Évaluation de la propulsion en fauteuil roulant (WPT-F)

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Traduit à partir de la version anglophone rendue disponible 2012/12/05
Approuvés pour une première publication et aux fins d’utilisation : 5 mai 2014
Dernière version : 5 mai 2014
Évaluation de la propulsion en fauteuil roulant (WPT-F) – Formulaire Version 1.0
Sujet no : Date : Heure : Test no :
Données recueillies*

  1. Le sujet est-il capable de franchir une distance de 10 m? Oui ☐ Non ☐
  2. Direction de la trajectoire Vers l’avant ☐ Vers l’arrière ☐
  3. Membres qui contribuent à la propulsion, à la conduite et au
    freinage (cochez tout ce qui s’applique)
    Gauche : Main ☐ Jambe ☐
    Droit : Main ☐ Jambe ☐
  4. Membre choisi pour chronométrer les cycles de propulsion
    (cochez un membre)
    Gauche : Main ☐ Jambe ☐
    Droit : Main ☐ Jambe ☐
  5. Durée (à la seconde près) s
  6. Nombre total de cycles de propulsion (au cycle complet près) cycles
  7. Si le sujet utilise une ou deux mains pour se propulser vers
    l’avant, est-ce que, lors des phases de contact, le contact entre
    les mains du sujet et les cerceaux de conduite débutait
    généralement derrière le point le plus haut des roues arrière?
    Oui ☐ Non ☐
    Ne s’applique pas ☐
  8. Si le sujet utilise une ou deux mains pour se propulser vers
    l’avant, est-ce que, après les poussées, le sujet utilisait
    généralement une trajectoire de mains qui se situait
    principalement sous les cerceaux de conduite?
    Oui ☐ Non ☐
    Ne s’applique pas ☐
  9. Si le sujet utilise un ou deux pieds pour se propulser vers
    l’avant, est-ce que le contact initial entre le pied du sujet et le
    sol se faisait avec le genou fléchi à moins de 90° de
    l’extension complète et se terminait avec le genou fléchi à plus
    de 90° (ou l’inverse si le sujet recule)?
    Oui ☐ Non ☐
    Ne s’applique pas ☐
  10. Commentaires (ex. : position sur le siège, posture du tronc et des membres supérieurs, prise des
    mains, contact des pieds, constance, besoin d’entraînement, chaussures, équipement, problèmes liés
    au fauteuil roulant)
    Données calculées concernant la propulsion du fauteuil roulant*
  11. Vitesse : 10 m/ # de secondes = m/s
  12. Fréquence des poussées (cadence) :
    # cycles/ # de secondes = cycles/s
  13. Efficacité : 10 m/ # cycles = m/cycle
    *Directives sur la page suivante.
    Signature de l’évaluateur :
    Nom de l’évaluateur (lettres moulées) :
    Traduit à partir de la version anglophone rendue disponible 2012/12/05
    Approuvés pour une première publication et aux fins d’utilisation : 5 mai 2014
    Dernière version : 5 mai 2014
    Évaluation de la propulsion en fauteuil roulant (WPT-F) – Version 1,0
    Directives
    A. Équipement et installation :
  • Équipement pour chronométrer le temps (à la seconde près).
  • Un parcours de 10 m de long et d’au moins 1,2 m de large sur une surface plane est nécessaire. Il
    doit y avoir au moins 2 m de disponibles avant la ligne de départ et au moins 2 m après la ligne
    d’arrivée. Les lignes de départ et d’arrivée ainsi que la largeur du parcours doivent être
    clairement indiquées. Des distances plus longues (ex. : 100 m) peuvent être utilisées avec la
    même méthodologie, selon l’objectif de l’évaluation.
    B. Position de départ : L’utilisateur de fauteuil roulant est assis dans le fauteuil roulant au repos, les
    roues sont verrouillées et sont placées derrière la ligne de départ, l’utilisateur peut soit faire face au
    parcours ou être dos à celui-ci, selon sa préférence. Les roues avant devraient être orientées dans la
    direction dans laquelle elles seront déplacées. L’évaluateur doit être positionné de façon à avoir la
    meilleure vue possible sur le membre utilisé pour déterminer le nombre de cycles et pour voir les
    roues de tête lorsqu’elles franchissent la ligne d’arrivée.
    C. Sécurité : L’évaluateur est attentif et prêt à parer en cas de basculements arrière ou de chutes vers
