Rééducation post-chirurgie LCA – Phase 4

Table des matières

Phase 4, 3 à 5 mois : Reprendre la course en toute sécurité

Les vidéos ci-dessous vous guideront avec des exercices dynamiques et progressifs pour tester votre genou en mouvement.

Objectifs

Réintroduire la course à pied et renforcer la coordination

Préconisations

  • Programme progressif de course inspiré de La Clinique du Coureur
  • Renforcement unipodal avancé : walking lunges, squats unilatéraux, Nordic hamstrings
  • Début de pliométrie basse : réceptions contrôlées, sauts simples

Ce qu’il faut retenir

La charge monte, mais la qualité technique reste prioritaire suite à une opération du ligament croisé et pendant la rééducation.

Par exemple, lors d’un squat sur un pied, évitez que le genou ne parte vers l’intérieur (valgus dynamique) ou que le dos ne s’arrondisse. Un genou mal aligné exerce une pression excessive sur les ligaments internes, pouvant ralentir la guérison. Un dos courbé compromet la transmission des forces, augmente les tensions lombaires et réduit l’efficacité du mouvement.

Critères de passage en Phase 5

  • Fin d’un programme de course structuré
  • Single-Leg Hop Test : ≥ 90 % du côté controlatéral
  • Single-Leg Triple Hop Test : ≥ 90 % du côté controlatéral
  • Single-Leg Crossover Hop Test : ≥ 90 % du côté controlatéral
  • Side Hop Test : ≥ 90 % du côté controlatéral
  • Leg Press : ≥ 1,5 × le poids du corps
  • Accord du chirurgien, du médecin ou du spécialiste en rééducation

Exercices

4.1 – Marche latérale avec élastique
Pieds plus larges que les hanches, auto-agrandissement
Marcher de côté en veillant à ce que le genou ne parte pas vers l’extérieur ni en valgus
Marcher avec l’opposition des bras

4.2 – Bulgarian split squat
Fessiers engagés, sternum vers l’avant
Descendre avec 90% du poids sur la jambe avant, avec un schéma de course (bras en opposition).
Veiller au contrôle de la poitrine qui reste haute, le genou qui ne soit pas trop fléchi vers l’avant, et les fessiers engagés

4.3-4-5 – Marche en fente
Position fente, genoux dans l’axe (éviter le valgus de la jambe avant et de la jambe arrière), y compris pendant la phase de poussée. Arrivée avec une extension complète du genou et de la hanche.
Progression avec charge aux 2 bras, ou avec un aqua bag pour une perturbation externe

4.6-7-8 – Nordic Hamstring
Genoux, hanches, épaules alignés durant tout le mouvement, fessiers et transverse activés.
Descente du buste, contraction excentrique des ischio-jambiers.
Progression : avec une balle, bande élastique puis sans assistance

4.9-10 – Non-countermouvement vertical jump
Position en demi-squat, bras en extension, genoux au dessus des chevilles, buste droit et grand.
Sauter le plus haut possible à l’aide du balancé des bras au-dessus de la tête.
Puis revenir à la position de départ avec la répartition du poids sur les 2 pieds.
Progression avec le saut en avant et un focus sur la réception sans effondrement du buste

4.11-12 – Countermouvement jump
Depuis une position debout, bras élevés au-dessus de la tête, descendre le plus vite possible en position demi-squat et sauté le plus haut possible. Contrôler l’atterrissage.
Progression depuis une hauteur (drop jump)

4.13 – Saut unipodal
Pareil que précédemment mais sur un jambe.
Focus sur l’atterrissage et le maintien d’un genou stable.

4.14 – Saut avec rotation 90°

4.15-16 – Saut latéral
Saut avec 2 pieds et atterrissage sur 1 pied (dans les 2 sens)
Progression : saut avec la jambe gauche et atterrissage avec la jambe droite



Phase 5, Après 6 mois : Valider le retour au sport

Objectifs

Assurer un retour progressif et sécurisé à votre discipline

Préconisations

  • Tests fonctionnels : single leg hop, triple hop, cross-over, side hop (≥ 90 % du côté sain)
  • Travail spécifique au sport pratiqué (saut, pivot, freinage)
  • En lien avec votre préparateur physique ou coach
  • Validation médicale indispensable avant toute reprise compétitive

Ce qu’il faut retenir

Cette rééducation post opératoire des ligaments croisés ne vise pas seulement la fin des douleurs. Elle garantit que votre genou est prêt à encaisser les exigences de votre sport, sans risque accru de rechute.

