15. La compliance pulmonaire

Compliance : mécanique respiratoire = ensemble des forces qui mobilisent le poumon et la paroi thoracique

Compliance pulmonaire : capacité du poumon à bien s’ouvrir à l’inspiration (c’est l’inverse de l’élastance) mais également la capacité à bien se fermer à l’expiration.

Au début d’une inspiration (après une expiration), le volume du poumon n’est pas égal à zéro, il correspond au volume résiduel. Au début de l’inspiration, c’est facile, il y a une grande variation de volume des poumons pour une faible variation de pression (courbe verticale). En fin d’inspiration, il est plus difficile d’ouvrir les poumons, il faut de fortes variations de pression pour obtenir de faibles variations de volume (courbe horizontale). Et on arrive à la CPT.
La compliance pulmonaire c’est la pente de cette courbe.

  • Si la pente est davantage verticale, cela signifie qu’il faut de faible variation de pression pour générer de fortes variations de volume : la compliance est élevée. Et inversement, la compliance est basse comme pour la fibrose pulmonaire ou dans l’œdème pulmonaire.

L’hystérésis
Quand on expire, la courbe fait le chemin inverse, mais pas exactement le même chemin. La différence entre l’inspiration et l’expiration s’appelle l’hysteresis qui est une propriété des fibres élastiques comme le caoutchouc. Quand on relâche un caoutchouc étiré, il y a un retard pour reprendre sa forme initiale. On dit qu’il y a un retard de la cause sur l’effet.

La seconde propriété qui influence la compliance pulmonaire, c’est le surfactant qui tapisse les alvéoles.

A quoi correspond la pression ?
Ce qui permet au poumon de s’ouvrir et de se fermer, c’est la résultante de 2 forces opposées du diaphragme et de la cage thoracique qui tendent à ouvrir le poumon et la force élastique du poumon qui tend à fermer le poumon. Pour qu’un poumon s’ouvre, il faut que la pression autour du poumon soit plus faible que la pression dans le poumon, Il faut que la pression autour du poumon soit négative par rapport à la pression dans le poumon, c’est-à-dire négative par rapport à la pression atmosphérique.

Les plèvres sont formées de 2 feuillets (pariétale et pleurale) permettant de « huiler » les mouvements du poumon. La pression qui y règne est toujours négative. Donc les pressions qui interviennent dans la courbe de compliance sont des pressions négatives.

Sommet et base du poumon

Différence de pression liée à la gravité et du poids du poumon.

Tout corps suspendu exerce une contreforce contre la pesanteur qui est plus élevée en bas qu’en haut. La pression à l’intérieur de la plèvre est toujours négative, mais elle est plus élevée à la base qu’au sommet.

Les alvéoles du sommet sont plus distendus au repos que les alvéoles de la base.

  • Le poumon ne se comporte pas de manière homogène et qu’il y a des différences au niveau de ces régions.

Que se passe-t-il de façon dynamique quand on respire ?

Les bases du poumon s’ouvrent davantage que le sommet. Sur la courbe, la pression à la base correspond à la partie verticale de la courbe (faible variation de pression pour de grandes variations de pression).

La pression au sommet du poumon correspond à la partie horizontale.

  • La compliance n’est pas homogène : elle est plus élevée aux bases quand on est debout.

Quand on est en position couchée

Les viscères poussent un peu plus sur les poumons et donc la résultante des pressions au niveau de la plèvre sera un peu plus élevée, un peu moins négative.

Mais que se passe-t-il sy en plus en plus on est obèse, sous anesthésie, ou âgé ?

La pression des viscères est encore plus forte, jsuqu’à devenir positive. Et si la pression autour du poumon est plus forte que la pression interne, le poumon s’atélectasie : c’est une atélectasie par compression.

La compliance pulmonaire, qui se mesure par la courbe pression-volume est explicable par 2 principes fondamentaux : les fibres élastiques et le surfactant. Elle est variable selon la position, de l’endroit des poumons, de l’âge et de certaines maladies.

Cet article est un récapitulatif de la vidéo « La Compliance Pulmonaire » de l’Université catholique de Louvain.

