Cervicalgie – Recommandation (2017)

Douleurs au cou avec déficits de mobilité

Symptômes communs

  • Douleur au cou central et/ou unilatérale
  • Limitation de mouvement du cou qui reproduit les symptômes
  • Douleur associée à la ceinture scapulaire ou aux membres supérieurs peut être présente

Résultats attendus à l’examen

  • Amplitude cervicale limitée
  • Douleur au cou reproduite en fin d’amplitude active ou passive
  • Mobilité segmentaire cervicale et thoracique réduite
  • Douleur au cou et douleur référée reproduite
  • Test de la mobilité intersegmentaire révèle des restrictions caractéristiques
  • Douleur de cou ou douleur référée reproduite par un test de provocation du segment cervical ou thoracique impliqué ou de la musculature cervicale
  • Déficit de force et de contrôle moteur cervico-scapulothoracique peut être présent chez des individus avec des douleurs de cou subaiguê ou chronique

Stratégies d’intervention

Aiguë

  • Manipulation thoracique
  • Manipulation ou mobilisation cervicale
  • Amplitude cervicale, étirement, exercice de renforcement isométrique
  • Conseil pour rester actif et mobilisation et exercice isométrique des cervicales à la maison
  • Exercices supervisées comprenant étirement, renforcement et endurance cervico-scapulothoracique et MS
  • Exercice de condition physique générale (rester actif)

Subaiguë

  • Manipulation ou mobilisation cervicale
  • Manipulation thoracique
  • Exercice d’endurance cervico-scapulothoracique

Chronic

  • Manipulation ou mobilisation cervicale
  • Manipulation thoracique
  • Exercices combinés cervico-scapulatothoracique et mobilisation/manipulation
  • Exercices mixtes pour les régions cervico-scapulothoraciques : exercices neuromusculaire (coordination, proprioception et entrainement postural), étirement, renforcement, entrainement d’endurance, conditionnement aérobie, éléments cognitifs et affectifs
  • Exercices supervisés et individualisés
  • Dry needling, laser de bas niveau, ultrason, traction mécanique intermittente, stimulation cérébrale répétitive, TENS, stimulation musculaire électrique

Douleur au cou avec trouble de la coordination

Symptômes communs

  • Mécanisme d’apparition lié à un traumatisme ou whiplash
  • Douleur associée à la ceinture scapulaire ou aux membres supérieurs peut être présente
  • Signes et symptômes de commotion cérébrale non spécifique associés
  • Vertige, nausée
  • Mal de tête, trouble de la concentration ou de la mémoire, confusion, hypersensibilité aux stimuli mécaniques, thermiques, acoustiques, olfactifs ou lumineux, détresse affective accrue

Résultats attendus à l’examen

  • Test positif de la flexion cervicale crânienne
  • Test positif pour l’endurance des muscles fléchisseurs du cou
  • Positif à la pression de l’algomètre
  • Déficit de force et d’endurance des muscles du cou
  • Douleur de cou en amplitude moyenne qui empire en fin d’amplitude
  • Les points sensibles peuvent inclure des triggers point
  • Les troubles sensorimoteurs peuvent inclure une altération de l’activation musculaire, un déficit proprioceptif, d’équilibre postural ou de contrôle
  • Douleur de cou et douleur référée sont reproduite par des tests de provocation des segments cervicaux impliqués

Stratégies d’intervention

Aiguë si le pronostic indique un rétablissement rapide et précoce

  • Education : conseil pour rester actif, bouger comme d’habitude
  • Exercices à la maison : sans douleur, amplitude cervicale et élément postural
  • Surveiller les progrès notable
  • Réduire le port de collier

Subaiguë si le pronostic oriente vers une trajectoire de récupération prolongée

  • Education : activation et conseil
  • Exercices combinés : mouvement actif cervical et renforcement isométrique à basse contrainte et thérapie manuelle (mobilisation, manipuation) et adjuvants (froid, chaud, TENS)
  • Exercices supervisés : mouvement actif cervical ou étirement, renforcement, endurance, exercice neuromusculaire (posture, coordination, stabilisation)

Chronic

  • Education : connaissance, encouragement, réassurance, gestion de la douleur
  • Mobilisation cervicale et progression d’exercice individualisée : renforcement à basse contrainte de la cervico-scapulothoracic, endurance, souplesse, entrainement fonctionnelle utilisant les principes de la thérapie cognitive et comportementale, la rééducation vestibulaire, la coordination yeux/cou, et la coordination neuromusculaire
  • TENS

Douleur au cou avec mal de tête (cervicogénique)

Symptômes communs

  • Douleur unilatérale discontinue avec mal de tête associé
  • Mal de tête précipité ou aggravé par les mouvements du cou et les positions/postures maintenues

Résultats attendus à l’examen

  • Test de flexion rotation cervicale positif
  • Mal de tête reproduit avec un test de provocation des segments cervicaux supérieurs
  • Amplitudes cervicales limitées
  • Déficit de force, d’endurance et de coordination des muscles du cou

Stratégie d’intervention

Aiguë

  • Exercice : automobilisation C1-C2 en SNAG (Sustained Natural Apophyseal Glide)

Subaiguë

  • Mobilisation et manipulation cervicale
  • Exercice : automobilisation C1-C2 en SNAG

Chronic

  • Manipulation cervicale
  • Manipulation cervicale et thoracique
  • Exercice pour la région cervicale et scapulothoracique : renforcement, endurance, exercices neuromusculaires incluant contrôle moteur et des éléments de biofeedback
  • Combinaison de thérapie manuelle et d’exercice