Rééducation post-chirurgie LCA – Phase 3

Phase 3, 1 à 3 mois : Renforcer et coordonner

Cette playlist regroupe les exercices de rééducation du genou après une opération des ligaments croisés pour consolider les muscles et affiner votre gestuelle. À intégrer à votre routine sous contrôle d’un professionnel.

Objectifs

Gagner en force, récupérer 90 % de la flexion, améliorer le contrôle moteur

Préconisations

  • Objectif de flexion : au moins 90 % par rapport au côté sain
  • Split squats : apprentissage du bon alignement hanche-genou-pied
  • Glute bridges et variantes pour renforcer fessiers et ischios
  • Travail en unipodal : contrôle de l’équilibre, stabilité du genou
  • Introduction de charges légères : haltères, goblet squat, bandes élastiques

Ce qu’il faut retenir

Lors de cette phase de rééducation après les ligaments croisés, on commence à reconstruire des chaînes musculaires fonctionnelles. La qualité du mouvement passe avant la quantité. Mieux vaut un mouvement lent et bien exécuté qu’une série rapide mal maîtrisée.

Critères de passage en Phase 4

  • Squat unipodal de bonne qualité
  • Pont fessier unipodal à 85 % du côté controlatéral
  • Élévation sur la pointe de pied unipodale à 85 % du côté controlatéral
  • Élévation de jambe unipodale à 85 % du côté controlatéral
  • Gainage latéral (test d’endurance) à 85 % du côté controlatéral
  • Leg Press à 1,5 x le poids du corps
  • Dynamomètre quadriceps (1,45 N/kg)

Exercices

3.1 – Mobilité en rotation du tibia sous le fémur
Patient assis, ballon entre le genou pour stabiliser les genoux, surface glissante sous le pied.
Faire une rotation latérale puis une rotation médiale

3.2 – Split squat avec un bâton
Maintenir un bâton dans le dos pour garder l’alignement tête-dos-coccyx. Commencer pieds joints puis faire une grand pas en avant en gardant le dos bien droit. Puis fléchir les genoux jusqu’à ce que le genou arrière touche le sol, dos reste bien droit

3.3 et 3.4 Split squat chargé

3.5 et 3.6 – Pont fessier bipodal t unipodal
Patient sur le dos, genoux fléchis à 90°, talons plus large que les hanches. Pousser sur les talons pour faire une extension de hanche tout en rentrant le ventre sur l’expiration

3.7 et 3.8 – Pont fessier pieds surélevés en bipodal et unipodal

3.9 et 3.10 – Extension de hanche bipodal et unipodal
Patient sur le dos, banc placé sous les scapulas, bras en croix paumes vers le haut, menton se rapproche du sternum, genoux fléchis à 90°.
Faire l’extension en engageant le transverse sur l’expiration

3.11 – Presse unipodal 2/2
Phase excentrique en 2s et phase concentrique en 2s. Hanche et genoux fléchis à 90°
Augmenter le nombre de répétition

3.12 – Squat unipodal sur banc
Focus sur l’exécution. Garder les 2 pieds au même niveau sur le plan sagittal pour s’assurer d’avoir une position neutre du pelvis. Durant l’exécution, tendre les bras en avant pour équilibrer la position et aller chercher le contact avec le banc

3.13 – Squat unipodal assisté
Position debout, sur un banc à 30cm de hauteur. Descendre avec le dos bien droit en tendant les bras en avant avec une bande élastique.
En phase d’extension, fléchir les bras en tirant sur l’élastique.
Le pied qui descend reste aligné avec l’autre pied.

