • Crée un état d’hypophagie chronique, éventuellement entrecoupé d’accès d’hyperphagie -> Contrôle / désinhibition
  • Accentue les déséquilibres nutritionnels en augmentant la part des protéines et des lipides au détriment des glucides
  • Augmente la fréquence des troubles des conduites alimentaire comme le binge eating disorder (hyperphagie boulimique)

Echec des régimes à long terme

  • Taux d’échec à 5 ans dans tous les pays concernés >90%, quelque soit le régime suivi

Pourquoi le contrôle cognitif est un échec

Manger c’est répondre à des besoins

  • Nutritionnel
  • Energétique
  • Emotionnel
  • Social
  • Symbolique : construction culturelle, processus cognitif

La masse grasse est régulée

La régulation homéostatique de la masse grasse est un système de régulation d’une très grande précision (0,02%)

Le poids d’équilibre : le set point

  • Set point = poids de stabilisation (poids d’équilibre)
  • Le poids d’équilibre dépend de la masse grasse : elle est une valeur régulée
  • Stabilité de nos réserves énergétique avec des mécanismes de régulation complexe
  • Cette valeur de consigne est génétiquement déterminée et peut se déplacer vers le haut
  • Dans certain cas, la prise de poids est irréversible : fibrose et hyperplasie du tissu adipeux
  • L’obésité est une maladie du tissu adipeux (fibro-inflammatoire)
  • C’est le rôle des sensations de faim et de satiété qui ramène toujours à cette valeur de consigne

Le triple contrôle de la prise alimentaire

  • Homéostatique (axe intestin-cerveau) : énergétique (faim/satiété) et nutritionnel (appétit spécifique) à court terme (échelle de la semaine), adipostat (leptine) à long terme (mécanisme de régulation de la masse grasse)
  • Hédonique (système limbique) : faim et émotion, plaisir -> satisfaction du besoin (fin de l’envie)
  • Mental (système exécutif) : social, valeurs (religion, santé, écologie), restriction cognitive

La régulation homéostatique


Homéostasie nutritionnelle

  • Appétit spécifique : envie des aliments contenant le nutriment qui nous fait défaut
  • Rassasiement sensoriel spécifique : rétablissement de l’équilibre nutritionnel
  • Nécessite un apprentissage : image métabolique de l’aliment associée à l’image sensorielle

Système hédonique ou régulation non homéostatique

  • L’aliment qui a bon goût active les circuits de la récompense (dopamine, sérotonine, endorphine) et diminue la sécrétion de cortisol donc le niveau de stress

Les mécanismes de la reprise de poids

Physiologiques

La perte de masse maigre

La dépense énergétique du sujet sédentaire est constitué

  • Pour 80% par le métabolisme de base (MB)
  • Pour 10% par la thermogénèse alimentaire (ADS)
  • Pour 10% par les activités de la vie quotidienne

La quantité de masse maigre détermine le MB

  • Tout régime (même équilibré) entraîne une perte de masse maigre
  • Tout régime diminue le MB -> diminution des Kcal dépensés donc prise de poids

A la reprise de poids

  • Le retour au poids initial après régime se fait préférentiellement sur la masse grasse (valeur « protégée »)
  • La masse maigre ne revient pas spontanément à son niveau antérieur (que le sujet soit de poids normal ou obèse avant)

L’augmentation de l’efficience métabolique

  • La baisse réelle du MB après perte de poids est supérieure à la baisse théorique calculée d’après le nb de kg de masse maigre perdue
  • Une des explications : la dépense énergétique pour les activités de faible intensité (AVQ) diminue après le régime
  • Le métabolisme est en mode économie : il dépense moins

Les modifications du tissu adipeux

La perte de poids chez certains sujets active l’expression de gène qui favorisent la multiplication des cellules graisseuses, donc augmentent les capacités de stockage du sujet

  • Hypertrophie adipocytaire : augmentation de la taille des cellules adipeuses (réversible)
  • Hyperplasie adipocytaire : prolifération des cellules adipeuses (irréversible)