    l’avant du fauteuil roulant, surtout lors des phases de départ et d’arrêt de l’évaluation.
    D. Directives :
  • Le sujet évalué peut effectuer un essai de pratique pour se familiariser avec les directives et pour
    offrir à l’évaluateur une indication sur le membre qui devrait être utilisé pour compter les cycles
    et sur la méthode de propulsion.
  • À l’oral ou à l’écrit, les directives données au sujet par l’évaluateur devraient être les suivantes :
    « Lorsque vous êtes prêt, veuillez propulser votre fauteuil roulant jusqu’à la zone d’arrivée en
    utilisant votre méthode de propulsion habituelle ainsi que votre vitesse habituelle ». L’évaluateur
    doit indiquer la zone d’arrivée, située au-delà de la ligne d’arrivée. S’il est évident que
    l’utilisateur n’a pas compris les directives (ex. : il arrête devant la ligne d’arrivée plutôt qu’audelà de celle-ci), l’évaluation peut être répétée.
    E. Ce que l’évaluateur note : L’évaluateur utilise le formulaire de la page précédente pour noter les
    données suivantes :
  1. Le sujet a complété avec succès la tâche de 10 m (oui/non).
  2. La direction de la trajectoire (vers l’avant/à reculons).
  3. Les membres qui contribuent à la propulsion, à diriger ou à freiner (bras gauche, bras droit,
    jambe gauche et/ou jambe droite). Cochez tous les choix qui s’appliquent.
  4. Le membre choisi pour chronométrer les cycles de propulsion (bras gauche, bras droit, jambe
    gauche et/ou jambe droite). Choisissez-en un. Pour les personnes hémiplégiques qui utilisent
    un bras et une jambe, utilisez plutôt la jambe pour compter les cycles.
  5. Durée (à la seconde près) entre le moment où les roues de tête franchissent la ligne de départ
    et le moment où elles franchissent la ligne d’arrivée. L’évaluateur ne doit pas trop insister sur
    le fait qu’il chronomètre l’épreuve, afin de ne pas encourager le sujet à accélérer.
  6. Le nombre total de cycles de propulsion en 10 m (au cycle complet près). Un cycle
    commence lorsque le membre choisi entre en contact avec les cerceaux de conduite (s’il
    s’agit d’un bras) ou le sol (s’il s’agit d’un pied). Le cycle se termine lorsque ce contact se
    répète.
    Traduit à partir de la version anglophone rendue disponible 2012/12/05
    Approuvés pour une première publication et aux fins d’utilisation : 5 mai 2014
    Dernière version : 5 mai 2014
  7. Si le sujet utilise une ou deux mains pour se propulser vers l’avant, est-ce que, lors des
    phases de contact, le contact entre les mains du sujet et les cerceaux de conduite débutait
    généralement derrière le point le plus haut des roues arrière? (oui/non/ne s’applique pas).
  8. Si le sujet utilise une ou deux mains pour se propulser vers l’avant, est-ce que, après les
    poussées, le sujet utilisait généralement une trajectoire de mains qui se situait principalement
    sous les cerceaux de conduite? (oui/non/ne s’applique pas).
  9. Si le sujet utilise un ou deux pieds pour se propulser vers l’avant, est-ce que le contact initial
    entre le pied du sujet et le sol se faisait avec le genou fléchi à moins de 90° de l’extension
    complète et se terminait avec le genou fléchi à plus de 90° (ou l’inverse si le sujet recule)?
    (oui/non/ne s’applique pas).
  10. Commentaires : l’évaluateur note tout ce qui est pertinent (ex. : position sur le siège, posture
    du tronc et des membres supérieurs, prise des mains, contact des pieds, constance, besoin
    d’entraînement, chaussures, équipement, problèmes liés au fauteuil roulant).
    F. Ce que l’évaluateur calcule : L’évaluateur calcule les paramètres dérivés suivants :
  11. Vitesse : 10 m / # de secondes = # m/s
  12. Fréquence des poussées (ou cadence) : # cycles / # de secondes = # cycles/s
  13. Efficacité : 10 m / # cycles = # m/cycle
    Note :
  • Il n’y a pas de permission à demander pour utiliser le WPT-F, ni aucun frais exigé.