16. Le surfactant pulmonaire

La tension superficielle
C’est une force qui s’exerce sur une ligne imaginaire à la surface entre l’air et l’eau. Ces forces d’attraction et de cohésion d’eau permettent aux insectes de marcher sur l’eau. De même, on ne peut pas couper l’eau avec un couteau et laisser une plaie car les forces de cohésion rapprochent les molécules d’eau.

Si la surface est une sphère avec de l’air au centre et du liquide autour, les forces ont tendances à réduire cette sphère.
La loi de Laplace : la tension superficielle est inversement proportionnelle au rayon de la sphère.

Or, toutes les alvéoles sont en contact les unes avec les autres, donc les petites alvéoles auraient une tendance à se vider dans les plus grosses, et ce comportement physique est incompatible avec la vie de nos poumons.


La solution pour diminuer cette tension superficielle, c’est le surfactant.

Le surfactant
C’est un film qui tapisse la surface des alvéoles et abaisse fortement les forces de tension superficielles.
Exemple du trombone : si on le pose à la surface de l’eau, il flotte. Si on ajoute du liquide vaisselle (surfactant), on fait chuter les forces de tension superficielle des alvéoles et le trombone coule.

Par quels mécanismes le surfactant diminue les forces de tensions superficielles ?
Le surfactant est synthétiser par les pneumocytes de type II et il est composé en majorité de lipide. Quand ce surfactant est secrété le long de l’alvéole, les molécules de lipide vont s’organiser et former une couche hydrophobe du côté de l’air et une couche hydrophile du côté de la paroi alvéolaire. Cette organisation va créer des forces de répulsion entre les molécules de surfactant qui vont s’opposer aux forces d’attraction de la tension superficielle.

Plus alvéoles est petite, plus la tension superficielle est forte, et plus le surfactant y est concentré ce qui contrecarre davantage la tension superficielle. Donc au final, il y a une stabilité, un équilibre entre les alvéoles de tailles différentes.

Le surfactant permet donc d’éviter une atélectasie des alvéoles et une stabilité entre alvéoles de tailles différentes.

Le surfactant influence également la compliance pulmonaire
Si la tension superficielle et le surfactant sont supprimés, la compliance devient élevée. Donc, sans surfactant, il serait plus difficile d’ouvrir le poumon à l’inspiration car la compliance serait bien plus faible.

Le surfactant maintient les alvéoles au sec
Les tensions superficielles attirent de l’eau, les alvéoles ont donc tendance à se collaber et à se remplir de liquide. Grace au surfactant, ce phénomène d’attraction de l’eau est aboli et l’alvéole est maintenu au sec.

Le surfactant permet également de régénérer la barrière capilo-alvéolaire quand elle a été lésée, notamment par des polluants.

Le surfactant est produit chez le fœtus à partir de la 2ème partie de la grossesse (22e semaine)
La viabilité d’un bébé prématuré dépend fortement de la production de surfactant

Conséquences d’une perte de surfactant
Les poumons sont :

  • atélectasie
  • compliance basse (raide)
  • remplis d’œdème
  • sensibles aux polluants et infections

C’est ce qui se passe chez les bébés prématurés, avant que le surfactant ne soit fonctionnel. Chez l’adulte, on en voit les effets lors d’une embolie pulmonaire. Quand des caillot bloquent les artères pulmonaires, il se peut que les pneumocytes ne soient plus vascularisés et meurt, provoquant des zones d’atélectasie.

En conclusion : important vitale du surfactant

  • réduction de la tension superficielle (maintient alvéoles ouvertes et stables)
  • réduction de la compliance pulmonaire (facilite la mécanique respiratoire)
  • maintien les alvéoles au sec (évite l’œdème)
  • défense contre les polluants et les agents infectieux

Cet article est un récapitulatif de la vidéo « Le Surfactant Pulmonaire » de l’Université catholique de Louvain.

17. La fibrose pulmonaire

Maladie moins fréquente que l’asthme, BPCO, emphysème. Dans cette maladie, les gens vont se plaindre de dyspnée progressive avec de la toux.

