Echelle de Tardieu (Spasticité)

Autres dénominations : Tardieu Scale et la Modified Tardieu Scale (MTS)
But : mesure de la spasticité
Population : patients avec troubles neurologiques (AVC, SEP)

Descriptions des tâches

L’examinateur évalue la réaction du groupe musculaire à l’étirement, à des vélocités spécifiées et avec deux paramètres : X (qualité de la réaction musculaire) et Y (angle de la réaction musculaire)

Vélocité de l’étirement

  • V1: Le plus lentement possible (pour minimiser le réflexe d’étirement)
  • V2: Vitesse du segment du membre tombant sous la gravité
  • V3: Le plus vite possible (plus rapide que la vitesse de descente naturelle du segment du membre sous la gravité)

Les angles des articulations résultats sont définis comme :

  • R1 (l’angle de l’articulation suivant un étirement à vélocité rapide -durant V2 ou V3) ; et
  • R2 (amplitude de mouvement passive suivant un étirement de vélocité faible – V1 – Mackey, Watt, Lobb & Stott, 2004).
  • Comme V1 est utilisé pour mesurer les amplitudes de mouvements passives, seuls V2 et V3 sont utilisés pour évaluer la spasticité.

Qualité de la réaction musculaire (X)

CoteDescription
0Aucune résistance durant le mouvement passif.
1Un peu de résistance durant le mouvement passif, avec aucune prise à un angle précis.
2Prise claire à un angle précis, interrompant le mouvement passif, suivi d’un relâchement.
3Clonus fatigable (<10 secondes lorsque la pression est maintenue) survenant à un angle précis.
4Clonus infatigable (>10 secondes lorsque la pression est maintenue) survenant à un angle précis.
5L’articulation est impossible à bouger.

echelle

Echelle SARA (Scale for Assessment and Rating Ataxia)

La démarche

Il est demandé au sujet de marcher parallèlement à un mur, puis de faire demi- tour et de revenir
en tandem (talon contre orteils) sans support :

  • 0 Normal, aucune difficulté ni pour marcher, ni pour faire demi-tour ni pour marcher en tandem
  • (jusqu’à une faute permise).
  • 1 Légère difficulté, visible seulement en marchant 10 pas consécutifs en tandem.
  • 2 Clairement anormal, il est impossible de marcher plus de 10 pas en tandem.
  • 3 Embardées, difficultés dans le demi-tour mais réalisé sans support.
  • 4 Embardées marquées, besoin du support du mur par intermittence.
  • 5 Sévères embardées, besoin permanent d’une canne ou d’une légère aide unilatérale.
  • 6 Marche > 10 m uniquement avec un support important (2 cannes ou déambulateur ou un accompagnant).
  • 7 Marche < 10 m uniquement avec un support important (2 cannes ou déambulateur ou un
  • accompagnant).
  • 8 Incapable de marcher même avec un support.

L’équilibre

Il est demandé au sujet de tenir : en position debout spontanée / les pieds joints (les gros orteils se touchant) / en tandem (les 2 pieds sur une même ligne sans espace entre le talon et les orteils)
Le sujet ne doit pas porter de chaussure, il a les yeux ouverts. Pour chaque condition, il y a trois
essais. Le meilleur essai est retenu :

  • 0 Normal, est capable de tenir en tandem plus de 10 s.
  • 1 Est capable de rester les pieds joints sans oscillation mais pas en tandem plus de 10 s.
  • 2 Est capable de rester les pieds joints plus de 10 s, mais avec des oscillations.
  • 3 Est capable de rester plus de 10 s sans support dans une position spontanée mais pas les
  • pieds joints.
  • 4 Est capable de rester plus de 10 s dans une position spontanée seulement avec un support
  • intermittent.
  • 5 Est capable de rester plus de 10 s en position spontanée seulement avec une aide constante
  • d’un bras.
  • 6 Incapable de rester plus de 10 s même avec une aide constante d’un bras.