Blessé médullaire : les complications

Hypotention orthostatique

  • 80% des paraplégiques
  • Mettre bas de contention et gaine abdominale en cas de verticalisation

Hyper-réflexie autonome (HRA)

  • Patient avec lésion médullaire supérieur ou égale à T6
  • Décharge sympathique à cause d’un stimuli nociceptif sous-lésionnel : augmentation brutale de la tension artérielle, malaise, céphalée, sueurs, hyperthermie
  • Urgence thérapeutique : appeler médecin
  • Faire baisser TA : retirer les contention, baisser les jambes

Accidents thrombo-embolique

  • Thromboses veineuses profondes : fréquentes dans les premiers mois
  • Embolie pulmonaire
  • Prévention : traitement anticoagulant, bas de contention

Spasticité

  • Libération des réflexes spinaux par manque d’inhibition corticale
  • Hypertonie spastique
  • Conséquences : raideur, rétractions articulaires, attitudes vicieuses, majoration du risque d’escarre
  • Spasticité peut être majorée par des épines irritatives

Les épines irritatives

  • Problèmes urinaires : infections urinaires, lithiases
  • Escarre, plaie, ongles incarné
  • Constipation, fécalome
  • Paraostéoarthropathies/ostéomes
  • TVP

Douleurs

  • Douleurs neuropathiques sous-lésionnelles : sensations de brûlure, décharges électriques, piqûres
  • Douleurs d’épaules dues à la surutilisation des MS

Troubles vésico-sphinctériens

  • Dyssynergie vésico-sphinctérienne, rétention
  • Hyperactivité détrusorienne : incontinence sur urgenturie, risque de reflux vésico-urétal
  • Risque de complications infectieuses et insuffisance rénale
  • Sondage : minimum 5 par jour (autonomie parfois possible à partir de C6)

Troubles ano-rectaux

  • Constipation fréquente : 45 à 95%
  • Paralysie motrice des abdominaux
  • Dyssynergie ano-rectale
  • Traitement par laxatifs, adaptation alimentaire, irrigation colique trans-anale

Troubles génito-sexuels

  • Dysérection, dyséjaculation, dysorgasmie
  • Traitement par médicament, vacuum, prothèse pénienne, injection intra-caverneuses

Escarres

  • Lésion cutanée ischémique liée à une compression prolongée des tissus mous entre un plan dur et les saillies osseuses
  • 4 stades : érythème (rougeur), désépidermisation, plaque de nécrose, perte cutanée profonde
  • Prévention : matelas adapté, alternance position au lit, soulèvement par push-up toutes les 15mn au fauteuil, observation régulière de l’état cutanée

Para-ostéo-arthropathies neurogène (POAN)

  • Ossification de localisation anormale se développant dans le tissus conjonctif des parties molles périarticulaires (ostéome)
  • Toujours en sous-lésionnel, au voisinage des grosses articulations (hanche, genou, coude, épaule)
  • Clinique : douleur, limitation amplitude articulaire (ankylose complète), tuméfaction
  • Prévention : kinésithérapie précoce

Respiratoire

  • Lésion au-dessus de C4 : paralysie phrénique impose une assistance ventilatoire
  • Lésion entre C4 et moelle dorsale haute : autonomie respiratoire avec fonction diaphragmatique préservée, mais précaire car paralysie des muscles intercostaux et abdominaux
  • Perte des muscles expiratoires : toux inefficace et risque d’encombrement bronchique

Synringomyélie

  • Développement d’une cavité remplie de liquide céphalo-spinal à l’intérieur de la moelle
  • Peut menacer une perte fonctionnelle d’un ou plusieurs métamères
  • Toute modification de l’examen neurologique doit y faire penser ++

Ostéoporose

Se développe rapidement en sous-lésionnel : diminution des contraintes en pesanteurs et en sollicitation, diminution du débit sanguin osseux

Risque de fractures spontanées

Blessé médullaire : prise en charge et objectifs fonctionnels

Prise en charge et objectifs fonctionnels

Niveau de lésion et autonomie

  • C4 et au-dessus ; pas de préhension possible, dépendance complète AVQ
  • C5 : prise bi-manuelle, conduite FRE avec fourche
  • C6 : préhension monomanuelle possible avec effet ténodèse
  • C7 : idem + transferts en autonomie, FRM sur terrain régulier
  • C8 : indépendance complète FRM
    T1 : idem + alimentation, sondage et toilette autonome
  • T2-T9 : indépendant pour tout, pas de marche
  • T10 – L2 : marche possible avec orthèse en intérieur
  • L3-L5 : autonomie marche avec orthèses