Douleur au cou avec douleur irradiante (radiculaire)

Symptômes communs

  • Douleur au cou douleur irradiante dans l’extrémité impliquée
  • Paresthésie ou engourdissement dans l’extrémité supérieure du dermatome, faiblesse musculaire au niveau du dermatome

Résultats attendus de l’examen

  • Douleur au cou ou douleur irradiante en lien avec le cou reproduite ou réduite avec un test de radiculopathie : regroupement de tests positifs inclut la mobilité des nerfs du MS, test de Spurling, la distraction cervicale, les degrés d’amplitude cervicale
  • Possible déficit des extrémités du MS au niveau sensitif, de la force ou des réflexes assciés aux racines nerveuses impliquées

Stratégie d’intervention

Aiguë

  • Exercice : mobiliser et stabiliser les éléments
  • Laser à bas niveau
  • Possibilité de porter un collier à court terme

Chronique

  • Exercice combiné : étirement, renforcement et thérapie manuelle pour les régions cervicale et thoracique
  • Education : conseil pour encourager à participer à des activités physiques et professionnelle
  • Traction intermittente

Canadian C Spine Rules (fracture)

Règles de prédiction clinique d’une lésion sévère du rachis cervical après
un traumatisme « Canadian C Spine Rule »

La règle s’applique aux patients :

  • de 16 ans et plus
  • conscient avec un score de Glasgow à 15
  • stables avec des signes vitaux normaux (pression systolique>90mmHg et FR 10 à 24/mn
  • ayant eu un traumatisme à la tête ou au cou récent (dans les 48h précédents)

La règle ne s’applique pas aux patients :

  • de moins de 16 ans
  • en cas de grossesse
  • ayant eu un traumatisme pénétrant
  • revenant consulter aux urgences pour la même lésion
  • présentant : un score de Glasgow <15 ou des perturbations des signes vitaux ou une parésie/paralysie aiguë ou une pathologie cervicale préexistante

Cervicalgie avec indice de suspicion élevée

L’indice de suspicion

Il n’existe pas de red flag absolu. L’indice de suspicion permet de se positionner pour savoir si on doit suspecter une pathologie grave et réorienter ou non.


Fracture

Première cause de fracture : AVP

La Canadian C-Spine Rule permet de savoir si on doit faire une radio ou non. (très bonne clinimétrie)

Voir Cervicalgie – Règle de la C Spine


Les instabilités ligamentaires

Lésion du ligament transverse qui protège la ME du processus odontoïde. En cas de suspicion : réorienter vers le médecin, voire les urgences

Population à risque :

  • Patient avec la maladie Ether-Danlos (atteinte du tissus conjonctif)
  • Post trauma (entorse ou ligament rompu)
  • Chirurgie récente

Diagnostic

  • Signes subjectifs : difficultés à tenir la tête, sensation d’instabilité, bruits au niveau du cou
  • Examen physique : extrême mobilité
  • Test Sharp Purser : maintien du processus épineux de C2 et flexion puis extension cervicale du patient. Test positif en cas de ressaut.

Dysfonctions artérielles

  • Dissection artérielle si trauma récent
  • Occlusion artérielle si FDR cardio-vasculaire (sédentarité, alcool, tabac)
  • Examen physique peu fiable

Anamnèse : 5D 3N 1A (urgence)

  • 5D : Diplopie, Dysphagie, Drop attack, Dizziness, Dysarthrie
  • 3N : Nausée, Nystagmus, Numbness (engourdissement surtout au visage)
  • 1A : Ataxie

1 signe : urgence


Myélopathie

Rétrécissement au niveau du cordon médullaire -> compression de la ME

Règle de prédiction de Cook

  • Âge > 45 ans
  • Anomalie de la marche : chute, marche déviée, besoin de s’asseoir
  • Hyperréflexie : Hoffman, Babinski, supinateur inversé positif

2 signes -> réorienter


Névralgies amyotrophiantes

Ex : Parsonage Turner

  • Douleur violente d’apparition à l’épaule
  • Suivie d’une paralysie et d’une amyotrophie
  • Muscles de la ceinture scapulaire et parfois distaux
  • Recherche d’un épisode viral : les problèmes viraux peuvent amener à des problèmes nerveux

-> redirection


Métastase médullaire

Syndromes centraux en lien avec l’altération de l’état général. Les métastases osseuses thoraciques sont très souvent les premiers foyers osseux des métastases


Pancoast-Tobias

Tumeur de l’apex pulmonaire. Quand elles grossissent, elles peuvent comprimer le bas du plexus brachial et donner des syndromes radiculaires (C8-T1)

Cervicalgies avec excès de contrainte

Processus articulaires postérieurs

Physiopathologie

Excès de contrainte sur les PAP ou facettes postérieures provoquant des informations nociceptives (pas forcément visible à l’imagerie)

PAP pourraient provoquer des douleurs projetées (irradiation) :

  • C1/C2/C3 (rachis cervical sup) irradie en casque -> à l’origine de certaines céphalées cervico-génique
  • C5/C6 irradient plus dans l’épaule

Diagnostic

Examen subjectifExamen physique
– Historique d’excès de contrainte
– Douleur en extension et/ou en rotation
– Possible douleur référée
– Diminution de mobilité globale et intervertébrale
– Douleur PA
– Test d’extension-rotation
– Test de flexion-rotation (cervicales hautes)
  • Excès de contrainte ou diminution de la capacité à accepter la contrainte : sensibilisation de la structure qui peut entraîner de la douleur
  • Diminution de la mobilité intervertébrale à un étage précis
  • Test spécifique de flexion-rotation : flexion max + rotation