    La position assise

    Il est demandé au sujet de s’assoir sur la table d’examen sans support pour les pieds, les yeux
    ouverts et les bras tendus en avant :

    • 0 Normal, aucune difficulté à s’assoir plus de 10s dans cette position.
    • 1 Légère difficulté, oscillation intermittente.
    • 2 Oscillations permanentes, mais il est possible de rester assis plus de 10 s sans support.
    • 3 Il est possible de s’assoir plus de 10 s uniquement avec un support intermittent.
    • 4 Incapable de s’assoir plus de 10 s sans un support permanent.

    Trouble de la parole

    La parole est évaluée au cours de la conversation normale :

    • 0 Normal.
    • 1 Léger trouble de la parole.
    • 2 Discours altéré, mais facile à comprendre.
    • 3 Mots occasionnels difficiles à comprendre.
    • 4 Beaucoup de mots difficiles à comprendre.
    • 5 Seulement des mots simples compréhensibles.
    • 6 Discours inintelligible / anarthrie.

    Chasse au doigt

    Évalué séparément pour chaque côté.
    Le sujet est assis confortablement. Le soutien des pieds et du tronc est permis. L’examinateur se
    trouve devant le sujet et exécute 5 mouvements soudains et rapides consécutifs dans des directions imprévisibles dans un plan frontal, à environ 50% de la portée du sujet. Les mouvements ont une amplitude de 30 cm et une fréquence de 1 mouvement toutes les 2 s. Le sujet est invité à suivre les mouvements avec son index, aussi vite et précisément que possible.
    La performance moyenne des 3 derniers mouvements est notée :

    • 0 Aucune dysmétrie.
    • 1 Dysmétrie, dépassement de la cible <5 cm.
    • 2 Dysmétrie, 5cm< dépassement <15 cm.
    • 3 Dysmetrie, dépassement >15 cm.
    • 4 Impossible d’effectuer 5 mouvements de pointage.

    Score : Droit : Gauche :
    Moyenne des deux côtés (D + G) / 2 :

    Test du doigt-nez

    Évalué séparément pour chaque côté.
    Le sujet est assis confortablement. Le soutien des pieds et du tronc est permis. Le sujet est invité à réaliser en pointant plusieurs fois avec son index le trajet de son nez vers le doigt de l’examinateur qui se trouve devant lui à environ 90% de sa portée. Les mouvements sont effectués à vitesse modérée.
    La performance moyenne des mouvements est évaluée en fonction de l’amplitude du tremblement cinétique.

    • 0 Aucun tremblement.
    • 1 Tremblement d’une amplitude <2 cm.
    • 2 Tremblement d’une amplitude <5 cm.
    • 3 Tremblement d’une amplitude> 5 cm.
    • 4 Impossible d’effectuer 5 mouvements de pointage.

    Score : Droite : Gauche :
    Moyenne des deux côtés (D + G) / 2 :

    Mouvements alternatifs rapides des mains sur les cuisses

    Évalué séparément pour chaque côté.
    Le sujet est assis confortablement. Le soutien des pieds et du tronc est permis. Le sujet est invité à effectuer 10 cycles alternés de pronation et de supination de la main sur sa cuisse aussi vite et aussi précis que possible. Le mouvement est montré par l’examinateur à une vitesse d’environ 10 cycles en 7 s. Des temps précis pour l’exécution du mouvement doivent être pris.

    • 0 Normal, pas d’irrégularités (effectués en moins 10s).
    • 1 Légèrement irrégulière (moins de 10 s).
    • 2 Des mouvements clairement irréguliers, difficiles à distinguer ou des interruptions, mais
    • effectués <10s.
    • 3 Des mouvements très irréguliers, difficiles à distinguer ou des interruptions, effectués >10s.
    • 4 Impossible de terminer 10 cycles.