Objectifs

  • Prévention des complications
  • Aide à la récupération (lésions complètes)
  • Gestion des incapacités (lésions incomplètes)
  • Valorisation des capacités restantes
  • Réadaptation

=> Autonomie maximale en fonction du niveau, éducation thérapeutique

Rééducation

Verticalisation

  • Sur table de verticalisation
  • Prévention des complications respiratoires, transit, réadaptation assise, prévention ostéoporose

Lutte contre déformation

  • Flessum du coude, extensum poignet, doigts
  • Eviter limitation flexion de hanche et rotation, flexion de genou

Travail des transferts

  • Types de transferts
  • Protection des épaules
  • Protection sous-lésionnelle

Travail de l’autonomie

  • Toilettage, habillage, sondage, exonération, alimentation
  • Prévention des escarres

Echelle de déficience ASIA (atteinte médullaire)

Télécharger le fichier PDF sur le site : Score ASIA

Classification

Echelle de déficience ASIA

  • A = Complet : aucune sensibilité ou motricité dans le territoire S4-S5.
  • B = Incomplet sensitif : la sensibilité mais pas la motricité est préservée au dessous du niveau lésionnel, en particulier dans le territoire S4-S5.
  • C = Incomplet moteur : la motricité est préservée au dessous du niveau lésionnel et plus de la moitié des muscles testés au dessous de ce niveau a un score < 3 (motricité non fonctionnelle).
  • D = Incomplet moteur : la motricité est préservée au dessous du niveau lésionnel et au moins la moitié des muscles testés au dessous de ce niveau a un score ≥ 3.
  • E = Normal : la sensibilité et la motricité ont normales. Il peut persister des anomalies des réflexes.

Etapes de la classification

  1. Déterminer les niveaux sensitifs pour les côtés droit et gauche.
    Le niveau sensitif est le dernier dermatome sain pour la piqûre et le toucher.
  2. Déterminer les niveaux moteurs pour les côtés droit et gauche.
    Défini par le dernier muscle clé côté ≥ 3, à condition que les muscles sus-jacents soient considérés intacts.
    Note : dans les régions où il n’y a pas de myotome à tester, le niveau moteur est présumé être le même que le niveau sensoriel, si la fonction motrice testable au dessus de ce niveau est également normale.
  3. Déterminer le niveau lésionnel
    Il s’agit de la partie la plus distale avec sensibilité intacte et force musculaire antigravitaire (≥ 3), pourvu qu’il y ait audessus respectivement une fonction normale. Le niveau lésionnel est la plus proximal des niveaux sensoriels et moteurs déterminés dans les étapes 1 et 2.
  4. Déterminer si la lésion est complète ou incomplète.
    (c’est à dire l’absence ou la présence d’épargne sacrée)
    Si la contraction anale volontaire = Non ET tous scores sensolriels S4-S5 = 0 ET la pression anale profonde = Non, alors la lésion est considérée comme Complète.
    Sinon, la lésion est Incomplète
  5. Déterminer le score de déficience ASIA :
    • Est-ce une lésion complète ?
      • Si OUI, ASIA = A et noter la zone de préservation partielle (dernier dermatome ou myotome de chaque côté avec une préservation)
      • Si NON :
    • Est-ce une lésion motrice complète ?
      • Si OUI, ASIA = B
      • Si Non (contraction anale volontaire OU présence d’une fonction motrice sur plus de trois niveaux au-dessous du niveau moteur sur un côté donné, si le patient a une classification sensitive incomplète) :
    • Y a-t’il au moins la moitié (moitié ou plus) des muscles clés en dessous du niveau neurologique lésionnel classés 3 ou mieux ?
      • NON = ASIA C
      • OUI = ASIA D
    • Si la sensation et la fonction motrice sont normales dans tous les segments, alors
      • ASIA = E (si ATCD lésion documentée)

Cotation

Les groupes musculaires clés

5 groupes musculaires clés au MS

  • C5 Flexion de coude
  • C6 Extension de poignet
  • C7 Extension de coude
  • C8 Flexion du médius
  • T1 Abduction du 5ème doigt