Traitement

  • Priorité : gestion de la charge
  • SIN : petit mouvement de mise en contrainte provoque la douleur
  • – Traitement de la mobilité : mobilisation passive, spécifiques, globale, active, PA grade 3-4
  • – Traitement de la douleur : mobilisation, activation musculaire, PA grade 1-2

Syndrome myofascial

Physiopathologie

Douleur d’origine musculaire (douleur projeté possible)

Physiopathologie non claire aujourd’hui : excès de contrainte sur les muscles provoquant des infos nociceptives / triggers points / création de complexes fibreux engendrant douleur / manque d’oxygénation du muscle

Diagnostic

Examen subjectifExamen physique
– Historique d’excès de contrainte
– Possible douleur référée
– Amélioration par auto-massage
– Reproduction des symptômes connus
– Muscle douloureux quand mis en contrainte

Traitement

Gestion de charge

  • Contraction du muscle pour oxygénation et diminution de la douleur
  • Massage, étirement

Torticolis

Autres dénominations : Acute neck pain

Physiopathologie

  • Douleur axiale aiguë
  • Début : nociception des PAP
  • Spasmes musculaires (profonds et/ou superficiels)

Diagnostic

Examen subjectifExamen physique
– Apparition brutale
– Sensation de « malposition »
– Fort impact fonctionne
– Diminution de mobilité globale
– Diminution de mobilité inter-segmentaire
– Diminution de mobilité inter-vertébrale
– Sensibilité globale de la zone

Traitement

  • Diminution des douleurs à court terme
  • Mobilité dans les secteurs disponibles
  • Traitements passifs
  • Eviter la chronicisation : éduquer sur les conduites à tenir, réassurance pour éviter coping passif (décorrélation douleur/gravité structurelle)
  • Détournement attentionnel (réalité virtuelle)

Cervicalgies avec déficit de contrôle moteur

Physiopathologie

inhibition des muscles fléchisseurs profonds : les fibres musculaires sont infiltrés par de la graisse entraînant la dégénérescence des fibres musculaire.

  • Douleur liée à la contusion
  • Appréhension liées à l’événement traumatique potentiel
  • A long terme : modification des fibres, perte d’endurance, changements posturaux, centre oculo-moteur perturbé

Pronostic

  • Pas très bon avec persistance des symptômes à 1 an (50%)
  • Plus l’événement initial est violent, plus les symptômes persistent
  • Lié à l’auto-efficacité

Diagnostic

Examen subjectifExamen physique
– Historique de traumastisme
– Intolérance aux postures statiques prolongées
– Fatigue et difficulté à tenir la tête en l’air
– Diminution des symptômes avec un soutien externe
– Besoin de s’auto-manipuler
– Sensation d’instabilité
– Mouvements aberrants
– Diminution de mobilité
– Hypomobilité du rachis thoracique haut
– Cranio-cervical flexion test positif (évaluation de la force des muscles fléchisseurs profond)
– Test d’endurance positif
– Test de proprioception positif

Traitement

  • Activation analytique des muscles profonds
  • Activation des muscles profonds dans des situations fonctionnelles
  • Traitement des problèmes comportementaux (coping passif) et émotionnels

Cervicalgies avec douleurs irradiantes

Définition et catégorisation

Douleur à distance

Douleur à distanceOrigineExpression
ProjetéeStructure non nerveuse (articulaire ou musculaire)Zones globales et sourdes
IrradianteStructure nerveuseTrajet

Algorithme d’identification

La radiculopathie s’exprime par un déficit neurologique : atteinte de la fonction du nerf (motrice, sensitive, réflexe)

La douleur radiculaire s’exprime par un gain neurologique (sensitif) : hyperalgie, allodynie

Le syndrome radiculaire, associé à la racine, associe radiculopathie et douleur radiculaire


Mécanosensibilité

Physiopathologie

  • Douleur nociceptive en lien avec inflammation de l’épinèvre (nervi nervorum)
  • Sensibilité du nerf à sa mise en contrainte
  • La sensibilité à l’étirement peut varier d’un individu à l’autre. On peut être très sensible sans qu’il y ait d’inflammation. Par précaution, toujours faire une comparaison bilatérale.

Diagnostic

Examen subjectifExamen physique
– Historique d’excès de contrainte
– Sensation d’étirement
– Palpation des troncs nerveux positif
– ULNT positif (pas très spécifique, met en tension plusieurs structures)

Traitement

  • Priorité : gestion de charge
  • SIN élevé : glissement nerveux uniquement
  • SIN faible : glissement + mise en tension
  • Intégration à des situations fonctionnelles
  • Posologie faible des traitement neurodynamique : le nerf s’irrite plus vite

Douleur radiculaire

Physiopathologie

  • Situation anormale de la racine : processus inflammatoire /mécanique
  • Pas d’altération de la conduite nerveuse
  • Gain de fonction nerveuse

Diagnostic

Examen subjectifExamen physique
– Douleur de type neuropathique : DN4 (picotement, chaleur, froid douloureux, brûlure, électricité)
– Douleur dans le bras > douleur dans les cervicales
– Recherche de modulation de la douleur (par les cervicales) en intensité ou en centralisation
– Hyperalgésie
– Cluster de Wainner
– Cluster de Grondin et al
Cluster de WainerCluster de Grondin et al.
ULNT Médian +
Rotation <60°
Test de Traction/distraction +
Spurling +
Spurling +
Shoulder abduction test
2 ULNT/4 positifs