    Score : Droite : Gauche :
    Moyenne des deux côtés (D + G) / 2 :

    Mouvements de glissements du talon le long du tibia

    Évalué séparément pour chaque côté.
    Le sujet se trouve sur le lit ou la table d’examen, sans la vue de ses jambes. Le sujet est invité à soulever une jambe, pointer le genou opposé avec le talon, glisser vers le bas jusqu’à la cheville le long du tibia, et poser la jambe sur le lit d’examen. La tâche est exécutée 3 fois. Les mouvements de glissements doivent être effectués en 1 s. Si le sujet glisse vers le bas sans contact avec le tibia dans les trois essais, le score est 4.

    • 0 Normal.
    • 1 Légèrement anormal, contact avec le tibia maintenu.
    • 2 Clairement anormale, s’arrête jusqu’à 3 fois pendant les 3 cycles.
    • 3 Très anormal, s’arrête 4 fois ou plus pendant les 3 cycles.
    • 4 Impossible d’exécuter la tâche

    Score : Droite : Gauche :
    Moyenne des deux côtés (D + G) / 2 :

    DN4 (Douleurs neuropathiques)

    But : estimer la probabilité d’une douleur neuropathique
    Télécharger le questionnaire sur le site de la HAS : DN4


    Pour chaque question, répondre par Oui (=1) ou par Non (=0)
    Si le score du patient est égal ou supérieur à 4/10, le test est positif

    La douleur présente-t-elle un ou plusieurs des caractéristiques suivantes ?

    • Brûlure
    • Sensation de froid douloureux
    • Décharges électriques

    La douleur est-elle associée dans la même région à un ou plusieurs des symptômes suivants ?

    • Fourmillements
    • Picotements
    • Engourdissements
    • Démangeaisons

    La douleur est-elle localisée dans un territoire où l’examen met en évidence :

    • Hypoesthésie au tact
    • Hypoesthésie à la piqûre

    La douleur est-elle provoquée ou augmentée par :

    • Le frottement

    Lasegue test

    Lasègue test


    structure cible:
    – mécano sensibilité du nerf sciatique


    Objectifs / critères de positivité du test:
    – reproduction de la douleur (linéaire sur le trajet du nerf, diffus , fourmillement ect…)

    Clinimétrie:

    méthode d’exécution:

    élément à retenir :

    bibliographie:

    Sclérose latérale amyotrophique (SLA)

    Généralités

    SLA : maladie de la commande motrice. Perte sélective en motoneurones au niveau :

    • Du cortex moteur (MTN centraux)
    • Des noyaux du bulbes (faisceau cortico-nucléaire : synapse au niveau des noyaux moteurs des nerfs crâniens)
    • De la corne antérieure de la moelle épinière (MTN périphérique)

    Sémiologie

    Déficit moteur

    Atteinte des MNC et MNP dans un ou plusieurs des 4 territoires anatomique :

    • Bulbaire : parole, déglutition
    • Cervical : MS, respiratoire
    • Lombaire : MI
    • Thoracique/respiration : camptocormie

    Signe cardinal de la SLA

    Association des signes cliniques d’atteinte

    • des MTN centraux : syndrome pyramidal, affect pseudo-bulbaire (labilité émotionnelle : très émotif)
    • des MTN périphériques : amyotrophie, fasciculations, diminution ou abolition ROT

    Début de la maladie

    Site de début : 1/3 bulbaire, 2/3 spinal
    Signe cardinal : déficit moteur avec localisation variable

    • Membres supérieurs : distal (main++) ou proximal
    • Membres inférieurs : steppage++
    • Muscles du cou : tête tombante, lourde
    • Sphère bulbaire : dysarthrie, trouble de la déglutition
    • Respiratoire (dysfonction diaphragmatique : dyspnée d’effort, orthopnée

    Symptômes non moteurs absents

    Absence de :

    • Signes sensitifs
    • Signes cérebelleux
    • Atteinte sphinctérienne
    • Atteinte occulomotrice
    • Troubles cognitifs (rares)