5 groupes musculaires clés au MI

  • L2 Flexion de hanche
  • L3 Extension du genou
  • L4 Dorsiflexion de cheville
  • L5 Extension de l’hallux
  • S1 Flexion plantaire de cheville

Cotation fonction musculaire

  • 0 = paralysie totale
  • 1 = contraction visible ou palpable
  • 2 = mouvement actif dans son amplitude complète, sans pesanteur
  • 3 = mouvement actif dans son amplitude complète, contre pesanteur
  • 4 = mouvement actif dans son amplitude complète, contre résistance
  • 5 = mouvement normal (dans son amplitude complète, contre résistance complète)
  • NT = non testable (immobilisation, douleur, amputation, hypertonie sur > 50% amplitude du mouvement)


Cotation sensitive

  • 0 = absente
  • 1 = diminuée (appréciation partielle ou altérée, incluant hyperesthésie)
  • 2 = normale
  • NT = non testable

Echelle de Boubée (Equilibre assis)

  • But : évaluation de l’équilibre assis
    • L’évaluation de l’équilibre assis est donc censée être le reflet de certaines performances fonctionnelles : travailler, faire la cuisine, manipuler les roues du fauteuil, s’habiller, se laver, se transférer, se sonder, évacuer les selles
    • La maîtrise de ces activités garantit une grande partie de l’indépendance de la personne.
  • Population : paraplégique complet sur le plan moteur
  • Procédure : patient assis sur plan dur sans dossier, les pieds reposent au sol
  • Fichier JPG : échelle de Boubée

0 : Ne tient pas assis sans dossier


1 : Le sujet est capable de se tenir assis sans dossier, les mains sur les genoux et de porter celles-ci simultanément sur les crêtes iliaques


2 : Assis, bras en abduction à 90°, il fléchit alternativement les avant-bras en portant la main sur le moignon de l’épaule


3 : Même position que 2, puis il élève simultanément les 2 bras à la verticale, les redescend horizontalement devant lui et revient à la position de départ


4 : Même exercice que le 3, mais exécuté en sens inverse : les bras sont d’abord portés en avant puis à la verticale et redescendus en position de départ : bras en abduction à 90°


5 : Bras en abduction à 90°. En conservant cette position annexe des bras : rotation du tronc à droite et à gauche (les épaules tournent en même temps que le tronc)


6 : Même exercice mais les bras à la verticale


La rééducation du blessé médullaire

Les principales complications du blessé médullaire

  • Escarres
  • Accidents thrombo-emboliques
  • Hypotension orthistatique
  • Hyper-réflexie autonome
  • Syndrome restrictif
  • Troubles génito-sexuels
  • Douleur neurologique
  • Rétraction et POAN

Les paramètres spirométriques

Syndrome restrictif (diminution de la CV, VRE, VEMS, DEP, ) ayant pour cause :

  • Atteinte diaphragmatique (C2-C4)
  • Diminution de la compliance thoraco-pulmonaire : augmentation du volume résiduel
  • Atteinte des muscles expirateurs intercostaux et abdominaux

Entrainant une diminution de l’efficacité à la toux, une ventilation à faible volume => encombrement, atélectasie

Evolution et pronostic

  • La durée du choc spinale n’est pas un facteur de pronostique
  • Le pronostic est nettement meilleur en cas de lésions incomplètes. Pour les lésions complètes, la vitesse de récupération est un bon élément pronostic
  • La plupart des patients tétraplégiques récupèrent un niveau moteur après la phase aiguë
  • La plupart des récupérations des membres supérieurs interviennent dans les 6 premiers mois, et plus un muscle initialement à 0 commence à récupérer, plus son pronostic de récupération est bon
  • Il est possible d’envisager un pronostic à partir de 6-8 semaines après l’accident, mais celui-ci n’est réel qu’à partir de 1 an

Objectifs de rééducation en phase initiale

  • Prévention des complications de décubitus
    • Les escarres
    • Les TVP
    • L’encombrement respiratoire
  • Prévention des complication neurovégétatives
  • Prévention des troubles neuro-orthopédiques : maintenir un état optimal orthopédique sous-lésionnel en évitant les rétractions et les POAN