Traitement

  • SIN élevé : neurodynamique faible dose (glissement), modulation de symptôme
  • SIN faible : neudynamique, ré-intégration de mouvements fonctionnels, modulation de symptômes
  • Non spécifique : cardio, mobilité, renfo autour (traitement multimodaux)

Radiculopathie

Physipathologie

  • Neuropathie de la racine nerveuse
  • Mécanisme par ischémie prolongée
    • Neuro-inflammation : l’ischémie est empirée par le gonflement de la zone
    • Démyélinisation
    • Dégénération axonale
    • Altération du transport axonal : perte de fonction
  • Potentiel oedème ischémique qui fibrose (sans récupération possible)

ATTENTION

  • Si perte de fonction légère sans amélioration dans la semaine : réorienter
  • Si perte brutale avec testing à 3/5 et 10cm2 de sensibilité : réorienter de suite

65% de résolution spontanée à 1 an, mais savoir identifier les cas graves

Diagnostic

Examen subjectifExamen physique
– Douleur de type neuropathique possible
– Difficultés aux gestes rapides
– Douleur dans le bras > douleur dans les cervicales
– Sensation de perte de force
– Sensation de modification de sensibilité
– Examen neurologique (force, sensibilité, réflexe)
– Observation d’amyotrophie
– Examen de la mécanosensibilité potentiellement positif
– Recherche de modulation des symptômes par les cervicales
– Test de traction-distraction positif : gain de sensibilité / force
  • Absence de douleur possible -> signe de gravité
  • Si modulation de symptômes impossible : renvoie chez le médecin

Traitement

  • Priorité : amélioration de la fonction
  • Douleur comme outcome : secondaire
  • Restaurer l’homéostasie : position ou mouvement qui restaure la vascularisation du nerf
  • Activité non spécifique
  • Travail sur comportement : dissocier douleur/danger, coping actif (auto-efficacité), apprendre à reconnaître si les symptômes empirent

Prothèse inversée d’épaule

Récapitulatif de l’article sur KS-mag

https://www.ks-mag.com/article/10716-prothese-inversee-d-epaule


Indications pour une prothèse inversée d’épaule

– les omarthroses excentrées douloureuses du sujet âgés ≥ 75 ans
– les ruptures irréparables de la coiffe des rotateurs ;
– en cas d’échec d’arthroplastie simple ou totale d’épaule ;
– les fractures de l’extrémité supérieure de l’humérus, céphalo-tubérositaires deplacées et comminutives chez le sujet âgé 


Principe d’une prothèse inversée d’épaule

  • L’articulation est ainsi inversée : la surface convexe (sphéroïde) est placé sur la scapula, et la surface concave sur l’extrémité supérieur de l’humérus.
  • L’objectif des prothèses d’épaule inversée est d’obtenir une élévation de l’épaule grâce exclusivement au deltoïde.
  • La récupération de la rotation latérale active reste sous la dépendance de l’intégrité des muscles infra-épineux, petit rond et du deltoïde postérieur.

Résultats

  • Plus de 85 % des patients indolores ou avec une douleur minime
  • Mobilité en élévation active : entre 110 et 140° selon les études sur une intervention de première intention (60 à 90° en cas d’intervention de reprise)
  • Résultats sont modestes sur la rotation externe active : entre 0 et 5° en moyenne
  • Mauvaise récupération de la force musculaire : entre 2,5 et 4 kg pour le deltoïde

Les complication

  • Instabilité de l’épaule majorée en cas de lésion du subscapulaire et lorsque la voie d’abord est delto-pectorale
  • ossifications hétérotopiques influencent significativement le score de Constant en réduisant la mobilité
  • Encoches dans le pilier de la scapula, encore appelés notch
  • Descellements (surtout de la pièce glénoïdienne)
  • Fractures de vis, sepsis, fractures de fatigue de l’acromion
  • Taux de survie de cette prothèse qui est faible dans le temps

Rééducation

  • Débute dès le 2ème jour post-opératoire
  • Résultats définitifs évalués à 6 mois post-opératoire
  • Rééducation fonctionnelle, récupération globale du membre et non analytique
  • Rééducation centrée sur la mobilité et la force du deltoïde
  • Attention particulière portée sur la cicatrisation du deltoïde

Contre-indication

  • Travail de recentrage de l’épaule
  • Port de charge lourde à bout de bras à proscrire

Principes

Sports permis

Reprise d’une activité raisonnée


ULTRA Guidelines (Upper Limb Treatment and Rehabilitation Advice) par Bardsley et al., 2022 

Pre-opératoire

  • Enseigner les mouvements actif-aidés dans une zone d’amplitude sécurisé
  • Conseils sur l’ajustement postural
  • Education du patient sur les procédures et les attentes
  • Evaluer les tendances compensatoires musculaires
  • Evaluer les fonctions du deltoïde
  • Education si les activités de la vie quotidienne

Facteurs qui peuvent altérer les résultats et la progression

  • L’état fonctionnel pré-opératoire
  • Age
  • Intégrité du deltoïde
  • Commorbidité

Phase de protection : 0-6 semaines

  • Eviter les mouvements combiné d’abduction et de RL
  • Eviter l’extension
  • Eviter de mettre la main derrière la dos
  • Eviter de se mettre en charge sur le bras (se relever d’une chaise par exemple)
  • La flexion antérieure est limitée au niveau de la boucheworn

L’écharpe

  • Elle est porté surtout pour le confort
  • A porter 2-3 semaines post-opératoire jusqu’à la fin des douleurs
  • En cas de deltoïde très faible, porté l’écharpe au moins 6 semaines