    Diagnostic

    Diagnostic syndromique

    Pas de marqueur spécifique de la maladie
    Bilan diagnostic minimal :

    • ENMG : confirme atteinte MNP
    • IRM cérébrale ou médullaire : permet d’exclure diagnostics différentiels

    Exclusions des diagnostics différentiels : ALS mimics

    • Tableau d’atteinte isolée du MNC : forme progressive de SEP, parasie spastique héréditaire
    • Atteinte médullaire focale : myélopathie cervicarthrosique (compression médullaire cervicale), synringomyélie
    • Tableau d’atteinte isolée du MNP : myosite à inclusion, neuropathie multifocale
    • Symptomatologie bulbaire pure : myasthénie bulbaire, tumeur du TC
    • Atteinte du MN secondaires/autres : infection VIH, lymphome

    Pronostic

    Evolution

    • Absence de récupération de la fonction motrice perdue
    • Aggravation prévisible de la perte de force et diffusion à d’autres territoires
    • Vitesse et topographie de l’aggravation sont variables et non prédictibles
    • Médiane de survie : 20 à 48 mois, 10/20% de survie à 5 ans, 5/10% de survie à 10 ans

    Facteurs de mauvais pronostic

    • Age : plus l’âge est élevé au moment du diagnostic, plus la durée de survie sera courte
    • Baisse de la capacité vitale inférieure à 70% (atteinte respiratoire)
    • Perte de poids et baisse de l’IMC : un des plus mauvais facteurs pronostics
    • Atteinte bulbaire ou respiratoire initiale
    • Pente rapide de dégradation de la fonction musculaire

    Les épilepsie

    Généralités

    Définition

    Crise d’épilepie

    Manifestation clinique transitoire en lien avec hyperactivité paroxystique d’un réseau de neurone et sa propagation dont les symptômes vont dépendre de la région corticale concernée

    Epilepsie

    Maladie cérébrale chronique caractérisée par :

    • Prédisposition durable à générer des crises
    • Conséquences neurobiologiques, psychologiques, sociales
    • 1/3 sont pharmacorésistantes

    Prévalence

    • 0,5-0,8% en France
    • Pic durant l’enfance puis adulte après 60 ans

    Causes des épilepsie

    Structurelle (lésion cérébrale, focale), génétiques, métaboliques, infectieuses, auto-immune, inconnue

    Examens utiles au diagnostic du type d’épilepsie

    • Electroencéphalogramme (EEG)
    • IRM cérébrale

    Diagnostics différentiels

    • Perte de conscience d’origine cardiaque : syncope (parfois convulsivantes)
    • Crises non épileptiques psychogènes : mécanisme dissociatif

    Différents types de crise d’épilepsie

    Crise généralisée tonico-clonique

    Crise convulsive

    • Perte de conscience brutale
    • Phase tonique : hypertonie des 4 membres, membres en extension, blocage respiratoire (apnée), morsure latérale de la langue
    • Phase clonique : clonie des 4 membres, synchrones
    • Phase post-critique : trouble de la vigilance s’améliorant progressivement, avec confusion, respiration stertoreuse, +/-perte d’urine
    • Amnésie complète de l’épisode

    Etat de mal épileptique généralisé

    • Crise généralisé de plus de 5mn, ou répétition de crises tonicocloniques généralisées sans retour de conscience entre les crises
    • Mise en jeu du pronostic vital : risque de détresse respiratoire, d’arrêt cardio-respiratoire
    • Risque de séquelles cognitive

    Crises focales (partielles)

    • Toutes les crises ne sont pas convulsives
    • L’activité épileptique débute dans une région focale du cerveau, peut se propager aux régions adjacentes et peut gagner l’ensemble du cortex. Elle peut donc évoluer vers une crise secondairement généralisée
    • Avec ou sans altération de la conscience
    • Manifestations brèves (<1mn en général)
    • Les symptômes dépendent de la région cérébrale concernée