3.14-15-16 – Romanian dead lift unipodal
Genou en charge déverrouillé, arche plantaire maintenu, genou reste aligné (attention au valgus dynamique.
Le pelvis reste aligné dans le plan sagittal (pas de rotation).
Faire avec un bâton pour garder le dos bien droit, ou avec 1 ou 2 kettlebell pour augmenter l’intensité en veillant à garder les scapulas engagées

3.17-18-19 – Stabilité de la flexion de genou sur ball
Sur le dos, talons dans la balle, fessiers engagés. Faire une flexion de genou en veillant à avoir l’alignement genou-hanche-épaule. Retour à la position initiale contrôlé.
Même exercice avec une jambe en excentrique au retour, puis concentrique à l’aller en plus.

3.20 – Leg curl excentrique
Flexion concentrique avec 2 jambes puis excentrique avec une jambe

3.21-22-23 – Exercice de l’huître
Décubitus latéral, genoux fléchis, pied-hanche-épaule alignés.
Faire une rotation latérale de hanche et aller le plus possible sans rotation lombaire. Retour avec contrôle.
Progression : avec bande élastique au dessus des genoux et/ou en planche latérale.

3.24 – Stabilité de la jambe d’appui en schéma de course
Faire une flexion de hanche, de genou et de cheville en schéma de course et garder la jambe d’appui stable avec les fessiers engagés.
Faire plusieurs répétitions. Rester grand, expiration sur la flexion.
Variation en abduction, adduction, extension avec un schéma de course

3.25-26 – Planche frontale et latérale, coudes sous les épaules, alignement pied-hanche-épaule

3.27-28 – Pallof press – bipodal et unipodal
Elastique à hauteur des coudes, genoux déverrouillés, tendre les bras et stabiliser le tronc en résistant à la rotation.
En unilatéral, sur la jambe controlatérale ou homolatérale, fessiers engagés

3.29-30 – Copenhagen Plank
Sur genou ou sur pied
Pied-genou-hanche-epaule alignés, coude sous l’épaule.
Fessiers et abdos engagés.
Isométrie 20-30s.

3.31-32 – Extension à flexion
Exercice pour limiter l’impact durant la phase d’aterrissage.
Se tenir haut, bras en haut et sur la pointe des pieds, fessiers engagés, puis descendre très vite en flexion en balançant les bras en arrière. Rester grand durant la descente.
Progression avec atterissage sur 1 pied et un focus sur la stabilité du pied.

3.33 – POGO
Petits sauts enchaînés à fréquences élevés en diminuant les contraintes sur les genoux.
Maintenir l’activation des fessiers.
Progression : sauts plus haut

3.34-35 – Tall to short – depuis une hauteur bipodal et unipodal
Adapter la hauteur à la phase de la rééducation.
Depuis la hauteur, avancer une jambe en avant, la jambe d’appui vient la rejoindre puis atterissage en position hanches et genous fléchis (demi-squat)
Progression : atterrir sur une jambe


Rééducation post-chirurgie LCA – Phase 2

Phase 2, Jours 10 à 30 : Retrouver confiance et mobilité

Voici les exercices recommandés pour cette phase intermédiaire suite à une rupture du ligament croisé antérieur du genou. Lors de la rééducation, ils vous permettront de retrouver confiance, force et mobilité.

Objectifs

Améliorer la flexion, marcher normalement, renforcer les muscles clés

Préconisations

  • Progression vers la marche sans béquilles si le genou est sec et complètement étendu
  • Vélo sans résistance pour améliorer la flexion
  • Press sur un pied (unipodal) à 50 % du poids corporel, en tempo contrôlé (6 sec montée/descente)
  • Schéma de marche : haies basses, marche arrière sur tapis
  • Renforcement du verrouillage : exercices debout avec élastiques

Ce qu’il faut retenir

Le verrouillage actif est essentiel pour le ligament croisé en rééducation : il s’agit de contracter volontairement la cuisse pour garder le genou droit et stable, notamment en appui. Cela prépare à une marche fluide sans compensation.