Rééducation

  • Zone de sécurité : élévation de 90° en avant du plan antérieur de la scapula, Rotation latérale de 30°
  • Exercice de coude, poignet, main
  • Actif aidé dans la zone de sécurité
  • Programme de compensation de la coiffe
  • Exerice de RL
  • Exercice de dissociation/mobilité de la scapula
  • Cross éducation

Critères de progression

  • Douleur sous contrôle
  • Fonction du deltoïde
  • Pas de signe d’instabilité
  • Pas de schéma de mouvement qui pourraient altérer la prothèse

Etape intermédiaire : 6-12 semaines

  • Eviter l’abudction et RL combinée
  • Porter une lourde charge
  • Se mettre en charge sur le bras, surtout en extension

Rééducation

  • Compensation de la coiffe contre gravité
  • Exercice RL en progression
  • Mobilisation de la scapula
  • Actif-aide la gléno-huméral sans restriction d’amplitude
  • Extension fonctionnelle et main derrière le dos

Critères de progression

  • Pas de douleur dans l’amplitude du mouvement
  • Qualité du mouvement
  • Fonction du deltoïde sur toute l’amplitude
  • Rotation latérale active
  • Pas de signe d’instabilité de la prothèse

Etape finale : 12 semaines et +

  • Eviter ABD/RL combinée
  • Mise en charge sur les bras, surtout en extension
  • Port de charge lourde

Vidéo

Comprendre la chirurgie de la prothèse d’épaule
Par EduKa Santé

2 cas de chirurgie de l’épaule présentée :

  • En cas d’arthrose de l’articulation gléno-huméral : remplacement des surfaces articulaires usées par des matériaux synthétiques tout en conservant la forme des surfaces articulaires
  • En cas d’arthrose de l’articulation et de lésion de la coiffe des rotateurs : prothèse d’épaule inversée

Les patients brûlés

Brûlure

Définition

Transfert d’énergie entre une source et la peau (ou muqueuse) entraînant une destruction plus moins importante de la peau

Types

  • Thermiques : 94%
  • Electriques, chimiques, irradiations, mécaniques (frottement) : 6%

Conséquences

  • Fuite hydro-électrolytique externe (suintement) et interne (oedème) : 2ème cause de mortalité après la cause
  • Perte calorique (hypothermie) et protéique (perte d’albumine)
  • Immuno-dépression par emballement inapproprié du système immunitaire
  • Déséquilibre glycémique
  • Infection par perte de la barrière, immunodépression + chambre chaude + humidité (patient suite)
  • Douleurs, séquelles en cas de brûlure profonde

Evaluation de la gravité

Gravité selon l’étendu

Règles des 9 de Wallace

  • Règle approximative mais utilisée couramment par les centres et les secours
  • Pourcentages valables uniquement pour les adultes

Paume de main : règle des 1%

  • La surface de la paume du patient correspond à 1% de la surface totale

Tableau de Lund and Browder

  • Pourcentage pour chaque zone du corps
  • Prend en compte l’âge du patient et la profondeur de la brûlure

Gravité selon la profondeur

1er degré

  • Erythème (rougeur) et douleur, « coup de soleil »
  • Touche les couches superficielles de l’épiderme
  • Cicatrise en moins de 7j
  • Desquamation possible mais sans cicatrice

2ème degré superficiel

  • Phlyctène (cloque)
  • Sous-sol rouge vif hyperalgique
  • Blanchiment à la vitropression puis rougit à nouveau
  • Cicatrise sans séquelle <12j
  • La bulle se décolle à l’intérieur de l’épiderme mais ne touche pas aux cellules basales qui permettent la cicatrisation

2ème degré profond

  • Phlyctène +/-
  • Sous-sol rose pâle peu sensible, pas suintant ni hypersensible
  • Cicatrise très difficile >21j, nécessite souvent une greffe
  • Scarification en surface : ne saigne pas ; scarification en profondeur : saigne

3ème degré

  • Peau totalement brûlée mais pas ce qu’il y a en dessous
  • Noir, brun ou blanc : dépend de l’agent qui brûle
  • Insensible à la piqûre et à la scarification
  • Ne cicatrise pas spontanément
  • Nécessite une greffe

4ème degré

  • Atteinte dépassant la peau

Règles des 3 semaines

  • Toute brûlure non cicatrisée à 3 semaine est une brûlure profonde : elle doit être greffée
  • Savoir quand la brûlure a été faite, ne pas se fier à ce qu’on voit sur le moment

Gravité selon la localisation

  • Organes sensoriels : oeil, main
  • Risques fonctionnels : mains, plis flexion, région faciale
  • Risques infectieux : région périnéale, problèmes urinaires et fécaux
  • Risque d’effet garrot : brûlure profonde et circulaire (inextensible -> oedème -> incision nécessaire)

Gestes en cas de brûlure

Refroidissement

  • Eau courante (15°) pendant 10-15mn le plus tôt possible : diminue l’approfondissement de la brûlure (inversion d’échange de la chaleur)
  • Gels d’eau
  • Si eau trop froide : risque de vasoconstriction et d’aggravation
  • Attention au risque d’hypothermie pour les grands brûlés

Incisions de décharge

  • Pour les brûlures circulaires et profondes
  • Brûlure inextensible sur gonflement par oedème : effet garrot
  • Geste d’urgence : sectionner la peau pour éviter l’ischémie

Complications

Approfondissement

  • Brûlure superficielle qui devient profonde
  • Causes : sepsis, drogue, diabète, cigarette

Atteintes respiratoires

  • Brûlure de l’arbre respiratoire par inhalation de fumée
  • Brûlure vibrisse nasales : poils du nez
  • Voix rauque : oedème du larynx
  • Toux avec expectoration de suie : dans les bronches
  • Sibilances : oedeme dans les bronches