    Crise focale temporale (la plus fréquente)

    Crises longues (quelques minutes), rarement secondairement généralisées

    • Aura épileptique : signes végétatifs (tachychardie, palpitation, sensation épigastrique ascedante) et/ou signes dysmnésiques (sensation de déjà-vu ou de déjà-vécu, sensation de rêve éveillé) et/ou hallucination olfactives (plus rarement auditives ou visuelles)
    • Puis rupture de contact prolongée, avec automatismes oroalimentaires, gestuels, verbaux

    Absence

    • Crise classée comme généralisée
    • Rupture de contact brutale
    • Durée brève, en moyenne 8s
    • Début et fin brusque, arrêt de l’activité en cours, et reprise immédiate de l’activité au décours
    • Crises fréquentes, pouvant être pluriquotidiennes, provoquées par l’hyperpnée
    • Début dans l’enfance ou l’adolescence

    Myoclonies

    • Secousses musculaires brèves involontaires
    • Sans modification de la conscience
    • Parfois en salves
    • Attention : mouvements physiologiques lors de l’endormissement

    Diagnostics différentiels

    Crises non-épileptiques d’origine psychogènes

    A évoquer devant :

    • Suggestibilité
    • Manifestations motrices violentes, amples, désorganisées, sans systématisation neurologique
    • Fermeture des yeux avec résistance à l’ouverture des yeux
    • Absence de réelles perte de conscience, pendant et au décours immédiat d’une pseudo-crise
    • Pas de perte d’urine, ni désaturation, ni apnée

    Prise en charge d’une crise généralisée tonico-clonique

    Crise tonico-clonique

    • Noter l’heure du début
    • Ne rien tenter de mettre dans la bouche
    • Ne pas empêcher les mouvements et éloigner les objets pouvant être blessant. Protéger la tête
    • Mettre en position latérale de sécurité dès que possible
    • Prévenir le médecin et prendre les contantes dont la glycémie et la température dès que possible
    • Rester jusqu’à ce que la personne récupère et repasser la voir à distance pour vérifier la récupération complète
    • La majorité des crises cède spontanément : pas de traitement médicamenteux systématique

    Etat de mal épileptique

    Traitement médicamenteux (clonazépam) en cas de crises généralisées supérieures à 5mn ou crises répétées sans récupération de la conscience entre celles-ci

    Mesures générales

    • Position latérale de sécurité
    • Maintenir libres les voies aériennes supérieures
    • Oxygénothérapie : objectif SpO2 supérieure ou égale à 95%
    • Poser une voie veineuse périphérique avec perfusion de sérum physiologique
    • Mesurer la glycémie capillaire et corriger si besoin

    Traitements anti-épileptiques

    But du traitement

    Diminuer

    • La fréquence des crises
    • Le risque de généralisation
    • L’impact de l’épilepsie sur la vie quotidienne

    Réduire les risques liés aux crises

    • Risque traumatique/accident
    • Si généralisée : pneumopathie d’inhalation, état de mal généralisé (pronostic vital engagé)

    Choix thérapeutique

    En fonction de :

    • Type d’épilepsie : généralisée ou focale
    • Profil du patient : femme en âge de procréer, personnes âgées, ATCD psychiatrique
    • Tolérance, effects secondaires, interactions médicamenteuses

    Neuropathies périphériques

    Introduction

    Aspects cliniques généraux en cas de lésion du SNP

    • Diminution/abolition des réflexes ostéotendineux
    • Fasciculations : contractions musculaires brèves visibles à l’oeil nu n déplaçant pas le membre
    • Déficit moteur
    • Amyotrophie (signe majeur) usuellement absent au début
    • Rétraction tendineuse
    • Déficit sensitif : superficiel, thermo-algique, ataxie proprioceptive (le patient regarde vers le bas pour voir ses MI)
    • Troubles végétatifs : hypotension orthostatique, troubles vasomoteurs, anomalies de la peau
    • Pas de signes en faveur d’une atteinte du SNC (sauf lésion associée)