Critères de passage en Phase 3

  • Extension complète
  • AMI grade 0
  • Stroke Test à 0
  • Flexion supérieure à 120°
  • Quadriceps Lag test positif

2.1 – Vélo
Ajuster la selle au niveau du grand trochanter du patient en position debout. Exercice pour la mobilité du genou, pas d’intérêt à ajouter une forte résistance. La résistance doit être très légère pour ne pas que le patient ait l’impression de pédaler dans le vide.
La selle peut être baissée pour augmenter la flexion de genou

2.2 – Presse unipodal 6/6
6s en excentrique enchaîné avec 6s en concentrique, sans compensation lombaire

2.3 – Marche par dessus les haies.
Passer la jambe opérée en premier et ramener l’autre jambe pour finir en position pieds joints. Eu retour, faire l’inverse : passer la jambe saine en premier puis l’autre.

2.4 – Extension complète de genou

2.5 – Verrouillage du genou en charge contre résistance élastique.
Elastique placé au-dessus de la fosse poplité, faire une extension active puis tenir en unipodal en gardant l’extension avec le grand fessier et le quadriceps engagés

2.6 – Extension de genou en décubitus ventral. Contracter le quadriceps pour soulever la patella au-dessus du sol. Maintenir quelques secondes.

2.7 – Squat
Pieds largeur au-delà de la hanche, faire une flexion de hanche et de genou en veillant à ne pas avoir d’effondrement de l’arche plantaire pour éviter un valgus dynamique du genou

2.8 – Marche arrière sur tapis légèrement incliné
Demander au patient de se focaliser sur l’extension de genou


Rééducation post-chirurgie LCA – Phase 1

Protocole issu du site : https://www.professeur-cavaignac.fr/ligament-croise-anterieur/lca-reeducation-protocole/

Phase 1, Jours 0 à 10 : Démarrer sur de bonnes bases

Découvrez la sélection de vidéos d’exercices de rééducation du ligament croisé adaptés à cette première phase, conçus pour amorcer la récupération en toute sécurité dès les premiers jours post-opératoires.

Objectifs

Maîtriser l’inflammation, sécuriser le genou, retrouver l’extension complète.

Préconisations

  • Pas d’attelle, mais deux béquilles dès le premier jour
  • Application de glace : 3 fois par jour, 20 minutes
  • Exercices de mobilité douce : glissement du pied au sol (assis ou allongé)
  • Verrouillage actif : contraction du quadriceps pour tendre complètement le genou, 3 fois par jour pendant 10 minutes
  • Renforcement des hanches : mouvements en décharge pour activer les muscles périphériques
  • Éducation : montée et descente d’escaliers sécurisée, posture, auto-massage

Ce qu’il faut retenir

Ne forcez jamais la flexion dans cette phase ! Le risque d’hémarthrose, c’est-à-dire une accumulation de sang dans l’articulation provoquant douleur, gonflement et raideur, est réel. L’extension complète est la priorité absolue.

Critères de passage en Phase 2

  • Extension à 0°
  • AMI grade 0 ou 1A
  • Stroke Test à 0 ou 1
  • Absence d’hématome

1.1 – Mobilisation patellaire passive

1.2 – Flexion-extension aidée en position assise sur plan glissant placé sous le talon

1.3 – Flexion-extension assistée par un plan glissant placé sous le talon en position allongé. Exécuter le mouvement à amplitude maximale sans douleur

1.4 – Flexion-extension assis droit sur un ballon. Rechercher l’amplitude maximale sans douleur

1.5 – Marche sur ballon. Position assis, dos droit, abdominaux engagés, lever le genou et l’avant-bras opposé pour simuler la marche. Engager également la flexion dorsale de cheville.

1.6 – Activation du vaste médial. Aller chercher le contact du genou avec la table, le talon se décollant de la table.
Pour faciliter la tâche, on peut placer une cale en triangle sous le fémur distal du patient.
On peut utiliser un EMG pour un biofeedback durant le mouvement exécuté avec aide puis sans aide

Extension active de genou contre gravité, position assise. Le genou reste en contact avec la table pour s’assurer qu’il n y a pas de compensation avec les fléchisseurs de hanche.