Bilan par fibroscopie bronchique

Autres atteintes respiratoires

  • Blasts (explosion) : onde de choc avec des lésion de pression au niveau des alvéoles pulmonaires (examen par otoscopie)
  • Intoxication au Co (monoxyde de carbone) : oxygénation, caisson hyperbare pour remplacer le CO par de l’O2
  • Intoxication au cyanure : combustion des matières plastiques dégage du cyanure. Traitement par hydroxo-cobalamine (antidote du cyanure) à injecter rapidement

Facteurs pronostics

  • Pourcentages des brûlures
  • Profondeur (et circulaire ou non)
  • Lacalisation (visage, main, périnée)
  • Terrain / âge
  • Pathologie associée (fracture, atteinte respiratoire)
  • Score de Baux (âge + surface brûlée) : score <50 = 100% survie ; >100=20% de survie
  • Cotation UBS (unité Brûlée Standard) : surface brûlée + 3x surface en 3ème degré : mineure (25UBS), grave (100), mortelle (200)

Cas de figure

  • Pas d’hospitalisation : brûlure <10%, superficielle, jeune, sans tare ni lésions associées
  • Hors de ces critères : hospitalisation

Traitements

  • Réanimation hydro-électrolytique
    • 20 à 30ml/kg de Ringer Lactate pendant 1h
    • Règle d’Evans : 1ml/kg/% de surface corporelle brûlée
    • Critères de bons remplissages : pouls, PA, diurèse, pesée quotidienne
  • Chirurgie : incision de décharge/greffe
    • Avant 5j pour éviter les risques d’inflammation, de surinfection, de rétractions, de dénutrition
    • Plan tangentiel ou par avulsion (plan en dessous)
    • Greffe de peau pleine : meilleur résultat. Prise pas bistouri
    • Greffe de peau expansé : plus économique. Prise par dermatome
    • Technique de Meek : pouvoir d’expansion plus grand mais difficulté sur infection (collé avec du Thul) et plus chère
    • Substitut dermique : recouvrement d’attente, amélioration qualitative
    • Homogreffe (quand autogreffe impossible) : peau prélevée sur cadavre (xenogreffe : sur animaux). Marche temporairement car réaction immunologique de rejet) : couverture temporaire pour constituer une protection contre les bactéries et la fuite d’hydro-électrolytique
    • Mixte (technique du sandwich) : autogreffe recouverte d’homogreffe en cas de maille très large
    • Culture d’épiderme : exception, pour grands brûlé (70-80%), long (3 semaines), très cher, très fragile, parfois le patient meurt avant
    • Lambeau : tissu cutané avec autonomie vasculaire pour fermer une cavité ou structure incapable de cicatriser
  • Soins infirmiers : pansements complexes
  • Kiné : depuis la phase aiguë jusqu’à la fin des séquelles
  • Nutritionniste pour la perte calorique (cicatrisation consomme des calories)
  • Vaccination anti-tétanique, pas d’antibiotique (sauf en cas d’infection)

Les types de brûlure

Les brûlures électriques

  • Brûlure consécutif au passage du courant à travers le corps, avec un point d’entrée et un point de sortie, avec passage entre les 2. A différentier de l’arc électrique (flamme ou chaleur issue d’une explosion électrique)
  • Passage à travers le corps : peut léser les organes (os, nerfs, muscles)
  • L’os est un mauvais conducteur électrique. Il chauffe et brûle le muscle et peut provoquer un syndrome de loge par gonflement du muscle.
  • Les fibres musculaires éclatent et libèrent de la myoglobine qui passe dans la circulation et provoque une insuffisance rénale

Les brûlures chimiques

  • Base : nécrose molle (liquéfaction)
  • Acide : nécrose sèche
  • Traitement : lavage à l’eau pour diluer et éliminer le produit
  • Diphlotérine : bloque toute réaction chimique
  • Cas particulier : inhalation fumée toxique qui passe par les poumon puis dans la circulation systémique. En cas de doute, appeler le centre anti-poison (Fernand Widal)
  • Acide fluorhydrique : pansement au calcium qui attire le produit vers l’extérieur comme une pompe

Brûlure et fracture

  • Difficulté diagnostic car le patient est souvent sédaté
  • Traiter la fracture avant la brûlure : chirurgie par clou centro-médullaire (ouverture minime pour diminuer le risque de sepsis)
  • Commencer le plus tôt possible. Après un délai de 12h, chirurgie par fixateur externe

PEC après la phase de cicatrisation

  • Phase d’hypertrophie puis maturation : risque de démangeaison par manque de maturation : s’améliore avec le temps.
  • Crème hydratante pui relipidifiante pour remplacer la sueur et le sébum
  • Pressothérapie : vêtement compressif appui sur la cicatrice pour améliorer la maturation cicatricielle
  • Cure thermale : essentiellement intérêt de la douche filiforme, réadaptation sociale, action sur le prurit et l’hypertrophie

Evolution spontanée des greffes

  • Rétraction, séquelles esthétiques et fonctionnelles
  • Traitement des séquelles vers 1 an après la brûlure par greffe ou lambeau
  • Greffe de peau : plus elle est épaisse, plus elle sera élastique et esthétique, et moins elle se rétractera

Techniques chirurgicales

Lambeaux

  • Lambeau de transposition : faire basculer un morceau de peau pour recouvrir un trou
  • Bride du pli du coude : lambeau thoracique provisoires sur le pli du coude puis sevrage