    Examens complémentaires usuels

    • Electromyogramme : permet de différencier les atteintes axonales (diminution des amplitudes des PA, activité spontanée au repos) d’une atteintes démyélinisantes (diminution des vitesses de conduction, allongement des temps de latences distales motrices)
    • Biologie : cause métabolique, diabète
    • Imagerie : recherche de compression nerveuse/radiculaire

    Arbre décisionnel pour le diagnostic des neuropathies périphériques


    Les syndromes canalaires (mononeuropathie)

    Définition : compression mécanique des nerfs périphériques
    Mononeuropathie : atteinte d’un tronc spécifique

    Syndrome du canal carpien : compression du nerf médian

    • Paresthésie et hypoesthésie des 3 premiers doigts
    • Signes de Tinel et Phalen peuvent être positifs
    • Parfois secondaire à la grossesse, hypothyroïdie, diabète
    • Traitement : orthèse de repos, injection de corticoïde, chirurgie

    Syndrome du nerf ulnaire au coude

    • Compression du nerf ulnaire dans la gouttière épitrochléo-olécranienne : mouvements répétés de F°/Ext° de coude, appui statique prolongé, séjour en réanimation

    Clinique

    • Paresthésies du V + face médiale du IV
    • Signe de Froment positif
    • Faiblesse des interosseux : signe du croisement (impossibilité de superposer médius sur index)
    • Amyotrophie éminence hypothénar

    Syndrome du canal de Guyon

    • Compression du nerf ulnaire
    • Paresthésie des 2 derniers doigts
    • Amyotrophie hypothénar, interosseux, adducteur du pouce
    • Beaucoup plus rare que syndrome du canal carpien

    Syndrome du nerf interosseux postérieur

    • Compression du nerf radial
    • Mouvements de pronosupination répétés, violonistes
    • Extension de poignet préservé mais déficit des extenseurs des doigts

    Compression du nerf fibulaire commun

    • Au niveau du col de la fibula le plus souvent
    • Travailleurs du bâtiment, agriculteur (travail au sol/à genou), patients en réanimmation (amyotrophie, compression sur barrière de lit)
    • Déficit des releveurs du pied
    • Amyotrophie de la loge antéro externe de la jambe

    Les syndromes radiculaires

    • Compression des racines nerveuses lors de leur sortie de la moelle épinière, avant le foramen intervertébral
    • Souvent sur pathologies ostéo-articulaires dégénératives (herbie discale, arthrose) mais aussi pathologies infectieuses et tumorales
    • Attention aux souffrances médullaires associées (éléments centraux surajoutés)
    RacineDéficit sensitifDéficit moteur
    C5Moignon de l’épauleDeltoïde
    C6Face antérieure du bras
    Face latérale de l’avant bras
    Doigt : pouce +++
    Biceps brachial + brachial antérieur
    C7Face postérieure de l’avant-bras
    Doigt : majeur +++
    Triceps brachial
    C8Face médiale du bras et avantèbras
    Doigt : 5e +++
    Fléchisseurs des doigts + interosseux
    RacineDéficit sensitifDéficit moteur
    L3-L4Fesse
    Face antéro-latérale de la cuisse
    Face antéro-médiale du genou et de la jambe
    Quadriceps +++
    Tibial antérieur +
    L5Fesse
    Face post de la cuisse
    Face latérale de la jambe
    Face dorsale du pied
    Extenseur des orteil
    Tibial antérieur
    Fibulaires
    S1Fesse
    Face postérieure de la cuisse et de la jambe
    Face plantaire du pied
    Triceps sural +++