1.7 – Protocole de renforcement des muscles de la hanche
– Adduction : alignement cheville-bassin-épaule
– Extension : grand fessier engagé, ventre rentré
– Abduction : épaule, hanche, genoux et chevilles alignés. Garder l’extension active de genou, ne pas compenser avec les lombaires


Renforcement ischio-jambiers

Isométrique

En bipodal ou unipodal

Concentrique

Hamstring leg curl

Excentrique

Hamstring extender
Force des fléchisseurs de genou

Romanian dead lift
Pieds largeur du bassin orientés vers l’avant ou légèrement en dehors.
Dos droit, sans cambrure excessive, serrer la barre comme pour la tordre vers l’arrière en serrant le dos, gainer les abdos.
Descendre en poussant les fesses en arrière et en gardant les tibias à la verticale. Garder les bras tendu sans chercher à les tendre vers le sol. C’est la flexion de hanche qui rapproche du sol.
La barre descend le long des tibias

Pliométrique

Pont fessier (Hip thrust) sur talon avec saut rapide après réception

Nordic hamstring (ischio-jambiers)

Nordic hamstring

Dénominations : Nordic Hamstring Exercice (NHE)
Principe : contraction excentrique des ischio-jambiers

Prévention
Les programmes intégrant le NHE réduisent les blessures aux ischio-jambiers jusqu’à 51 %. Le NHE divise par deux le taux de blessures aux ischio-jambiers dans de nombreux sports et chez différents athlètes.1

Progression
Une dose minimale est nécessaire pour augmenter la force des IJ et la longueur des fascicules musculaires. 4×6 reps, 2 x/semaine pendant 2 semaines suivi de 2×4 reps 1x/sem pendant 4 semaine suffisent à induire ces adaptations
Les participants suffisamment forts pour contrôler parfaitement les derniers 10-20° du mouvement, ils peuvent ensuite tenir un disque de 5-25kg afin de maintenir une intensité d’exercice supramaximale2 (Supramaximal = supérieur à la charge maximale pour 1 répétition maximale)

Consignes :

  1. assis sur les genoux. Les genoux sont posés sur un coussins
  2. Genou/EIAS/acromion alignés verticalement
  3. Les chevilles sont maintenues solidement
  4. Garder les fessiers contractés
  5. Freiner la descente du corps vers le sol en contractant la chaîne postérieur : fessiers et ischio-jambiers, tout en garder l’alignement
  6. A l’approche du sol, amortir avec les bras
  7. Pour revenir à la position initiale, pousser avec les bras (faire une pompe dynamique) tout en contractant la chaîne postérieur, en ayant l’intention de ramener le dos à la position debout

Variantes pour faciliter le mouvement

  • Descendre avec les hanches fléchies
  • Utiliser une bande élastique pour retenir la descente du buste
  • Placer des blocs devant pour diminuer l’amplitude de la descente

  1. Including the Nordic hamstring exercise in injury prevention programmes halves the rate of hamstring injuries: a systematic review and meta-analysis of 8459 athletes ↩︎
  2. The effect of Nordic hamstring exercise training volume on biceps femoris long head architectural adaptation ↩︎

Répétitions en réserve (RIR)

En quoi consistent les répétitions en réserve ?

Les répétitions en réserve (RIR) désignent le nombre de répétitions que vous pensez pouvoir effectuer
après avoir terminé une série d’exercices. Par exemple, si vous venez d’effectuer huit répétitions de
développé couché et que vous avez l’impression de pouvoir en faire une de plus, vous diriez que vous
avez une répétition en réserve.1

Points faibles

  • Les répétitions en réserve manquent de précision dans les entraînements de faible intensité ou les
    répétitions inférieures au seuil d’échec musculaire. Par exemple, il serait difficile de distinguer le
    nombre de répétitions que vous avez en réserve avant l’échec si vous ne soulevez les poids qu’à
    60 % de votre effort maximal. De ce fait, les répétitions en réserve sont plus précises pour les
    séries approchant de l’échec musculaire ou celles inférieures à cinq répétitions.

Points forts

  • Les répétitions en réserve constituent une méthode plus simple pour faire le suivi des charges
    des débutants que l’utilisation d’un pourcentage de répétitions maximales.
  • Si on la compare à l’échelle de perception de l’effort, les sportifs peuvent estimer avec plus de
    précision le nombre de répétitions qu’il reste dans une série.
  • L’emploi des répétitions en réserve par rapport aux répétitions maximales tient compte des
    fluctuations quotidiennes de la performance.
  • En général, les répétitions en réserve sont calculées sur une plage de 0 à 5, de sorte que les
    résultats sont faciles à comprendre et à mémoriser.
  • Lʼentraînement selon les répétitions en réserve peut servir à s’adapter à l’évolution du niveau
    musculaire de l’athlète au cours d’un programme dʼentraînement.