Plastie en Z

  • Effet d’allongement par échange de laxité hauteur/largeur
  • Uniquement sur les brides linéaires (bride : corde qui empêche le mouvement)

Plasties en trident

  • Bride la première commissure

Expansion

  • Ballon sous la peau pour expandre (comme femme enceinte)
  • Seule technique qui augmente le capital de peau saine
  • Augmente la taille du lambeau

Reconstruction en 3D

  • Reconstruction d’oreille avec du cartilage costaux
  • Se fait aussi pour le nez, les paupières

Autres complications

Ostéomes

  • Fréquent chez les grands brûlés
  • Coude le plus touché
  • Parfois asymptomatique
  • Opération pour exciser l’écaille osseuse
  • Kiné post-op

Cancérisation

  • Le plus souvent sur des cicatrices de plus de 10 ans
  • Biopsie sur plusieurs endroits : certaines zones peuvent être positives, d’autres négatives

Physiopathologie des lésions cutanées

Introduction

Définition

Cicatrisation

Processus biologiques qui surviennent à la suite d’une plaie et permettent la réunion des parties divisées

Parties molles

  • Peau et tissu sous cutané + éléments qui y passent : tendons, nerfs, vaisseaux, muscles
  • Excluent les os, les articulations et les organes

Cicatrisation cutanée

Composition de la peau

  • Epiderme : tissu épithéliale (couche la plus superficielle) permet un recouvrement étanche
  • Derme : tissus conjonctif assurant l’élasticité et la solidité de la peau

2 phénomènes cicatriciels

  • La cicatrice conjonctive
  • Le recouvrement

Rôle de la peau

  • Protection contre les traumatismes mécaniques (chocs)
  • Régulation thermique (vasomotricité, sudation)
  • Barrière contre les pertes hydro-électrolytoques
  • Barrière contre les invasions bactériennes
  • Sensibilité tactile, nociceptive, thermique
  • Esthétique

Constitution de la peau

Epiderme (épithélium)

  • Constitué de cellules kératinocytes posées sur la membrane basale
  • Ce sont des cellules basales qui meurent et qui remontent à la surface
  • « Turn over » (tapis roulant) qui renouvelle l’épiderme
  • Toutes les kératinocytes sont renouvelées toutes les 2-3 semaines

Derme (tissu conjonctif)

  • Constitué de fibroblastes qui fabriquent les fibres collagènes (solidité) et d’élastine (élasticité)
  • Annexe épidermique (follicules pileux, glandes sudoripares et sébacées) capable de synthétiser des poils mais également de l’épiderme en cas de cicatrisation

Hypoderme

Couche graisseuse

Causes de blessure

  • Plaie traumatique franche : couteau
  • Plaie contuse : objet non tranchant
  • Arrachement
  • Ecrasement avec nécrose cutanée
  • Plaie chirurgicale : incision ou excision
  • Brûlure, escarre

Cicatrisation

Physiologie globale

  • Phénomène biochimique -> mécanismes histologiques -> évolution clinique
  • Blessure épiderme/derme -> nécrose cellulaire avec effraction vasculaire -> formation caillot de sang (permet l’arrêt de l’hémorragie) -> début de cicatrisation

Les 3 étapes de la cicatrisation

Détersion : évacuation de la nécrose et du caillot (nettoyage de la plaie)

  • Granulation (bourgeonnement) : cellules comblent la plaie par un bourgeonnement charnu (cicatrisation conjonctive)
  • Epithélialisation (épidermisation) : recouvre le tissu de granulation

Les phases du bourgeonnement

Prolifération de fibroblastes

  • Migre dès 48 heures à partir des berges puis multiplication
  • Synthétise la substance fondamentale de la matrice intercellulaire (glycosaminoglycanes)
  • Synthèse du collagène de type III (embryonnaire ou « immature ») puis type I et d’élastine

Les myofibroblastes

  • Proviennent des fibroblastes et contiennent des cellules contractiles
  • Les plaies se rétractent par l’action des myofibroblastes

Bourgeon charnu

  • Tissu de granulation de couleur rouge
  • Attention à l’hyper bourgeonnement (quand le tissu va plus haut que la peau)

Phase d’épidermisation

  • Quand la plaie est comblée
  • Migration des kératinocytes qui sont autour de la cicatrice
  • Les mélanocytes (pigments de la peau) et les cellules de Langerhans (cellules immunologiques) colonisent ensuite l’épiderme

Aspect bactériologique

  • La plaies n’est jamais stérile, il y a toujours des bactéries
  • Elles jouent un rôle de détersion suppurées de la plaie : elles mangent le pu de la nrécose
  • Si infection virulente : blocage de la cicatrisation et possible infection locorégionale ou générale (septicémie)

Types de cicatrisation

Cicatrisation de seconde intention

  • Correspond aux 3 phases : détersion – bourgeonnement – épidermisation
  • Les 2 berges sont à distance : perte de substance
  • Evolution avec pansement simple

Cicatrisation de première intention

  • Traitement chirurgical pour fermer directement la plaie
  • Conditions nécessaires
    • absence d’infection
    • absence de nécrose
    • parage chirurgical parfait
    • Suture bord à bord : 2 berges en contact
  • Risque de rétraction
    • évolution centripète au niveau de la plaie
    • Diminue la taille de la plaie : bénéfique ou délétère ?
    • Bord rosé autour de la plaie : début de migration kératinocytose

Remodelage de la cicatrice

  • Dernière étape: maturation cicatricielle
  • Dure plusieurs mois voire jusqu’à 2 ans
  • Derme se transforme en tissu ressemblant à un derme normal (pas de retour à l’état antérieur)