    Syndrome de la queue de cheval

    Clinique

    • Troubles sensitifs : hypo ou anesthésie avec topographie variable, anesthésie en selle caractéristique (périnée, OGE, marge anale)
    • Troubles moteurs : troubles de la marche ou paraplégie complète, souvent déficit moteur asymétrique
    • Abolition des ROTS et des réflexes périnéaux
    • Troubles vésico-sphinctériens : rétention aiguë d’urine, urgenturie, constipation

    Etiologies

    • Hernie discale +++
    • Tumeurs : épendymomes ++
    • Spondylodiscite : infection du disque vertébral
    • Canal lombaire rétréci

    => Urgence neurochirurgicale +++


    Polyradiculonévrite

    Syndrome de Guillain Barré

    Atteinte de la racine et du nerf

    Contexte post infectieux fréquent
    2 grandes formes

    • Atteinte démyélinisante
    • Atteinte motrice pure (AMAN)

    Physiopathologie

    Pathologie auto-immune complexe

    Clinique

    • Déficit sensitivomoteur ascendant avec aréflexie ostéo-tendineuse

    Evolution en 3 phases

    1 – Phase d’extension

    • Durée variable : de quelques jours à quelques semaines
    • Début par phénomène sensitifs (paresthésie, picotements distaux) puis progressivement ascendants
    • Symétrie des symptômes
    • Paralysie distale qui touche les membres d’abord en proximal
    • Parfois atteinte des muscles respi, déglutition -> réanimation

    => Plus la phase d’extension est rapide, moins bon est le pronostic pour les formes démyélinisantes

    2 – Phase de plateau

    • Déficit moteur d’intensité et de durée variable
    • Aréflexie tendineuse
    • Syndrome dysautonomique (tachycardie, bradycardie)

    3 – Phase de récupération

    • En ordre inverse de l’apparition des déficits
    • En cas d’absence de récupération à 12-18 mois : état définitif
    • 5% de décès, 15% de séquelles définitives

    Complications à long terme : douleurs neuropathiques, déficits persistants, troubles proprioceptifs, rétractions

    Examens complémentaires

    • Clinique : histoire de la maladie
    • Ponction lombaire
    • Electromyogramme : ralentissement vitesse de conduction, blocs de conduction, augmentation des latences distales
    • Biologie

    Traitement

    • Le plus rapidement possible
    • But : stopper la réaction inflammatoire
    • Points de vigilances en séance de rééducation : toujours bien évaluer la proprioception (ataxie, risque de chute), la motivation (récupération parfois très longue)

    Polyneuropathies

    Atteinte de toutes les fibres nerveuses en fonction de leur longueur (atteinte longueur-dépendante)
    Attaque les fibres les plus longues en premier
    Atteinte de plusieurs fibres en même temps, mais pas les racines

    Polyneuropathie diabétique

    Le diabète est responsable de nombreuses complications dans l’organisme, on parle d’organes cibles : coeur, cerveau, oeil, rein, pied, nerf, infections

    Poolyneuropathie axonale longueur dépendante : atteinte diffuse et symétriques qui touche les extrémités distales des fibres nerveuses les plus longues (donc les membres inférieurs)

    Mécanisme

    • Ischémique : altération de la paroi des artères de petits calibres qui vont vasculariser les nerfs
    • Toxicité directe de l’hypoglycémie (stress oxydatif)

    Clinique

    • Atteinte distale d’évolution ascendante, symétrique, à prédominance sensitive+++
    • Atteinte des petites fibres : paresthésie, altération de la sensibilité thermo algique (mal perforant plantaire)
    • Atteinte dysautonomique (trouble vésico-sphinctérien, trouble du transit, impuissance)

    Eléments de vigilance sur le plateau technique

    • Risque d’hypoglycémie (signe de tachycardie, sensation de faim brutale, frisson, tremblements, trouble de la coordination, de la concentration, etc)
    • Attention aux troubles podologiques et si plaies
    • Troubles visuels, facteurs de risque cardiovasculaire associés