Comment utiliser les répétitions en réserve ?

  1. Utilisez des évaluations qui ne dépassent pas cinq répétitions en réserve.
  2. Pour les athlètes novices, vérifiez s’ils utilisent les répétitions en réserve avec précision avant
    d’en faire un outil exclusif. Vous pouvez vérifier la précision en demandant à l’athlète d’effectuer
    une série à un niveau d’effort sous-maximal juste inférieur à l’échec musculaire et noter les
    répétitions en réserve. Il devra ensuite effectuer une série avec la même charge jusqu’à l’échec
    musculaire pour vérifier la précision.
  3. Faites correspondre la plage de vos répétitions en réserve (RIR) avec vos objectifs d’entraînement.
    Développement musculaire : Plage de 0 à 3 RIR.
    Développement de la puissance musculaire : Plage de 2 à 3 RIR.
    Endurance musculaire : Plage de 0 à 1 RIR.
    Hypertrophie : Plage de 2 à 4 RIR pour les mouvements principaux (p. ex., flexion des jambes,
    développé couché). Plage de 0 à 2 RIR pour les exercices présentant une faible difficulté de
    mouvement (p. ex., exercices d’assistance).
  4. Une fois que l’athlète a terminé une série, demandez-lui combien de répétitions en réserve il lui
    reste. Ajustez les charges en conséquence pour qu’elles correspondent à l’intensité prévue de
    votre entraînement. Par exemple, si vous travaillez le développement musculaire et qu’un athlète
    indique avoir cinq répétitions en réserve, il pourrait devoir augmenter le poids utilisé durant
    l’exercice en question.

  1. Échelle de perception de l’effort et répétitions en réserve, Christine Camozzi, M. Sc. Kinésiologie, CSCS (Spécialiste certifiée en musculation et conditionnement physique) – L’Institut du canadien du sport de l’Ontario ↩︎

Echelle de perception de l’effort (Borg)

L’échelle de perception de l’effort est un outil créé par Gunnar Borg qui sert à surveiller l’effort pendant
les exercices aérobiques. À l’origine, son échelle allait de 6 à 20 et s’accompagnait des descriptions
correspondantes qui permettaient aux gens d’évaluer le degré d’intensité d’une tâche physique. Elle s’est
systématiquement avérée comme une méthode fiable et valable pour concorder avec la fréquence
cardiaque d’une personne en bonne santé.


Points faibles

  • L’état émotionnel, le type de personnalité, la motivation et l’âge peuvent tous avoir une incidence
    sur l’échelle de perception de l’effort. Par exemple, une personne qui aime faire de lʼexercice ou
    un athlète très motivé risquent de sous-estimer le niveau dʼeffort quʼils produisent. Dʼautre part,
    on sait que les athlètes très compétitifs sous-évaluent leur perception de l’effort, car ils ne veulent
    pas admettre la fatigue qu’ils ressentent.
  • L’échelle de perception de l’effort peut être influencée par les autres. Au sein d’un groupe, surtout
    s’il est composé d’adolescents, les gens sont réticents à indiquer un niveau d’effort différent de
    celui de leurs partenaires d’entraînement. La fiabilité des résultats peut s’en ressentir.
  • L’échelle de perception de l’effort ne convient pas forcément pour estimer la charge dans les
    exercices de musculation. Les études démontrent que des résultats de perception de l’effort
    inférieurs à l’effort maximal sont signalés même lorsque le nombre maximal de répétitions est
    effectué pour une charge donnée.
  • L’échelle de perception de l’effort peut être difficile à utiliser par les débutants ou les jeunes
    athlètes qui sont encore en train de découvrir les effets des différentes intensités et d’apprendre
    des stratégies de rythme (p. ex., les jeunes ont tendance à s’entraîner aux niveaux extrêmes de
    la plage d’intensité). Les jeunes athlètes peuvent aussi avoir du mal à comprendre les
    descriptions et à connaître la différence entre « difficile » et « moyennement difficile ».