Libération des polluants organiques persistants

  • Substances chimiques lipophiles issues des pesticides, produits chimiques industriels, etc
  • Se concentrent dans le tissu graisseux, sont libérées lors de la perte de poids
  • Effets : perturbateurs endocriniens, diminution de l’utilisation des acides gras libres par le muscle, etc

Conséquences émotionnelles et comportementales de restriction cognitive

  • Meilleurs résultats à long terme pour les méthodes basées sur l’acceptation corporelle et baisse de la restriction cognitive
  • Restriction cognitive : détérioration du rapport à la nourriture et développement de TCA
  • Les mangeurs non restreints ont de meilleurs capacités de régulation. Les mangeurs restreints, par l’effet de transgression, en viennent à se gaver lorsqu’on leur propose un buffet (expérience princeps d’Hermann et Polivy)

Les 3 erreurs conceptuelles du régime amaigrissant

Tout le monde peut maigrir : faux

  • Rôle prépondérant de la génétique
  • Toute prise de poids n’est réversible
  • On ne choisit pas son poids

Le gras et le sucre font grossir : faux

  • Les calories lipidiques ne doivent pas être imputer sans réserve à l’épidémie d’obésité
  • L’apport calorique global, quelle qu’en soit l’origine, semble bien plus en cause
  • Complexité du métabolisme : module l’efficience énergétique différemment selon les sujets
  • Complexité du système de régulation qui tend à assurer la stabilité pondérale

Pour maigrir, il faut suivre un régime

  • =principe de « restriction cognitive »
  • Le régime est un déni de la réalité

L’alimentation intuitive

Les 10 principes

  • 1. Rejeter la mentalité des diètes amaigrissantes qui crée de faux espoirs
  • 2. Honorer sa faim lorsqu’elle est modérée
  • 3. Se permettre de manger tous les aliments souhaités
  • 4. Cesser de catégoriser les aliments comme étant bons ou mauvais
  • 5. Considérer sa sensation de rassasiement pour savoir quand cesser de manger
  • 6. Découvrir la satisfaction et le plaisir de manger
  • 7. Vivre ses émotions sans nécessairement utiliser la nourriture
  • 8. Respecter son corps tel qu’il est au moment présent
  • 9. Etre physiquement actif par plaisir, et non pour perdre du poids
  • 10. Honorer sa santé et ses papilles gustatives par ses aliments préférés

Les données scientifiques de l’alimentation intuitive

  • Santé mentale : meilleure estime de soi, meilleure image corporelle, moins de symptômes dépressifs
  • Santé physique : meilleure PA, meilleur taux de cholestérol, meilleur risque CV
  • Perte de poids : maintien de la perte de poids à long terme
  • Comportement alimentaire : baisse des TCA
  • Alimentation saine : meilleurs apports en fruits et légumes, meilleurs score d’alimentation santé
  • IMC : relation inverse entre AI (alimentation intuitive) et IMC

Régulation du poids et des émotions

L’homéostasie émotionnelle

  • Si je suis déshydraté : envie de boire
  • Si j’ai une dette calorique : je vais avoir faim
  • Si j’ai une émotion : je vais avoir envie de manger un aliment riche
  • Le système de régulation se met en place avec le système de la récompense et de la dopamine

Cercle vicieux quand il n’est plus possible de réguler ni son poids ni ses émotions

Seuls les aliments denses en énergie réconfortent

  • Leur densité énergétique et leur palatabilité leur confèrent le pouvoir d’allumer le circuit de la récompense
  • De faire baisser le taux de dopamine et ainsi d’obtenir réconfort
  • Disparition de l’envie de manger

Quand le mangeur répond sans lutter à ses envie de manger (faim, appétits, émotions), on parle d’un comportement égosyntonique. Au contraire, quand il lutte contre elles, on parle d’un comportement égodystonique (risque de compulsion)

Comment réagir face à une envie de manger émotionnelle (EME) ?