    Polyneuropathie alcoolique

    • Toxicité de l’alcool sur les fibres nerveuses ou par carence vitaminiques associées (B1 B9)
    • Hypoesthésie en chaussette
    • Crampe nocture, fatigabilité à la marche
    • Déficit moteur, amyotrophie distale
    • Troubles cutanés et trophiques (dépilation anhydrose, ongles cassants)

    Neuromyopathie de réanimation

    • Faiblesse acquise en réanimation
    • Syndrome qui recouvre polyneuropathie et la myopathie
    • Touche les muscles périphériques et les muscles respiratoires
    • Définition clinique : score MRC<48 (sur 60)

    Facteurs de risque

    • Sévérité du tableau médical, sepsis sévère
    • Hyperglycémie
    • Immobilisation prolongée

    Physiopathologie complexe

    • Dysfonction musculaire
    • Altération de la capacité de régénération musculaire

    Echelle pour s’assurer de la bonne coopération du patient

    • RASS : niveau de conscience (+4=combatif; 0=éveillé et calme; -3=diminution modérée de la vigilance, -5= non réveillable). Si RASS supérieur ou égale à 3, procéder au CAM-ICU
    • CAM-ICU : 4 critères (fluctuation de l’état mental, inattention, niveau de conscience altéré, pensée désorganisée)

    Autres méthodes

    • Handgrip : <11kg H ou <7kg F
    • Evaluation M respiratoire PIM < 30cm d’H2O

    Syndromes plexiques

    • Surtout plexus brachial
    • Lésions favorisées chez les patients sous anesthésie générale + curares
    • Tableau complexe, en « mosaïque » : déficit moteur et sensitif, abolition ROT
    • Risque rétractions myotendineuse
    • Récupération très longue, parfois incertaine

    Tumeurs cérébrales

    • Tumeurs primitives : nées dans le SNC
    • Tumeurs secondaires : nés ailleurs dans le corps et métastasent jusqu’au cerveau
    • Les tumeurs secondaires sont dix fois plus fréquent que les primitives

    Examen histologiques systématique

    • Toutes les lésions expansives intracrâniennes ne sont pas des tumeurs
    • Stratification pronostique et décision thérapeutique

    Classification de l’OMS

    • Tumeurs neuroépithéliales : gliomes
    • Tumeurs méningées primitives : méningiome
    • Lymphomes primitif du SNC
    • Tumers de la région sellaire
    • Métastases intracrânienne (cérébrales, durales)

    Classification histomoléculaire des gliomes

    • 4 grades de malignité croissante
    • I Astrocytome pilocytique ; II astrocytome ; III anaplasique, IV glioblastome

    Métastases cérébrales : épidémiologie

    Certains cancers donnent volontiers des métastases cérébrales :

    • Mélanome
    • Choriocarcinome
    • Sein, poumon

    Mode de découverte

    3 grands modes de découverte des tumeurs intracrâniennes :

    • Syndrome d’hypertension intracrânienne (HTIC) : céphalée, vomissement, oedème papillaire. Chez l’enfant : accroissement anormal du périmètre crânien, élargissement des fontanelles, dysjonction des sutures crâniennes. URGENCE
    • Crise d’épilepsie
    • Déficit focal : dépend de la localisation du processus expansif. Le déficit s’installe progressivement puis s’aggrave en « tâche d’huile »

    Signes cliniques et localisation

    • Frontal/calleuse : syndrome frontal
    • Pariétale : hémihypoesthésie
    • Temporale : aphasie, trouble mnésique
    • Occipitale : QHL, HLH controlatérale
    • Chiasmatique/sellaire : hémianopsie, déficit hormonaux par envahissement de la région hypothalamo-hypophysaire
    • Noyaux gris et capsule interne : hémiparésie proportionnelle
    • Méningiome : pas agressif, né depuis la dure-mère
    • Lymphome : agressif
    • Métastase

    Prise en charge

    • Objectif principal : conserver une bonne qualité de vie
    • PEC multidisciplinaire