Points forts

  • Les échelles de perception de l’effort peuvent s’avérer plus utiles pour mesurer la fréquence
    cardiaque dans les sports et exercices aérobiques.
  • Elle est en étroite corrélation avec la fréquence cardiaque et les degrés de l’échelle augmentent
    de façon linéaire avec l’intensité de l’exercice, la fréquence cardiaque et la consommation
    d’oxygène.
  • Les échelles de perception de l’effort peuvent servir à indiquer la difficulté de la séance et à
    surveiller la charge de l’entraînement en mesurant la perception de l’effort de la séance (sRPE).
    Celle-ci s’est avérée constituer une mesure valable de la charge interne chez différentes
    populations d’athlètes, y compris chez les adolescents pratiquant la course de fond, les jeunes
    basketteuses et les joueurs de soccer d’élite.
  • Les échelles de perception de l’effort peuvent être utiles en l’absence de cardiofréquencemètres.
  • Elles peuvent aussi être adaptées aux athlètes expérimentés et confirmés. On a découvert que
    les haltérophiles plus expérimentés et ceux déjà habitués à utiliser des échelles de perception de
    l’effort pouvaient évaluer plus précisément l’intensité de leur entraînement que les novices
    inexpérimentés.


Comment utiliser l’échelle de perception de l’effort?

  1. Utilisez l’échelle de Borg graduée de 6 à 20, car les descripteurs ont été soigneusement placés pour correspondre à l’augmentation de la fréquence cardiaque et de
    l’intensité.
  2. Enseignez et expliquez les descriptions indiquées dans l’échelle de perception de l’effort. Veillez à ce que les interprétations des descripteurs cadrent avec celles de vos athlètes. Demandez-leur
    ce que signifie chaque description et donnez-leur des précisions au besoin.
  3. Donnez l’occasion aux athlètes de découvrir ce qu’indique chaque degré de l’échelle en portant un cardiofréquencemètre. Par la suite, vous pourrez décrire les séances d’entraînement en
    disant : « Vous devriez ressentir un 15 ».
  4. Dites aux athlètes de se concentrer sur leur effort interne, et non sur des facteurs externes (p. ex., pas sur la lourdeur des poids, la vitesse des battements de cœur ou la chaleur quʼils ressentent). Rappelez aux athlètes que c’est leur propre effort et la sensation d’effort qui comptent, pas ceux des autres. Demandez aux athlètes de trouver le chiffre correspondant à leur effort sur l’échelle et vérifiez que la description concorde. N’oubliez pas de le demander en privé aux athlètes et de le consigner là où les autres ne le verront pas. En ajoutant un zéro au chiffre,
    vous obtiendrez une estimation de la fréquence cardiaque. Par exemple, si j’indique 12 sur l’échelle de perception de l’effort, ma fréquence cardiaque devrait se situer autour de 120 bpm.
  5. Si vous utilisez l’échelle de perception de l’effort pour surveiller la charge de l’entraînement, vous pouvez compléter l’évaluation en demandant à quoi ressemblait la perception de l’effort de la
    séance (sRPE) dans les 30 minutes suivant la fin de la séance d’entraînement. Le résultat sRPE peut être multiplié par la durée de la séance pour obtenir le résultat de la charge de
    l’entraînement, laquelle est mesurée en unités arbitraires (UA). Par exemple, pour un athlète qui évalue sa séance à 8/10 après s’être entraîné pendant 60 minutes, la charge de l’entraînement
    serait de 480 UA.

