Clinimétrie

Validité des tests

La validité d’un test est une des composantes de sa clinimétrie.
Elle est composée, entre autres, de ses valeurs de sensibilité, spécificité, de ses valeurs prédictives et de ses ratios de vraisemblance.

Sensibilité et spécificité

Sensibilité

Au sein d’une population qui présente une maladie, la sensibilité d’un test est le pourcentage de réponses positives au test si la personne est atteinte de la maladie. C’est le pourcentage de vrais positifs.
Exemple : Si 100 personnes présentent une rupture du tendon du supra-épineux et que l’on réalise un test orthopédique «X» censé permettre de diagnostiquer cette rupture et que le test est positif sur 96 personnes, alors le test présente une sensibilité de 96%. Ce qui est un très bon niveau de sensibilité.
En pratique, si un test très sensible (proche de 100%) est négatif cela permet d’exclure la maladie du diagnostic. On peut retenir le moyen mnémotechnique SnOut (Sn: sensibility, Out: rule Out)

Spécificité

Au sein d’une population qui ne présente pas une maladie, la spécificité d’un test est le pourcentage de réponses négatives au test si la personne n’est pas atteinte de la maladie. C’est le pourcentage de vrais négatifs.
Exemple : Si 100 personnes ne présentent pas une rupture du supra-épineux et que l’on réalise le même test orthopédique «X» censé diagnostiquer ladite rupture. Si 90 personnes répondent positivement au test, il s’agit alors de 90 faux positifs (puisqu’ils ne présentent pas de rupture). Le test présente donc
une spécificité de seulement 10% correspondant aux 10 réponses négatives sur des personnes sans rupture.
Il ne sera pas pertinent d’utiliser ce test «X»de façon isolée pour diagnostiquer la rupture du supra-épineux sur une population générale, même s’il présente une bonne sensibilité, car il présente une mauvaise spécificité.
En pratique, si un test très spécifique (proche de 100%) est positif cela permet d’inclure la maladie dans le diagnostic. On peut retenir le moyen mnémotechnique SpIn (Sp: specificity, In: rule In).

Valeur prédictive

Valeur prédictive positive (VP+)

C’est la probabilité qu’un patient qui présenterait un test de rupture du supra-épineux positif ait réellement une rupture du supra-épineux en le vérifiant par exemple à l’aide d’une imagerie voire d’une arthroscopie.
Ceci correspond au rapport entre les patients qui présentent réellement une rupture du supra-épineux (objectivée à l’imagerie) et tous ceux qui ont répondu positivement au test, y compris ceux qui ne présentaient pas de rupture (RAS à l’imagerie ou à l’arthroscopie).
VP+ =Vrais positifs / (Vrais positifs + Faux positifs)

Valeur prédictive négative (VP-)

C’est la probabilité de ne pas avoir de rupture du supra-épineux lorsque le patient présente un test négatif après l’avoir vérifié par une imagerie par exemple.
Ceci correspond au rapport entre les patients qui ne présentent pas de rupture du supra-épineux (RAS à l’imagerie ou arthroscopie) et tous ceux qui ont répondu négativement au test, y compris ceux qui présentaient une rupture.
VP- =Vrais négatifs / (Vrais négatif + Faux négatifs)

Limites des valeurs prédictives

Contrairement à la sensibilité et à la spécificité, les valeurs prédictives sont influencées par la prévalence de la pathologie dans la population étudiée. Par exemple, si l’on réalise un test de rupture du supra-épineux dans une population de plus de 70 ans, les tests auront de grandes chances d’être positifs. En effet, cette rupture est fréquente dans cette population. En revanche, si l’on réalisait ce même test sur une population de moins de 30 ans il serait peu probable que les personnes dont le test de rupture du supra-épineux serait positif, aient véritablement une rupture, parce qu’à cet âge cela est extrêmement rare.
Dès lors, le calcul de la VP+ et VP- dépend de la population plus ou moins homogène étudiée et si l’on souhaite utiliser ces valeurs dans le cadre d’une pratique clinique il faut que la population soignée corresponde exactement à la population qui avait été étudiée. Par exemple, les valeurs prédictives des
tests d’instabilité de l’épaule réalisés sur une équipe de handballeurs professionnels ne pourront pas être transposées par un physiothérapeute dans sa pratique si ses patients ne sont pas du même sexe, de la même tranche d’âge et du même niveau sportif que ceux de l’étude.

Ratio de vraisemblance (RV ou LR)

Le rapport de vraisemblance est utilisé pour calculer les probabilités de la maladie après le test, partant d’une probabilité de maladie avant le test. Si le résultat du test est positif, on emploie le rapport de vraisemblance positif (RV+ ou LR+), si le résultat est négatif on emploie le rapport de vraisemblance négatif (RV- ou LR-).

RV+

Le RV+ est le rapport entre la probabilité de présenter un test positif quand la personne est malade et la probabilité de présenter un test positif quand la personne n’est pas malade.
RV+ = Test positif et malade / Test positif et non malade = Sens. du Test / 1-Spec.

RV-

Le RV- est le rapport entre la probabilité de présenter un test négatif quand la personne est malade et la probabilité de présenter un test négatif quand la personne n’est pas malade.
RV- = Test négatif et malade / Test négatif et non malade = 1 – Sens. du Test / Spec.

Intérêt des ration de vraisemblance

L’intérêt des rapports de vraisemblance est d’utiliser la sensibilité et la spécificité des tests ce qui, contrairement aux valeurs prédictives, permet d’obtenir un résultat qui ne dépend pas de
la prévalence de la maladie au sein de la population étudiée. Plus le rapport de vraisemblance est supérieur à 1 plus le test permet d’inclure la maladie.

Exemple : Si lors d’un test le RV+ =8, cela signifie qu’à la lumière de ce test, le sujet a 8 fois plus de
risque de présenter la maladie si le test est positif.
A contrario, plus le rapport de vraisemblance est inférieur à 1 plus le test permet d’exclure la maladie.
Exemple : Si lors d’un test le RV- = 0,25, cela signifie qu’à la lumière de ce test, le sujet a quatre fois moins de risque de présenter la maladie si le test est négatif.

Bibliographie

Les tests orthopédiques de l’épaule : validité et utilité dans le cadre du raisonnement clinique
en physiothérapie, F. Sour