Type de cicatrice

Cicatrice normal

  • Premiers mois : phase hypertrophique (inflammatoire, rouge, chaleur, démangeaison)
  • Quelques mois après : inflammation diminue, dégonflement
  • 1 an : mature

Cicatrice hypertrophique

  • Hyperplasie persistante au-delà de 12 mois
  • Guérit en 18 mois à 2 an
  • Aspect rouge, gonflée (anomalie)

Cicatrisation chéloïde

  • Cicatrice indéfiniment immature, siège d’une inflammation chronique
  • Facteurs favorisants
    • Localisation : région deltoïdienne, pré-sternale, scapulaire, ppubienne, oreille (surtout lobule)
    • Âge : <30 ans (les vieux ont des cicatrices moins visibles)
    • Ethnie : surtout personnes noires et asiatique

Cicatrisation nerveuse

  • Dégénérescence de l’axone puis repousse de 1 à 8mm par jour
  • Tous les axones ne retrouvent pas le même chemin parfois
  • Complication : formation de névrome
  • Le courant nerveux ne repasse pas après suture

Vaisseaux

  • Section totale : rétraction avec arrêt de l’hémorragie
  • Section partielle : persistance d’une hémorragie
  • La circulation peut repartir après suture
  • Complications
    • Faux anévrisme : la plaie sur l’artère devient un espace inclus à ‘l’artère (pas issu d’une dilatation)
    • Fistule artério-veineuse : le sang de l’artère va directement à la veine sans avoir irrigué les organes
    • Thrombose

Muscles et tendons

  • Cicatrisation : remplacement des fibres lésées par un tissu fibreux non fonctionnel (non contractile)
  • Le tendon est déjà un tissu fibreux. Il peut présenter des problèmes d’adhérence : le tendon ne coulisse plus

Les escarres

Physiopathologie

  • Nécroses ischémiques par compression pouvant atteindre la peau, le tissu cellulaire sous cutané et les muscles
  • Compression entre un plan dur et une saillie osseuse entraînant une nécrose tissulaire si prolongée
  • L’escarre prend le nom de la saillie osseuse : trochantérienne, ischiatique, sacrée, calcanéenne, etc

Les facteurs de risque

Trouble de la sensibilité/motricité avec :

  • Facteurs psychologiques (démission du patient, dépression)
  • Insuffisance de PEC
  • Malnutrition avec atrophie musculaire
  • Infection urinaire/pulmonaire (maladies intercurrentes infectieuses)

L’escarre peut décompenser cet état très précaire
Traitement : traiter les FDR

Les stades de l’escarre

  • 1. Erythème : rougeur
  • 2. Désépidermisation
  • 3. Ulcération
  • 4. Nécrose (sèche ou humide)

Prévention des escarres

Paraplégique

  • PEC par le patient lui-même impérative
  • Eviter points d’appui prolongé
  • Eviter perte de poids et déshydratation
  • Regarder dans le miroir si des escarres se constituent

Patients dépendants

  • Grabataires ou comateux
  • Surveillance des zones d’appui
  • Changement de position toutes les 2h
  • Matelas de prévention anti-escarre statique ou dynamique, lit fluidisé

Traitement médical des escarres

Traiter tous les facteurs déclenchants ou aggravants

  • Dénutrition
  • Infection (locale, urinaire, pulmonaire, septicémie)
  • Soutien psychologique
  • Mobilisation et PEC kiné
  • Traitement d’une éventuelle tare associée qui se décompense (cause et conséquence)

Traitement chirurgical de l’escarre

Cicatrisation de première intention

  • Absence d’infection, enlever nécrose, suture
  • Recouvrement par un lambeau

Escarre calcanéenne

Pas de solution chirurgicale satisfaisante

Escarres sacrées

  • Chirurgie si escarre unique (les autres ont déjà cicatrisées)
  • Si escarre importante et d’évolution très lente malgré un traitement médical bien consuit
  • Patient volontaire
  • Réalisation : peau et muscle fessier pour combler -> incision en V et cicatrisation en Y ou lambeau en rotation

Escarres ischiatiques et trochantériennes

  • Nécessite toujours une intervention chirurgicale (ne cicatrise quasiment jamais)
  • Ces é localisations communiquent avec une bourse séreuse de glissement au contact de l’os qui, une fois ouverte, empêche toute cicatrisation spontanée
  • Réalisation : lambeau de l’IJ (V-Y) ou du grand fessier pour combler le trou

Escarres trochantériennes

  • Ne cicatrise pas seul
  • Lambeau musculo-cutané de fascia-lata

Escarre de fin de vie

  • Chirurgie de propreté avec parfois amputation
  • Objectif : fin de vie décente

Techniques de chirurgie

Cicatrisation centripète (avec expansion)

  • greffe de peau sur une maille
  • Les kératinocytes migrent vers l’intérieur pour refermer la maille

Cicatrisation centrifuge (technique de Meek)

  • cicatrisation à partir de petits carrés de peau prélevés sur le patient
  • Les kératinocytes migrent vers l’extérieur, démultipliant ainsi la surface de greffe

Substitut dermique

Fabriqué en laboratoire

La matrice est colonisée par fibroblaste en 3 semaines

Reconstitue mieux le derme

Greffe

  • peau qui adhère sur la plaie induisant une épidermmisation

Lambeau

  • peau et muscles vascularisés déplacés d’un endroit à un autre

Attention à la dégénérescence : toute plaie qui ne cicatrise pas depuis longtemps peut être atteint de cancérisation. Faire une biopsie.