Échelle de perception de l’effort et répétitions en réserve, Christine Camozzi, M. Sc. Kinésiologie, CSCS (Spécialiste certifiée en musculation et conditionnement physique) – L’Institut du canadien du sport de l’Ontario

Ankle-Go-Score

Introduction

« Un consensus international a montré l’importance d’ évaluer cinq domaines pour décider du retour au sport. Les auteurs encouragent à utiliser l’acronyme PAASS (Pain, Ankle Impairments, Athlete perception, Sensorimotor control, Sport/functionnal performance) pour évaluer l’aptitude du patient à reprendre son
activité sportive. Il s’agit d’évaluer la douleur, les déficits de cheville, le ressenti de l’athlète (kinésiophobie, aptitude psychologique à la reprise sportive, etc.), le contrôle sensorimoteur de la cheville et la performance fonctionnelle et sportive. »1

Composition du Ankle-Go-Score : 4 tests fonctionnels et 2 questionnaires

Composition

Tests fonctionnels

Single Leg Stance (SLS) sur une surface stable, 3 points

Le patient doit se tenir pieds nus sur une jambe, le genou légèrement fléchi (5°), les mains sur les hanches, pendant 20 secondes, les yeux fermés. Le membre non porteur est placé en légère flexion de hanche et de genou (environ 45°).
Ce test évalue le contrôle postural statique en fonction du nombre d’erreurs commises par le patient. Une erreur est enregistrée pour chacune des actions suivantes : lever les mains des hanches, déplacer la cuisse à plus de 30° de flexion ou d’abduction, lever l’avant-pied ou le talon, rester hors de la position de test pendant plus de cinq secondes, ou ouvrir les yeux.
Le praticien compte et additionne le nombre d’erreurs sur chaque jambe. Après deux essais d’entraînement, le test est effectué une fois sur chaque pied.

Star Excursion Balance Test modifié (mSEBT), 7 points

Le sujet/patient se tient pieds nus sur le pied testé au centre d’un « Y » formé de trois branches.
Il doit aller toucher le plus loin possible avec la jambe opposée dans les trois directions : antérieure (ANT), postéro-médiale (PM) et postéro-latérale (PL), puis revenir à la position initiale.
L’essai est refusé si le sujet retire ses mains des hanches, si la jambe porteuse se déplace ou si le talon est relevé, s’il perd l’équilibre, tombe ou s’il transfère son poids sur le membre non porteur.
Pour obtenir des résultats comparables, les distances obtenues sont normalisées par rapport à la longueur de la jambe du patient (de l’épine iliaque antéro-supérieure jusqu’à la malléole médiale). Les valeurs obtenues sont ainsi exprimées en % de la longueur du membre inférieur en charge.
Après quatre essais d’apprentissage dans chaque direction pour chaque jambe, trois essais sont enregistrés et la moyenne est calculée.
Le score composite (COMP) est ensuite déterminé pour chaque jambe ; il correspond à la moyenne des trois directions (ANT, PM et PL). Un point est ajouté si la mesure dans la direction ANT est supérieure à 60 %, et un autre point si la mesure dans la direction PM est supérieure à 90 %.

Side Hop Test (SHT), 5 points

Ce test consiste à sauter à cloche pied de part et d’autre d’une « rivière » de 30 cm. Le praticien mesure le temps mis par le patient pour réaliser 10 allers-retours. Le premier saut se fait toujours vers l’extérieur. Si le patient touche la ligne, cet aller-retour n’est pas comptabilisé.

Figure-of-8 Test (F8T), 3 points

Ce test consiste à sauter à cloche pied entre deux plots distants de cinq mètres en formant une figure en 8, le plus rapidement possible. Le patient doit effectuer deux tours consécutifs (soit une distance de 20m).
Un point supplémentaire est ajouté pour chaque test si le patient ne rapporte pas de sensation l’instabilité lors de la réalisation de chaque test fonctionnel.

Questionnaires

FAAM

Foot and Ankle Ability Measure (FAAM) : comprend deux sous-échelles qui évaluent les activités de la vie quotidienne (FAAMavq) et les activités sportives (FAAMsport)

ALR-RSI

Ankle Ligament Reconstruction-Return to Sport after Injury (ALR-RSI)

Tableau de score

Résultats :

A 2 mois après une entorse latérale de cheville (ELC) :

  • score > 8 = 5 fois plus de chance de revenir au même niveau de pratique après 4 mois que les autres patients
  • score > 8 = 9 fois moins de risque de subir récidive
  • score > 11 = 12 fois plus de chance de devenir un coper ( patients qui reprennent avec succès leur niveau d’activité pré-blessure)
  1. Développement et validation du premier score objectif de retour au sport après entorse de cheville :
    l’Ankle-GO score
    ↩︎