Principes : anticipation et prévention

  • Proposer au patient une rééducation personnalisée et fondée sur ses attentes. Le confronter à des difficultés d’importances croissante en favorisant les exercices les plus rapidement rentables sur le plan fonctionnel
  • Demander au patient d’identifier les problèmes qu’il rencontre et les analyser avec lui
  • Le mettre en situation pour un gain en autonomie et lui proposer des aides techniques
  • Lui proposer des activités variées pour entretenir sa motivation, favoriser les activités de groupe pour l’athlétisation de membres supérieurs et les auto-assouplissement
  • Mettre un gel sous ses fesses lors du travail sur le plan de Bobath pour prévenir les escarres si le patient est à risque
  • Les mobilisations doivent être lentes et atraumatiques en prévention des para-ostéo-arthropathies neurogènes (POAN) et des fractures spontanées

Objectif de la rééducation en SSR

Objectifs lors de la mise en fauteuil

  • Améliorer son équilibre assis, nécessaire pour son autonomie en fauteuil roulant, pour les transfert et la pratique sportive.
  • Renforcer la musculature sus-lésionnelle spécifique, essentielle à l’autonomie
  • Éduquer le patient pour prévenir les complications auxquelles il est le plus exposé : tendinopathies d’épaules et escarres
  • Améliorer le maniement du fauteuil tout terrain, les transferts à hauteurs différentes et l’endurance
  • Proposer le handisport

Appropriation du FR

  • Choix personnel du FR
  • Mise au point des réglages du FR et choix des gants
  • Apprentissage di 2 roues
  • Apprentissage des chutes en FR
  • Apprentissage des transferts avec le FR

Cas particuliers

  • Niveau C5 et au-dessus : seules possibilités fonctionnelles dépendent des muscles de la tête, de la langue, des paupières, du souffle et de la parole. Ils utilisent donc la robotique et la domotique.
  • Niveau C6 et au-dessous : ces patients peuvent se servir d’un maximum d’aides techniques et peuvent se déplacer en fauteuil roulant électrique et manuel

Apprentissage de la remontée en fauteuil en cas de chute

Techniques de rééducation proposées aux blessés médullaires en réponse aux objectifs

Apprentissage des retournements

  • Retournement
  • Passage à 4 pattes
  • Décubitus-assis
  • Assis-décubitus

Position assise sur le plan de Bobath : pour acquérir l’autonomie en fauteuil, il faut passer le niveau 3 de l’échelle de Boubée selon M.Maury

Pour niveau inférieur à T6 : chercher le redressement

Pour niveau inférieur à T6 : laisser le patient maintenir son équilibre avec une cyphose

Exercices en progression : enlever les appuis, horizontaliser le regard, chercher un objet de plus en plus loin

Apprentissage des push-up

  • Consigne : depuis la position coudes tendus bloqués en récurvatum et les épaules en rotation latérales, abaisser les épaules et basculer vers l’avant pour décoller le bassin.
  • Progression : isométrie pour l’endurance musculaire, push-ups sur des cales pour surélever, en asymétrie, sur main à plat ou sur le poing, avec destabilisation depuis les jambes lors de la position haute

Apprentissage des transferts

Prérequis

  • Le patient au-dessus de C6 ne pourra pas réaliser ses transferts
  • Le patient C6, s’il n’a pas de flessum de coude, peut bloquer ses coudes en récurvatum pour réaliser ses transferts ou aider la tierce personne à les réaliser
  • A partir de C7, les transfert peuvent être réalisés en push-up. La planche est indispensable au début pour réaliser des transferts glissés

Conseils à respecter

  • S’assurer de la stabilité du fauteuil : mettre les freins et les petites roues vers l’avant
  • Vérifier que les 2 plans sont stables et qu’ils ne bougeront pas durant le transfert
  • Tenter de réaliser ses transferts avec deux plans égaux

Progression

  • Table -fauteuil avec table plus haute que le fauteuil, puis sans différence de niveau
  • Gagner un maximum de hauteur en s’appuyant sur les poings et en abaissant au maximum les épaules

Une fois acquis, les exercices visent à améliorer l’endurance musculaire, l’équilibre du tronc et la vigilance des muscles de l’épaule : appui sur ballons assez durs, destabilisation en position push-up haute, destabilisation sur l’épaule libre avec l’autre main qui tient une barre. Cela permet de diminuer les appréhensions de chute.