  • Lutter augmente le risque de compulsion
  • Ignorer en faisant autre chose n’est pas tenable à long terme
  • Accueillir et accepter l’émotion en attendant le rétablissement de l’humeur

L’approche triaxiale du GROS

Les 3 axes de prises en charge

  • Pensées négatives -> régulation des émotions
  • Image négative du corps -> acceptation de soi
  • Relation négative avec les aliments -> traitement de la restriction négative

L’approche bio-psycho-sensorielle

  • Prescrire de l’alimentation intuitive : travail sensoriel
  • Prescrire de l’alimentation consciente
  • Traiter la restriction cognitive
  • Prendre en charge l’intolérance émotionnelle
  • Travailler l’acceptation corporelle

Pour remplacer le contrôle mental par la restauration du dialogue entre système hédonique et homéostatique, savoir se réconforter avec les aliment, accueillir et accepter ses émotions, tendre vers son poids d’équilibre et l’accepter

Apaiser la relation à l’alimentation

Effet : maintenir ou retrouver un poids d’équilibre et équilibrer son alimentation

Satisfaction des 3 besoins :

  • Energétique : sensation de faim et de satiété
  • Nutritionnel : appétits spécifiques
  • Emotionnel : les envies de manger sans faim

Faire des expériences, pratiquer, s’entraîner

  • Attendre d’avoir faim pour manger
  • Apprendre répondre aux envies de manger émotionnelles
  • Apprendre à déguster

Acceptation corporelle

  • Accepter les émotions relatives à son corps
  • Engager des valeurs
  • Acceptation corporelle : insister sur la diversité biologique
  • Impact de la stigmatisation et des réseaux sociaux

  • L’excès de poids est vu comme une incapacité à se contrôler (donc échec)
  • La minceur est vue comme une preuve de self-contrôle et de réussite
  • Les personne en surpoids et en situation d’obésité sont peu représentées sur les écrans

Rôle des soignants

Objectifs

  • PEC individualisée avec approche multidisciplinaire
  • Permettre aux personnes de choisir de prendre en charge (ou non) leur problème de poids et le moment le plus opportun
  • Proposer l’alimentation intuitive et faire a paix avec son corps
  • Une faible perte de poids (3 à 5%) mais stabilisée dans la durée permet une amélioration des paramètres de santé

Rupture de la sédentarité et de l’inactivité

  • Proposer une remise en mouvement progressive : activités adaptées aux possibilités de chacun
  • Bouger un peu c’est déjà efficace
  • Même la plus petite mise en mouvement est bénéfique (OMS)

En résumé

  • On ne choisit pas son poids et toutes les prises de poids ne sont pas réversibles
  • Le contrôle de son alimentation n’est pas tenable sur le long terme…ou alors au risque de complications (prise de poids, TCA, dépression…)
  • Le comportement alimentaire est contrôlé par des processus physiologiques principalement inconscients (des envies spécifiques au service de besoins spécifiques)
  • Manger en réponse à une émotion n’est pas une anomalie (contrôle hédonique)
  • Les études sur l’alimentation intuitive sont très encourageantes et laissent penser que sa prescription aura des effets bénéfiques sur de nombreux paramètres de santé.
  • La santé d’une personne se résume-t-elle au seul chiffre qui apparaît sur la balance ?
  • Le médecin traitant joue un rôle central dans la PEC des personnes en situation d’obésité
  • La PEC doit être bienveillante, individualisée
  • Et multidisciplinaire : importance d’un réseau de professionnels de santé médicaux et paramédicaux pour l’optimiser

Les autres traitements de l’obésité

La chirurgie

  • Traitement de 2ème intention
  • IMC>40 ou 35-40 si commorbidité
  • Contre-indications : troubles psychiatriques dont TCA, cancer récent (<5 ans), risque de non-suivi post-opératoire, obésités monogéniques

Les principales interventions

  • Anneau gastrique : perte de 40-60% de l’excès de poids (PEP), en moyenne 20-30kg

Les médicaments de l’obésité (MGO)

  • Les analogues du GLP1 : Liraglutide, Sémaglutide
  • Les multi-agoniste et les analogues combinés : Tirzépatide
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