Capsulite rétractile

Autres dénominations : capsulopathie enraidissante, épaule raide, épaule gelée, frozen shoulder, adhesive capsulitis

Introduction

Définition

Restriction fonctionnelle des mouvements actifs et passifs de l’épaule, pour laquelle les imageries de la GH sont« normales » à l’exception d’une potentielle ostéopénie ou tendinite calcifiante.

  • Absence de définition reconnue, c’est avant tout une restriction fonctionnelle
  • Ne prend pas en compte la douleur
  • Guérit toujours

Classification

  • Primaire : idiopathique
  • Secondaire : systémique, extrinsèque, intrinsèque (tendinopathie CDR, conflit, tendinopathie biceps, calcification tendon)

Epidémiologie

  • Femme > Homme
  • Épaule gelée primaire : 40-65 ans
  • Atteinte controlatérale : 5-34%
  • Atteinte bilatérale simultanée : 14%

Facteurs de risque

  • Diabète, hypothyroïdie : 10-38%
  • Histoire familiale, prédisposition génétique et ethnique

Physiopathologie

  • Facteurs inflammatoire : altération de la matrice cellulaire, prolifération fibroblastiques et myofibroblastiques dans la capsule, altération collagène de type III
  • Volume de la capsule divisé par 3, passant de 15-35cm3 à 5-6m3
  • Epaississement, contracture et fibrose de la capsule
  • Structures antérieures touchées entraînant une perte de la rotation latérale

Diagnostic

  • Absence de gold standard
  • Histoire du patient, exclusion d’autres pathologies
  • Radio normale : exclusion de luxation, arthrose, fracture, nécrose avasculaire, etc

Examen clinique

  • Interrogatoire : début lent et insidieux
  • Douleur : près de l’insertion du deltoïde
  • Origine : douleurs sous-acromiales
  • Diminution des amplitudes actives et passives avec douleur en fin d’amplitude (restriction de plus de 50% par rapport au côté sain)
  • Perte de la RL en R1

Test du processus coracoïde positif

  • Sensitivité : 96%, spécificité : 87%
  • Permet de différencier une vraie épaule gelée d’une pseudo épaule gelée (provoquée par une protection musculaire)
  • Palpation de l’acromio-claviculaire
  • Palpation de la partie antéro-latérale de la zone sub-acromiale
  • Palpation de l’apophyse coracoïde
  • => Le test est considéré positif pour une vraie épaule gelée quand la douleur est supérieur à 3/10 (l’épaississement du ligament coraco-huméral, l’intervalle entre les muscles de la CR et le triangle coracoïde sont sensibles à la pression)

Rééducation

Evolution clinique

Phases et principes de rééducation

Phase I : douleur > raideur

Phase inflammatoire : inutile de venir modifier les symptômes. Seules les infiltrations ont des effets bénéfiques pour pouvoir passer rapidement à la phase II

  • Rassurer le patient
  • Gestion de la douleur : physiothérapie (chaud/froid, cryothérapie, électrothérapie-TENS), AINS/corticostéroïdes, IC
  • Gestion de la mobilité articulaire et posture : étirements et mobilisations douces (GH, scapulo-thoracique, rachis cervical)

Phase II : raideur > douleur

  • Gestion de la douleur (- importante)
  • Débuter la récupération douce des amplitudes : étirements, débuter renfo musculaire
  • Réadresser au chirurgien si besoin
  • Stratégie « Wait and see »

Phase III

  • Récupération + intense des amplitudes
  • Restaurer les schémas de mouvements
  • Éduquer le patient
  • Retour aux activités
  • Thérapie manuelle : poussée antéro-postérieure de la GH
  • Étirements
  • Amélioration des amplitudes articulaires
  • Prendre en compte l’irritabilité
  • Mobilisations + Étirements = + bénéfique
  • Maitland / Mulligan (mobilisation avec mouvement)

Renforcement musculaire

  • Renfo de la CDR
  • Renfo m.scapulo-thoracique : dentelé-ant, grand dorsal, trapèze moy et inf
  • Amélioration de la fonction
  • Réduit la douleur
  • Augmente les amplitudes
  • Pas de consensus concernant les modalités d’applications