La fibrose se passe au niveau des alvéoles pulmonaires. Des irritants chroniques vont stimuler une réaction inflammatoire avec des cytokines, macrophages, neutrophiles. Après inflammation, il y a réparation où des cellules appelées fibroblastes viennent déposer des fibres de collagènes entre les alvéoles et les vaisseaux capillaires.

En cas de fibrose pulmonaire, cette réaction de réparation est inappropriée et exagérée, ce qui provoque un épaississement de la membrane alvéo-capillaire, donc une réduction des échanges gazeux.

En cas de fibrose, le temps de traverser du globule rouge est plus long et il a juste le temps d’être capté par l’Hb, ce qui permet une oxygénation du sang. Mais en cas d’effort physique, l’O2 n’a plus le temps d’atteindre le globule rouge, il s’ensuit donc une hypoxémie.

Le CO2 risque-t-il de s’accumuler dans le sang ? Non, car le CO2 est 20x plus soluble dans un liquide que l’O2.

Dans la fibrose, le comportement est l’inverse de l’emphysème. La fibrose est caractérisée par des petits poumons resserrés par des forces d’attraction des fibres collagènes. Des poumons qui ont du mal à s’ouvrir à l’inspiration. La compliance est donc basse : il faut de forte pression sur le poumon pour obtenir un faible changement de volume.

Comparaison emphysème/fibrose
Emphysème : capacité résiduelle élevée à cause de l’emprisonnement de l’air.
Fibrose : capacité résiduelle fonctionnelle diminuée.
Fibrose : le rapport entre VEMS/CPT reste normal car il n’y a pas d’obstacle à expirer.
Fibrose pulmonaire : syndrome restrictif (restriction à l’ouverture du poumon)
Emphysème : syndrome obstructif (obstruction à l’expiration d’air)

En conclusion
La fibrose est un syndrome restrictif, caractérisée par une hypoxémie dû à un trouble de la diffusion au niveau de la barrière alvéolo-capillaire.

Cet article est un récapitulatif de la vidéo « La Fibrose Pulmonaire » de l’Université catholique de Louvain.

Cluster de Cook

Pour diagnostiquer les myélopathies cervicales

Le cluster de Cook comprend 5 points :

  1. Déviation de la démarche : qui se manifeste par une démarche anormalement large, une ataxie ou une démarche spastique.
  2. A positif Le signe d’Hoffmann: Ce test est caractérisé par une contraction réflexe du pouce et de l’index lors du retournement de la partie distale du majeur.
  1. Le signe du supinateur inversé: il est provoqué par un tapotement rapide près de l’apophyse styloïde du radius, l’attache du tendon brachioradialis. Elle se manifeste par une flexion des doigts ou une légère extension du coude.
  2. Un signe de Babinski positif : Ce signe se manifeste par une extension du gros orteil et un éventail des quatre autres orteils lorsqu’on caresse la face latérale de la plante du pied, du talon vers l’avant, en direction du gros orteil.
  3. Âge >45 ans

Positif : 3/5


Qu’est-ce qu’une myélopathie ?

La myélopathie cervicale est une lésion médullaire causée par une compression mécanique à l’étage cervical.

Causes de la compression :

-Arthrose

L’arthrose entraine la formation d’ostéophytes, un pincement discales et une hypertrophie ligamentaire se qui créer un rétrécissement du canal rachidien.

Critères d’Ottawa (fracture cheville)

Télécharger le fichier PDF de la HAS : boîte à outil entorse de cheville

Objectif : exclure la probabilité de présenter une fracture de cheville.
Ces critères sont rapportés par la personne :
‒ incapacité à supporter le poids lors de 4 pas (2 fois 2 pas sur chaque membre), immédiatement
après la blessure et lors de la consultation, à cause de la douleur ressentie dans la région pied/cheville ;
‒ douleur ressentie lors de la palpation par le clinicien :

  • de la pointe malléolaire et des 6 centimètres distaux du bord postérieur de la malléole médiale,
  • de la pointe malléolaire et des 6 centimètres distaux du bord postérieur de la malléole latérale,
  • au niveau de la base du 5e métatarsien,
  • sur l’os naviculaire

Le contrôle moteur

Définition

Ensemble des opérations effectuées par les structures nerveuses impliquées dans la préparation et l’exécution des mouvements coordonnés (réflexes, activités automatiques ou encore des mouvements volontaires)

Approche cognitive / approche dynamique

Approche cognitive : cette approche postule que le SNC construit et stocke les modèles d’actions au cours de l’apprentissage en décrivant les commandes à adresser aux systèmes effecteurs.