Prévention des complications

Prévention des escarres

  • Informer le patient : escarre plaie consécutive à une hypoxie tissulaire par une pression excessive et prolongée. La durée de l’hyperpression est plus nocive que son intensité.
  • Diminution des pression
    • matelas thérapeutique
    • changement de position toutes les 3h au lit
    • soulèvement au fauteuil par push ups toutes les 15mn
    • positionnement symétrique pour répartir le poids sur les 2 ischions
    • observer soi-même l’état cutané avec un miroir

Prévention des troubles orthopédiques

  • Rétraction musculaire, enraidissement capsulo-ligamentaire
  • Ostéomes
  • Déséquilibre musculaire : asymétrie donc hyperpression localisée

Les 5 points clés de la prévention

Mobilisations passives

La para-ostéo-arthropathie

Néoformation osseuse au voisinage des articulations ou os en sous-lésionnel. Ces ossifications se développent dans le tissu conjonctif péri-articulaire avec une grande prédilection pour la hanche et le genou. Elles entraînent une limitation des amplitudes rendant la réalisation des AVQ difficiles voir impossible.

Prévention des POAN

  • Mobilisations douces et progressives articulaires sans déclencher trop de douleurs
  • Si POAN déjà installée : réduire phénomènes douloureux, maintien des amplitudes articulaires, glace, travail musculaire actif-aidé
  • Après refroidissement de la POA : traitement chirurgical possible

La verticalisation

Rester une heure par jour en verticalisation au stand-up présente les bénéfices suivant :

  • Lutte contre l’hypotension orthostatique (disparaît après plusieurs séance de verticalisation)
  • Lutte contre l’ostéoporose d’immobilisation (os sous lésionnel et principalement cortical)
  • Adaptation cardio-vasculaire : action bénéfique sur la fréquence cardiaque et le débit cardiaque, la TA, le retour veineux
  • Adaptation respiratoire
  • Facilitation de l’activité digestive et urinaire
  • Entretien orthopédique, notamment la dorsiflexion de cheville

Prévention des troubles respiratoires

  • Développer les muscles respiratoires conservés
  • Maintenir la cage thoracique souple par la respiration en pression positive
  • Prévenir ou réduire les épisodes d’encombrement

Athlétisation des membres supérieurs et prévention des douleurs d’épaule

Mécanismes physiopathologiques

  • Utilisation des MS comme membres portants et dans des mouvements peu ergonomiques : manipulation d’objets lourds en hauteur, chargement du fauteuil dans la voiture
  • L’hypersollicitation dans la vie quotidienne
  • La survenue de déséquilibres musculaires favorisant les conflits sous-acromiaux

Prise en charge MK préventive des douleurs d’épaule

  • Education thérapeutique rigoureuse et détaillée
  • Entretien des amplitudes articulaires maximales
  • Athlétisation de la ceinture scapulaire et des MS
  • Corriger défaut de technicité
  • Mauvaise propulsion
  • Mauvais rythme scapulo-huméral
  • Développer musculature sus-lésionnel
  • Recentrage actif de la tête humérale : reprogrammation des muscles abaisseurs (abaissement actif de la tête contre une résistance exercée sous le creux axillaire)
  • Stabilisation dynamique de la scapula : rapprochement des scapulas, étirement du plan postérieur (attitude cyphosique)
  • Renforcement des RL (ratio RL/RM supérieur à la normal, favorable à l’usure prématurée des éléments ligamenaires et tendineux) : exercice du bras de fer.

Athlétisation de la ceinture scapulaire

  • Renfo triceps et deltoïde postérieur
  • Triceps et grand pectoraux avec des pompes
  • Chaîne Kabat
  • Développé couché : coudes ne descendent pas sous les épaules, barre au niveau des mamelons, souffler en poussant
  • Renfo des abaisseurs : série de push ups sur des cales avec maintien ; renfo à la poulie sous 60° d’abduction (3 grands en course interne et composante maximale d’abaissement) et prévention des tendinopathie. Vérifier que les épaules sont abaissées au max (recentrage) et coudes tendus.
  • Natation avec les MS

Réentrainement à l’effort

  • Bénéfices : diminution FC à une même consommation d’O2, diminution FC repos, augmentation de la VO2
  • Intensité idéale : 60-90% FC max pendant 20 à 60mn par séance, 2-3 fois/semaine. Echauffement, pour monter à 70%FC, 20mn de travail à 70%, et retour au calme pour retrouver aisance respiratoire puis reprise de l’exercice.

Handisport

Récapitulatif


Vidéos

  • Aller chercher quelque chose le plus loin possible depuis la position assise
  • Avancer et reculer les fesses dans le fauteuil
  • Assis en bord de fauteuil : soulever la jambe et faire avancer le pied en avant des cale-pied au sol. Puis soulever de nouveau la jambe pour caler le pied sur le cale-pied. Faire plusieurs répétition de chaque jambe
  • Pencher son tronc en avant à la limite d’une position difficile, d’abord en se tenant aux accoudoirs, puis sans se tenir (préparation du transfert)
  • Push up : appui sur le fauteuil et soulever les fesses le plus haut possible 3 x 30s

Renforcement

  • RL en R1 avec résistance élastique
  • Dentelé antérieur
  • Abudction avec petit poids
  • Push-up

Les lésions médullaires : physiopathologie et grands syndromes cliniques

La moelle épinière

La substance blanche est constituée de :

  • Fibres nerveuses au sein de leur gaine (faisceaux sensitifs ascendant et faisceaux moteurs descendants)
  • Cordons médullaires ventraux, latéraux et dorsaux

La substance grise (corps cellulaire) est constituée de :

  • Corne ventrale pour la motricité
  • Corne dorsale pour la sensibilité

Les nerfs spinaux

  • Racines dorsales (sensitives)
  • Racines ventrales (motrices)
  • Foramen intervertébral

Les voies motrices

Fasiceau pyramidal (cortico-spinal)

Lésion sur la voie cortico-spinale : paralysie spastique

Lésion sur le deuxième motoneurone : paralysie flasque

Les voies extra-pyramidales

  • Faisceau rubro-spinal
  • Faisceau vestibulo-spinal : stabilité du regard lorsque le corps se déplace
  • Faisceau tecto-spinal : orientation du regard
  • Faisceau réticulo-spinaux : maintien de la posture

Les voies sensitives

Voie lemniscale

  • Faisceau cordonal postérieur
  • Tact épicritique, proprioception, pallesthésie
  • Faisceaux dorsaux de la moelle
  • Décussation au niveau du bulbe

Voie extra-lemniscale

  • Tact protopathique, sensibilité thermique, sensibilité algique
  • Cordon latéral
  • Croise la ligne médiane au niveau de chaque neuromère

Les grands syndromes cliniques

Syndrome transverse total

  • Déficit sensitif à tous les modes
  • Déficit moteur complet

Syndrome de Brown-séquard

Lésion d’une hémi-moelle

Homolatéral

  • Déficit moteur (faisceau pyramidal)
  • Anesthésie épicritique et proprioceptive (faisceau cordonal postérieur)

Controlatéral

  • Anesthésie thermo-algique (faisceau spino-thalamique)

Syndrome synringomyélique

Lésion centro-médullaire

Anesthésie thermo-algique suspendue à quelques métamères

Respect de la sensibilité tactile et proprioceptive


Syndrome lésionnel

Correspond à l’atteinte au niveau du siège de la compression, équivalent à un syndrome périphérique

  • Sensibilité : douleur dans le dermatome, hypoesthésie
  • Motricité : déficit, abolition ROT dans le territoire métamérique en cause, amyotrophie

Syndrome sous-lésionnel

Correspond à l’atteinte des voies longue descendantes et ascendantes au niveau de la lésion

  • Motricité : déficit moteur, syndrome pyramidal
  • Sensibilité : anesthésie/hypoesthésie, dysesthésies
  • Troubles vésico-sphinctériens, ano-rectaux, génito-sexuels

Phase 1 : choc spinal

  • Paralysie flasque : paralysie complète (volontaire et réflexe)
  • Anesthésie à tous les modes
  • Fonction neurovégétative altérée : troubles circulatoire, de la régulation thermique, digestif, vésico-sphinctériens

Phase 2 : automatisme médullaire

A 2 semaines – 2 mois

  • Persistance des troubles sensitivo-moteurs
  • Paralysie spastique : réapparition des ROT et apparition de la spasticité
  • Conséquences : exagération ROT (vifs, polycinétiques, diffusés), hypertonie spastique, spasme en flexion/extension, contractures