Elle est basée sur la théorie des schémas de SCHMIDT (1975).

  • feedback : changement face à des situation
  • feedfoward : anticipation face à une situation
  • programme moteur : représentation centrale qui prédétermine le mouvement
  • schéma de rappel : choisir le bon programme moteur selon les conditions initiales
  • schéma de reconnaissance : évaluer l’erreur de production

Approche dynamique : cette approche postule que le comportement d’un système complexe émerge d’un réseau de contraintes ; liées soit, à la tâche, à l’organisme ou à l’environnement.

Élaboration et régulation du mouvement

Capture de l’information et intention de l’action

3 systèmes sensoriels : vestibulaire, visuel et proprioceptif

  • Informations visuelles : la vision périphérique joue énormément dans le contrôle de l’équilibre, la vision fovéale et para fovéale interviennent surtout dans les détails.
  • Informations vestibulaires :,le système vestibulaire analyse la position et les mouvements de la tête dans les 3 plans et axes de l’espace (il capte l’accélération). Il est composé de :
    • canaux circulaires
    • organes otolithiquesutricule : accélérations linéaires horizontales (ex = freinage)
    • saccule : accélérations linéaires verticales (ex = saut)
  • Informations somesthésiques
    • Extéroception : infos plantaires
      • le pied = organe sensoriel primaire de l’équilibration
      • il informe sur la géométrie de la zone d’appui corporel au sol et sur les caractéristiques de la force de réaction qui s’exerce sur cette zone.
      • système sensoriel : associé aux sensations du toucher, de la pression et de la vibrationinformations somesthésiques
    • Proprioception (consciente ou inconsciente) composé de :
      • Fuseaux neuromusculaire : activité de tension de fibres intrafusales→ moduler la sensibilité des récepteurs du fuseau→ entretient de l’activité tonique du muscle
      • Organe tendineux de golgi = mécanorécepteurs proprioceptifs (jonction tendon/muscle)

Les informations sensorielles vont être relayées au cortex pariétal postérieur (cortex associatif)

stimulation du cortex pariétal postérieur : illusion et intention du mouvement

patho : parkinson = pb de cortex postérieur → plus d’intention du mouvement

PLANNIFICATION + PROGRAMMATION ➔ ANTICIPATION

Planification

  • la planification est une étape nécessaire pour construire la base du programme moteur.

Programmation

La programmation contribue à spécifier les paramètres du mouvement afin d’élaborer la commande motrice.

  • Prise en compte de l’état du système et de l’environnement pour ajuster le « mouvement type » qui a été choisi lors de la panification.
  • Coordination des synergies musculaires

Exécution

« la posture est l’attitude fondamentale d’une espèce »

régulation => fonction d’équilibration humaine

  • équilibre statique : contrôle de l’oscillation corporelle dans la station debout
  • équilibre dynamique : capacité à maintenir la position sur la base de support sous l’action de forces extérieures
  • déséquilibre intrinsèque : perturbation de l’équilibre prévisible car généré par soi-même.
  • déséquilibre extrinsèque : perturbation de l’équilibre prévisible ou non prévisible généré par une force extérieure.
  • ajustements posturaux : (nécessaires pour tous les mouvements)
    • anticipatoires (APA) : commencent à intervenir avant le début de la perturbation posturale occasionnée par le mouvement
    • consécutifs / compensateurs (APC) : interviennent plus tardivement, se déclenchent par les afférences sensorielles → stabilisation, correction

Objectifs des APA :

  • Minimiser la perturbation de l’équilibre lors du mouvement
  • Minimiser la perturbation de l’orientation posturale des segments servant de cadre de référence pour l’organisation du mouvement
  • Contribuer la réalisation du mouvement en termes de vitesse et de force